‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 81 sur 155 · Act. SS., 16 sept · texte numérisé non relu

Act. SS., 16 sept

lin illustre confesseur , à qui tous les savants accordent la qualité de disciple de saint Martin , c'est saint Héros, qui devint archevêque d'Arles et combattit courageusement l'hérésie de Pelage *.

On donne encore pour disciples à notre évéque trois autres saints du même nom que lui *.

L'un est Martin, abbé de Saintes, au tombeau duquel se firent dans la suite de fréquents miracles. L'autre est Martin , abbé du bourg nommé alors Briva-Gurretia et aujourd'hui Brive-la-Gaillarde.

Le troisième Martin fut abbé de l'Isle-Barbe. On prétend

Dûénae qu'il fut fait évoque de Lyon quelque temps après. La

^adîtion de l'église de Lyon nous apprend en effet que saint

Martin son quinzième évéque avait été moine à Marmoutier

^t disciple du grand saint Martin , évéque de Tours. On peut

croiï»^ que les premiers moines de llsle-Barbe furent comme

J>eaiicoup d'autres tirés de Marmoutier. L'abbaye de l'Isle-

®^ï*l>e reconnaissait dans la suite , comme celle d'Ainoy , saint

""■^ï^t-in de Tours pour patron. Au moins, comme ce monas-

^^ eut deux abbés sortis de l'école de notre saint, saint

et saint Martin , il est vraisemblable qu'on y obser-

la manière de vivre usitée à Marmoutier.

^Sais le glorieux pontife ne compte pas seulement , parmi

£ls spirituels , des moines , des abbés , des évéques , il

;pte aussi des martyrs.

légende suivante complétera ce que nous avons à dire les disciples de saint Martin '.

^ Gerv., p. 252.

• Grég. Tut. Glar. Conf., c. 57. — Bîst. Pn^ 1. 7, c. 10.— Gerv., ^" ^3A. — D. lhrteane.»Qi8tBls8. delbrm*

^% Biev. & Uart

C'était, dit-elle, au temps où le bienheureux Martin » illustre pontife du Christ , gouvernait Téglise de Tours et éclairait tout Tunivers des rayons de ses vertus. Maura, veuve de noble famille parmi les Goths , déjà enflammée d'amour pour la religion chrétienne , apprit la réputation du saint. Abandonnant sa patrie, ses parents et tous ses biens, elle vint de Thrace avec ses fils en la ville de Tours pour recevoir ses instructions sur les préceptes de la foi chrétienne et être ensuite baptisée par ses mains. Elle avait neuf fils. Lupus, Benignus, Beatus, Spanu^, Marcellianus , Messarius, Genitor , Principinus et Tridorius. Le saint leur imposa un jeûne de sept jours. Lui-même il répandit devant Dieu des prières avec des larmes continuelles : ensuite, après les avoir instruits et fortifiés dans la foi, il les baptisa. Alors une immense lumière apparut au ciel. Les néophytes rendirent grâce à Dieu ,et le prièrent de daigner les confirmer dans son samt nom. A ce moment ils entendirent une voix qui les encourageait à suivre les commandements de saint Martin et leur promettait qu'un jour ils partageraient avec lui la jouissance d'un bonheur san fin.

Peu de temps après, Maura s'en retournait toute joyeuse dans sa patrie avec sa pieuse.famille. Le roi des Goths , honmae impie, fut informé de tout; car ces choses se passaient dans te temps qu'Athanaric , roi des Goths et arien, persécutait le^ catholiques. Par ses ordres , le général goth Auripinus envoya cinquante hommes avec mission de saluer hypocritement la mère et ses fils, de les éloigner de la vue des chrétiens et de les forcer ensuite à renier leur foi ou de les tuer s'ils se refusaient à l'apostasie. Mais, pleine d'un courage viril, la mère exhortait ses fils à montrer l'énergie de leur foi et à mériter la palme du martyre. « Mes enfants , leur disait-elle, en employant les paroles du Seigneur , ne craignez pas ceux qui

tuent le corps et ne peuvent tuer Tàme ; craignez plutôt celui qui peut jeter le corps et Vâme dans la géhenne de feu. »

