Sulp. Sev., V. B. M., n
concile : L'éveque doit avoir son petit logis près de Téglise. Ses meubles doivent être de vil prix , sa table pauvre. Il doit soutenir sa dignité par sa foi et sa bonne vie.
Habitant ainsi au milieu de la ville , notre saint fut bientôt assailli de visites. De toutes parts, le peuple affluait auprès de lui pour entendre et admirer ses enseignements. Or, personne ne Touït parler, sans puiser dans ses paroles une haute idée de la loi divine, personne qui, avec lui, ne se repentît de sa vie passée , ne méprisât les choses temporelles , et n'aspirât bientôt à l'éternelle béatitude. Personne ne le quitta sans se sentir pieux, libre et satisfait.
Du reste , ce n'était pas seulement à Tours qu'on voyait les peuples émerveillés se presser à la porte d'un saint, évêque ou moine. Saint Hilarion , disciple de saint Antoine, était, comme saint Martin, accablé de la multitude qui le cherchait à cause de ses miracles , et l'empêchait de jouir de la solitude. Les juges mêmes et les personnes puissantes accouraient à la demeure de cet anachorète, pour recevoir de lui du pain ou de l'huile qu'il eût bénits. C'est ce qui contraignit Hilarion à changer de séjour.
C'est aussi ce que fit saint Martin *. Ne pouvant supporter les fréquentes visites qui troublaient sa prière , il se construisit un monastère, environ à deux milles de la cité. C'était un endroit si secret et si retiré, qu'il n'avait rien à envier au désert. D'un côté , une montagne à pic l'entourait comme d'un mur de rocher : un coude de la Loire renfermait le reste du vallon. Partout ailleurs les flots venaient battre le pied du rocher. Un seul chemin en procurait l'accès. Encore, était-il fort étroit , il s'ouvrait entre les rochers et le fleuve, dont il longeait les bords. Outre l'isolement de ce lieu» un autre naotif,
d. Sulp. Sev., û. 8. — Paulin, L 2.
61 Ton en croit la tradition , détermina le choi^t de Martin. Saint Gatien, dit-on, y avait jadis rassemblé les premiers chrétiens de la contrée , autour d'un autel taillé dans le roc , vénérable monument qui se voyait encore au dernier siècle. Cette tradition qui n'est contredite par personne, se trouve indirectement confirmée par Thistoire. Car nous savons que notre premier apôtre tenait ses assemblées dans des endroits secrets , des antres et des souterrains. Dans cette nouvelle retraite» Martin ne tarda pas à se voir entouré de disciples. On les vit au nombre de quatre-vingts se former sur l'exemple de leur bienheureux maître. Il avait là une cellule toute en bois. Bon nombre d'enU'e les frères étaient logés de la même façon. La plupart, cependant, s'étaient fait des demeures creusées dans le roc de la montagne qui les dominait. Cette cellule de Martin, dont nous venons de parler, occupait le milieu d'une petite cour. Suivant la tradition, elle lui servait seulement pendant la journée. La nuit, il se retirait aussi dans une grotte creusée dans le roc. Elle s'était conservée jusqu'au dernier siècle. On l'appelait comnaunément le Repos de saint Martin. Dans le monastère de saint Martin , personne ne possédait rien en propre : tout était mis en commun. Acheter ou venchre, comme le pratiquaient alors la plupart des moines , étaient là choses absolument interdites. Le maître , par cette règle , avait voulu garantir ses disciples contre la soif de l'or que le plus léger gain peut allumer. Au monastère de Martin, un seul art était cultivé , celui de l'écriture : encore faisait-il l'occupation des plus jeunes, les autres vaquaient à l'oraison. Tous, ils ne sortaient guère de leur cellule que pour se réunir au lieu de la prière. Ils prenaient ensemble leur nourriture, après
l'heure du jeûne, c'est-à-dire au commencement de la nuit. Nul d'entre eux ne se permettMt l'usage du vin , si ce n'est
m cas âe lualadie. La plupart de <^ moioes portaient des
vêtements de poil de chameau ou, si l'on veut, de gros camelot; un vêtement plus délicat eût été parmi eux un sujet de scandale. Cette manière de vivre était, certes, bien admirable. Mais elle le parait bien davantage quand on sait qu'un grand nombre de ceux qui Pavaient embrassée étaient de nobles personnages mal préparés , par leur éducation, à tant d'humilité et depatience. Leurs grossiers vêtements de moines remplaçaient sur eux les étoffes de soie , leurs jeûnes succédaient à la bonne chère, et ils avaient habité des palais, dormi dans des lits somptueux, possédé de grands biens, exercé de hauts emplois avant de venir se loger dans ces grottes ou ces cabanes. Dans la suite, on en vit plusieurs devenir évêques ; car, quelle ville , quelle église n'eût désiré avoir des prêtres sortis du monastère de Martin?
