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mune qu'ils avaient faite était directement contre la juridiç* tion spirituelle et temporelle du chapitre, Luce III déclare qu*^ la casse et prononce anathème contre les principaux auteurs et leurs adhérents qui ne voudront pas y renoncer^ Il ordonne qu'une pénitence soit imposée an peuple, pour le crju^û dont il s'est rendu coupable envers Dieu, en mettant 1 église de Saijit-Martin «n péril de perdre sa dignité et sa liberté. La sédition fut bientôt apaisée, et le saint édifice restauré par ceux-là mêmes qui l'avaient ruiné ^ La voûte qui était au-dessus du tombeau de saint Martin, montrail encore au dernier siècle , que les rebelles n'avaient rien épargné pour réparer leur faute. Ce morceau d'architecture était considéré comme un des plus beaux qui fût en France.
Le sacerdoce et Tempire s'étaient ainsi, en qudque sorte , réunis pour élever et enrichir Téglise àe Saint-Martin. On ne doit donc pas s'étonner si sa réputation n'a eu d'autres borner que l'univers, et si, à cette même époque, Nicolas de Claii^vaux, secrétaire de saint Bernard, disait que ses possessions s'étendaienjl d'une mer à l'autre*
On sait les guerres qui éclatèrent à la fin de ce xu^ siècle entre la France et l'Angleterre. Richard, roi d'Angleterre, s'éLant rendu maître de la Touraine, voulut exiger des chanoines de Saint-Martin le serment de fidélité. Ceux-'Ci le refusèrent et furent chassés de leur église ; car Martinopole eut cet avantage sur la ville de Tours , que la basilique de qui elle relevait ne reconnut jamais d'autres souverains que les rois de France. Le bannissement de ses chanoines , Tincendie de ses bâtiments , la désolation de ses terres sont de glorieux monuments de la fidélité qu'elle garda toujours à ses princes. Au contraire , le reste de la Touraine ayant ses ducs qui la
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possédaient en souveraineté , ce titre échu aux rots d'Angle* terre les en rendit quelque temps maîtres.
Une partie des chanoines, expulsés par Richard *, se rtrtilurent auprès de Philippe- Auguste, toè de France; l'autre k Suèvres, prévôté dés plus nobles de TégUse'de Saiiit- Martin , située sur les bords de la Loire , vis-à-vis Chambord. Ces chanoines, dont le nonàbre, au a* siècle, avait été fixé à deux cents , se trouvaient alors réduits k cent cinquante. Cependant, au milieu de ces malheurs, là châsse dé saint Martitf he ftit point touchée.
Des faits plus consolants pour la gloire de notre saint eurent lieu, vers la même époque, dans une autre viHe, qui elle aussi s'honore de son patronage. Nous avons vu qiie, peu après la mort du saint, les fidèles d -Amiens avaient élevé, au lieu où il avait donné la moitié Aëscfa nÉanteaii, un petit oratoire, habité dans la suite par uùe eômmunàdté de fiQes dévotes. On ignore en quel temps, de quelle façon et pourquoi ces religieuses cessèrent de demeurer en cet endroit. Mais il est certain que des clercs les y remplacèrent. En 4073, Guido •, évêque d'Amiens , confirma lenr établissement, rérigea en communauté régulière, fit reconstruire le choeur de leur église, et leur octroya d'autres faveurs. Du texte de la charte donnée par Guido, il résulte que le' nouvel édifice fiit bien étaWi sur l'emplacement où saint Martin s^était illustré par son amour pour les pauvres. Voici, en effet, ce qu'il dit : c C'est un bienfait que Dieu nous accorde en nous permettant de rebâtir dans une forme phs belle l'église de son confesseur, le seigneur Martin , située en cette partie de notre