‹ Histoire de saint Martin, évêque de ToursChapitre 87 sur 155 · I. » Mais lui, secoua la vipère dans le feu, et ce fut tout · texte numérisé non relu

I. » Mais lui, secoua la vipère dans le feu, et ce fut tout

barbares croyaient qu'il allait tomber aussitôt et mourir.

^^^ant qu'il ne lui arrivait rien de fâcheux, ils changèrent de

^^ï^timent: pour eux alors ce fut un Dieu. Du moins, à leur

^Xemple , ô le plus infortuné des mortels , aurais-tu toi-même

^ù revenir aussi de ton erreur. C'avait été pour toi un scan-

^^e de voir Martin touché par la flamme : en retour, ce même

accident devait te faire connaître les mérites et la vertu d'un

liomme qui, tout entouré de feux, avait échappé à la mort.

Apprends-le, malheureux, apprends ce que tu ne sais pas:

presque tous les saints , s'ils sont devenus illustres, c'est

surtout par les merveilles qui ont éclaté dans leurs dangers.

Je vois bien Pierre, dont la foi fait la puissance, vaincre

l'obstade de la nature , marcher sur la mer, et presser de ses

pas les ondes mobiles. Mais, à mes yeux, il n'est pas moins

grandt ce prédicateur des gentils, que le flot engloutit , et

quit après trois jours et trois nuits, sort du fond de l'abîme,

et est rendu par l'onde au rivage. Je ne sais, en effet, s'il

n'y a pas quelque chose de plus grand à vivre au fond de

l'abîme , qu'à passer sur les abîmes de la mer. Sot que tu eâ,

ta n'avais^ pas lu tout cela» ou si tu l'avais lu» tu ne Tavais

pas compris. Ce n*est pas , sans un dessdn particolier de IMeu , qne le bienheureux évangéliste nous a transmis par les saintes lettres des exemples de ce genre. Ces faits dohrent servir à rîostruction de Tesprît humain: les acddents de naufrages, de serpents et ceux, ^'énumère Tapôte^e, qui se glorifie de la nudité , de la Eahn » des dangers de la part des voleurs, toutes ces adversités sont communes aux saints et à tout le monde. Biais les supporter , en triompher, c'a toujours été le principal mérite des justes. Patients au milieu de toutes les épreuves, et toujours invincibles, ils remportent une victoire dautant plus noble, que leur* souffrance a été plus grave. D'après ce principe, le fait invoqué en preuve de la £aibleosede Martin est, au contraire, pour lui, plein d'honneur et de gloire; car, éprouvé par une si périlleuse aventure, il en est sorti vainqueur. Du reste, que j'aie omis ci^ fait dans le petit livre de sa vie , personne n'en doit être surpris. Dans cet ouvrage même j'ai déclaré n'avoir point embrassé toutes ses actions, attendu que, si j'eusse voulu les rechercher toutes, j'aurais eu un volume démesuré à offrir aux lecteurs. Et d'ailleurs, ce qu'il a fait n'est pas si peu de chose , qu'il soit possible de tout renfermer dans un livre. Quant au fait en question , je ne souffrirai pas qu'il demeure secret. Je ne veux pas laisser croire que j'ai omis à dessein ce qui pouvait nuire à la gloire du bienheureux. »

Ensuite, Sulpice raconte le fait comme nous l'avons fidèlement reproduit plus haut.

Remarquons eu passant une erreur au sujet de saint Paul. L'apôtre n'est point resté trois jours au fond de la mer. Il dit seulement, dans sa deuxième, aux Corinthiens : « J'ai fait naufrage trois fois. »

Le couinicncement de ce morceau prouve, avec évidence, que la vie de saint Martin , écrite par Sulpice Sévère , fut

publiée du vivant même de notre évéque. En effet, elle Tétait à une époque ou,, parlant du danger couru par le saint dans un ineeudie, oa disait que ce fait avait eu lieu derni^reinent. Nous rencontrerons plus loin d'autres preuves de cette assertion> admise, du reste, comme indubitable par presque ton^ les critiques des derniers siècles.

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