Les Barbares Tentendant parler ainsi s'efforcent de vaincre l'aîné. Il leur répond qu'il se nomme Lupus, c'est-à-dire Loup , mais qu'il est un agneau prêt à se laisser immoler pour l'amour du Christ. Les soldats le mettent en pièces. Par crainte des chrétiens , ils emmènent les autres dans une forêt écartée, nommée alors Tilletum et aujourd'hui Teilié. Là , Benignus et Beatus montrent la même fermeté que leur frère , et sont égorgés.

Passant plus loin , les persécuteurs se hâtaient pour en finir avec ceux qui restaient. Après bien des recherches, ils ^o lisent un des saints frères, le premier par l'éminence de ses Arertus, c'était Spanus. Fatigué d'une route pénible et ^*Uïïc fuite précipitée, il s'était assis sur la margelle d'un P^it.s. Les meurtriers lui demandent quelle est sa croyance-, ^^ 1« trouvent, comme les précédents, tout prêt à mourir poijB K* la foi chrétienne. Ces impies menacent ce jeune homme ^ Xii mort s'il ne renonce à la secte dont Martin lui a peu *^ï^ bravant enseigné la doctrine. Leurs menaces redoublent la ^^^^^te hardiesse de cet homme de Dieu. Il serait heureux , ^^^iP' dit-il , si pour la foi et la confession de Martin il méritait 7* ^tre dépouillé du poids de sa prison corporelle ; par là il iCHiîrait dans l'éternité d'une gloire plus grande avec le Christ. Enfin, ne pouvant rien gagner par menaces ni promesses, ^\s le tuent cruellement, et après lui les autres: Spanus, ^arcellianus et Messarius sont décapités; Génitor percé d'un ^îoup d'épée; Tridorius et Principinus précipités dans les flots rapides delà Creuse : ces deux derniers, délivrés d'abord par l'aide de Dieu, endurent ensuite courageusement le martyre et ont la tête tranchée.

Privée de ces chers gages, leur mère vécut seule dans une

retraite éloignée de la vue et du commerce des hommes, et mourut elafitt par une glorieuse confession. Elle fut ensevelie dans une ville que les manuscrits nomment Arcîacum. Son corps fut peu après transféré au pays des Goths.

Tous ces événements se passèrent, dit-on, sur le territoire de Tours et du temps de saint Martin. Toutefois, selon certains, auteurs , ce martyre dut avoir lieu durant les ravages des Goths, dans notre pays, au v* siècle.

On conservait jadis, à Souvigni, en Bourbonnais , le corps de saint Principinus. On y célébrait sa fête le 12 novembre, et la translation de ses reliques le 6 janvier. A Tours , on solennisait celle de ?panus , vulgairement saint Epain , le 25 octobre. Son corps apporté dans cette ville, après son martyre, y avait été honoré jusqu'au temps où les hérétiques le brûlèrent.

Il y a encore en Touralnc, une petite ville de Saint- Epain, k une lieue de laquelle est l'endroit nommé Teilld. Là, près d*une croix antique se trouve un puits, sur le bord duquel on croit, dans toute la contrée, que saint Epain fut décapité. Nos ancêtres avaient constamment tenu ce puits fermé d'une grille de fer. L'église de Chablis , qui depuis plusieurs siècles , possédait ce qui restait des reliques de saint Epain , a fait part naguèrcs de son trésor h la paroisse dont nous parlons. Au reste, dans la Bourgogne, dans la Champagne, le nom du saint martyr est en vénération, et des monuments échappés au temps en conservent la mémoire.

Un fait analogue au précédent se lit dans la vie de saint Ambroise. Une reine des Marcomans, nommée Frétigil, ayant entendu parler de lui, se convertit, et envoya des ambassadeurs pour le prier de l'instruire par écrit.

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