Notre saint unissait donc dans sa personne et dans celles de ses disciples , la vie monastique à la vie cléricale. Saint Athanase avait aussi donné l'exemple de ce genre de vie. Chassé de son église, en 356, c'est-à-dire quinze ans avant l'ordination de saint Martin, il avait profité de sa retraite forcée pour visiter à loisir les monastères d'Egypte, et connaître ces hommes qui, s'étant séparés du monde, vivaient uniquement pour Dieu. Il fit voir, en conversant avec eux, que Ton pouvait aUier le sacerdoce à cette sainte philosophie , l'action k la tranquillité, et que la vie monastique consiste plutôt dans l'égalité des mœurs que dans la retraite corporelle. En Occident, saint Eusèbe de Verceil avait le premier donné un pareil exemple. 11 vivait lui-même, et faisait vivre ses clercs au milieu de la ville, à peu près comme les moines des déserts, c'est-à-dire dans les jeûnes, la prière fréquente du jour et de la nuit , la lecture et le travail. Leur communauté se nommait aussi monastère, et de cette sainte école, comme de celle de notre Martin , sortirent plusieurs illustres
évéques. Saint Eusèbe profita lui-même, comme saint Martin, de cette vie austère pour supporter plus facilement les perse» cations qu'il eut à souffrir.
Une différence, remarquée par le bio^aphe de notre saint, entre nos moines et ceux d'Orient, était le travail des mains auquel Martin n'avait pas astreint ses disciples. En effet, saint Hilarion s'occupait à labourer la terre et, pour diversifier son travail, faisait des corbeilles de jonc; en cela, il imitait les solitaires d'Egypte, et en tirait comme eux de quoi poui*voir k sa subsistance. Saint Grégoire de Nazianze, arraché à sa chère solitude, regrettait ce travail. « Qui me rendra , dit-il, les travaux successifs de la journée, porter du bois, tailler des pierres, planter des arbres et les arroser? Qui me donnera de revoir ce platane plus précieux que le platane d'or de Xerxès , sous lequel s'asseyait non pas un roi plongé dans les délices , mais un moine exténué de fatigue 7 ]>
Vendre et acheter, choses interdites par saint Martin à ses moines , étaient une conséquence du travail manuel Ainsi, parmi les divers arts et métiers, tels que l'architecture, l'agriculture , le tissage , saint Basile , dans sa règle , exprime une préférence générale pour ceux qui , suivant les localités, dissipaient le moins, et rejetaient le moins dans le siècle , soit pour l'achat des matériaux soit pour la vente des ouvrages. Il donne même k ses moines des règles pour se conduire d'une manière édifiante lorsqu'ils seraient obligés d'aller au loin pour vendre leurs ouvrages sur les marchés publics. Si saint Martin dispensa ses disciples de telles sujé*tions , c'est qu'il les destinait, pour la plupart, k la prédication ou au ministère des autels. A ce titre , ils avaient droit aux oblations que les fidèles faisaient alors pour l'entretien des clercs. La suite le prouvera. L'emploi de copiste, auquel étaient appliqués ceux qu'on pourrait appeler les novices de
son monastère» était alors indispensable pour la multiplication des livres. Les plus illustres personnages de ce temps, tels que saint Jérôme , le saint pape Damase ne le dédaignaient nas. Saint Ililaire de Poitiers s'y était livré dans ses heures de loisir. «Ce travail» dit un poète qui a chanté Martin, jccupe à la fois Vesprit, les yeux et la main : Tesprit qui goûte le sens des paroles , les yeux qui les lisent, la main qui en reproduit Vordre sur le papier. > On écrivait alors avec une sorte de roseau.
Il ne faut point oublier à la louange des moines d'Occident, et surtout des Gaules, que le climat contribuait à rendre leurs austérités plus pénibles. Nos pères étaient en réputation de grand appétit. On disait, au iv*' siècle : Manger beaucoup, chez les Grecs , serait gourmandise ; chez les Gaulois, c'est affaire de tempérament.
Martin ne tarda pas à montrer que son amour pour la solitude ne Tempêcherait pas de se produire , au besoin , même à la cour, et que son humilité monastique saurait affronter l'orgueil des rois. Il venait à peine de nous être donné pour cvêque , lorsqu'il fut obligé de se rendre à la cour de l'empereur * . C'était alors Valentinien P'. Comme le caractère de ce prince forme le nœud du drame que nous avons à remettre en scène, nous croyons à propos de rappeler ses antécédents. Sous Julien l'apostat; à l'époque où des séductions de toute espèce démasquaient une foule de prétendus chrétiens qui , ayant embrassé le christianisme comme ou prend une mode, le quittaient avec la même facilité , deux officiers se distinguèrent parmi les chrétiens sérieux que rien ne put ébranler : c'étaient Jovien, plus tard empereur, et Yalentiuien. Capitaine de la première compagnie des
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gardes, ce dernter accompagnait Julien jusque dans leA temples, attentif toutefois à ne prendre aucune part aux actes de religion. Un jour Tempereur arrivait en grande cérémoDie, et en dansant, au temple de la Fortune; les ministres de la déesse, rangés en haies de côté^ et d'autre, dans le vestibule , firent les aspersions ordinaires sur le prince et son cortège. Une goutte d'eau lustrale tombe sur le manteau de Valentinien. Aussitôt , dans sa vivacité militaire , il donne un coup de poing au ministre qui lui en a jeté, et Ta, disait-il, souillé d'une èau impure ; puis il arrache l'endroit de son manteau que cette eau a touché.
Après le trépas de Julien, et la mort subite de Jovien qui lui avait succédé, les généraux se déclarèrent pour Valentinien, et toute Tannée approuva ce choix. Valentinien fut proclamé empereur le 26 février 364, c'est-à-dire environ huit ans avant l'ordination de saint Martin. C'était un homme doué d'un esprit vif et d'une éloquence naturelle. Déjà , il étendait la main pour haranguer l'armée : soudain s'élève un murmure confus mêlé de cris. C'étaient les soldats qui le pressafent de se désigner un collègue, pour que l'empire ne courût plus risque de rester sans chef, comme cela venait d'arriver deux fois. Alors, d'une voix ferme et menaçante '«Soldats, leur dit-il, il a dépandu de vous de me donner l'empire : maintenant que je l'ai reçu , c'est à moi, et non point à vous à juger ce qui est utile pour le bien pubUc. Je ne refuse pas de choisir un collègue , mais ce choix devant être fait avec maturité , je prendrai le temps d'y réfléchir. > Ces paroles prononcées avec l'accent du commandement, et secondées par une taille majestueuse, cahnèrent tout à coup les murmures. Les soldats, étonnés et fiers d'avoir un empereur si intrépide , le reconduisirent à son pdais, entouré des aigles et des enseignes, a\^ec toutes les marques d'une entière soumission. Valentmien avait
;itMir^ ^^ârante-trois ans. Jusque là, tout avait été noble et grand Jte^ c^le carrière. Mais le christianisme n'avait pas encore é^'ii d'humaniser le pouvoir. La vivacité de Yalentinien dt^vettu empereur se transforma en habitude de colère. Son caractère ferme se changea en cruauté. L^histoire cite de lui ^U^eurs traits qui font horreur. Ainsi , en 367, il avait fait brûler vif, pour des fautes légères, Dioclès, ancien trésorier général de Tlllyrie. Peu après, un certain Diodore, qui avait été agent du prince, ayant procès avec un comte, le fit assigner h comparaître devant le vicaire d'ItaUe. Le comte partit pour la cour et se plaignit de cette prétendue audace. Aussitôt l'empereur , sans autre examen , condamne à mort et Diodore et trois sergents qui s'étaient chargés de la signification. L'arrêt fut exécuté h Milan. Les chrétiens honorèrent leur mémoire, et le lieu où ils furent enterrés s'appela la sépulture des Innocents, A l'époque où notre histoire le rencontre. la rigueur de Yalentinien croissait tous les jours. Ses accès de colère devenaient plus fréquents, et se marquaient dans le son de sa voix, dans l'altération de son visage, dans le désordre de sa démarche. Ceux qui , jusqu'alors , avaient par leurs remontrances travaillé à modérer ses emportements n'osaient plus ouvrir la bouche. La colère impériale ne respectait pas même le sacerdoce. Octavianus , ancien proconsul d'Afrique , encourut la disgiâce du prince. Un prêtre chrétien chez qui il se tenait caché n'ayant pas voulu le découvrir eut la tête tranchée à Sirmium.
Tel était l'homme h qui saint Martin avait affaire. Son historien ne nous fait pas connaître le sujet de sa démarche. Toutefois , le caractère du prince a donné lieu de croire que le saint allait lui demander la vie de quelque condamné. Un auteur assure aussi qu'il s'agissait de quelques biens de l'église de Tours usurpés par l'empereur. Cette assertion n'est pas
invraisemblable. Valentinien était d'une avarice sordide. Suivant une tradition , la cour résidait alors dans la cité même des Turones. Le palais impérial s'élevait sur remplacement où fut ensuite construit le rempart qui subsiste encore aujourd'hui au midi de la ville. Cet édifice remontait , dit-on , au règne de l'empereur Valérien , et avait renfermé un temple de dieux pénates , changé depuis en une église dédiée à la sainte Vierge.
Quoi qu'il en soit, Valentinien sut que Martin venait pour lui adresser telle demande. N'en voulant rien accorder, il défendit à ses gens de le laisser entrer au palais. Le caractère dur et orgueilleux du prince subissait encore dans cette circon* stance l'influence d'une épouse arienne. C'était Justine , veuve du tyran Magnence, femme d'une rare beauté, d'un esprit artificieux et toute livrée au parti de l'hérésie. Valentinien l'avait épousée environ cinq ans auparavant, en répudiant Sévéra, sa première femme , mère de Gratien. C'était elle qui , prévenant l'empereur contre le saint, l'avait détourné de lui rendre les honneurs accoutumés. Martin essaya une première fois , puis une seconde , de pénétrer jusqu'à ce prince superbe. Voyant ses efforts inutiles , il a recours à sa ressource ordinaire. < Il abandonne , dit le poète , le palais tumultueux de ce roi terrestre , pour aller frapper au seuil du Christ éternel et pénétrer dans cette cour qui juge les rois mêmes. » Il s'enveloppe d'un cilice, se couvre de cendre, s'abstient de boire et de manger, ne cesse de prier jour et nuit. Le septième jour, un ange lui apparaît et lui ordonne de se rendre sans crainte au palais impérial. Il l'assure que les portes ne lui en seront plus fermées , qu'elles s'ouvriront au contraire d'elles-mêmes à son approche , et que l'esprit si fier de l'empereur s'adoucira. La présence d'un ange , ses paroles rempUssent le saint de confiance. Si sa prière lui a ouvert le palais du ciel, ne verra-
t-îl pas s'ouvrir aussi bien devant lui une demeure terrestre? Fort d'un tel secours , il se dirige vers le palais. Il en trouve les portes ouvertes; il entre, personne ne l'arrête. Bref, il parvient jusqu'au prince sans que gardes ni valets aient songé à lui faire obstacle. En le voyant venir de loin , le prince frémit de colère contre ceux qui l'ont laissé entrer : puis , quand le saint est debout devant lui , il dédaigne de se lever. Il restait dans cette position insolente. Soudain , le trône impérial est entouré de feux , et Tempereur lui-même est menacé d'éprouver , dans la partie de son corps sur laquelle il est assis , les atteintes de l'incendie. Ainsi repoussé de son trône , cet orgueilleux se lève malgré lui devant Martin. Il embrasse alors avec effusion celui qu'il n'y a qu'un moment il était résolu à mépriser. Quant h cette vertu divine qui s'est fait sentir h lui , corrigé par elle , il la reconnaît lui-même. Il n'attend pas les requêtes de Martin : tout est accordé avant d'avoir été demandé. Il admit souvent depuis notre évêque à ses entretiens et à sa table : le voyant près de partir , il lui offrit de grands présents que le bienheureux pontife , fidèle à sa pauvreté, refusa tous absolument. « Quel besoin, en effet, dit le poète , avait-elle des biens terrestres , cette âme riche de Dieu lui-môme et renfermant en soi les dons du Christ éternel? »
L'entrevue du saint et de l'empereur fut connue dans tous ses détails et devint fcientôt célèbre , racontée qu'elle fut par les frères qui en avaient été témoins.
Nous venons de voir pour la première fois Martin assis à la table impériale. C'était Constantin qui , le premier , avait donné l'exemple de cet honneur rendu aux évoques. A l'époque où finit le concile de Nicée , ce prince, qui commençait la vingtième année de son règne , voulut magnifiquement traiter les pères du concile avant qu'ils se retirassent dans leurs pro*-
vinces. Ils se rendirent tous au palais, et c'était pour eux un spectacle bien nouveau de passer sans crainte au milieu des gardes qui étaient à l'entrée , Vépée nue à la main. Ils entrèrent jusqu'aux appartements les plus secrets et se mirent à table , les uns avec l'empereur , les autres séparément sur des lits préparés des deux côtés. Ils croyaient voir une image du règne de Jésus-Christ et plutôt un songe qu'une réalité. Après le festin le prince leur distribua divers présents h proportion de leur dignité. Les empereurs imitèrent dans la suite ces procédés à l'égard des évêques. Nous en voyons la preuve dans ces paroles de la lettre de saint llilaire à Constance : « Tu reçois les évêques avec le baiser par lequel Jésus- Christ a été trahi. Tu baisses la tfite pour recevoir leur bénédiction , mais c'est pour fouler aux pieds leur foi. Tu les fais manger avec toi , pour les rendre semblables à Judas qui se leva de table pour aller vendre son maître.» Quant à Valentinien la dernière partie du récit précédent montre qu'il n'était pas inaccessible à la correction. Ce qu'il dit depuis à saint Aûibroise atteste la même chose. Ce saint, peu de temps aussi après son ordination , se plaignait à l'empereur de la conduite des magistrats qui avaient agi contre les règles; l'empereur lui répondit : a Je connaissais depuis longtemps votre liberté a parler et cela ne m'a pas empêché de consentir à votre ordination. Ainsi , continuez d'appliquer à nos péchés les remèdes qu'ordonne la loi divine.» On sent à ces paroles que si Valentinien avait toujours eu à ses côtés un saint Ambroisc ou un saint Martin, il aurait dompté la violence de son caractère et serait devenu un prince accompli.