‹ Histoire de Sainte-Barbe (volume 2)Chapitre 37 sur 108 · Archives de Pfimpire, S · texte numérisé non relu

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positions. La grande porte d'entrée, qui avait été tournée jusque-là devant Sainte-Barbe, fut établie par sa volonté sur la rue des Sept- Voies*. La reconstruction qui favorisa ce déplacement eut lieu en i 745. En î 762, M. Copette fit refaire le Sorps de logis sur la rue de Reims '. Les travaux s'achevaient au moment de la réunion du collège à Louis-le-Grand.

La propriété de Reims, conservée aux Boursiers de l'Égalité, fut aliénée vers 1805, pour être convertie en rentes , de même que le reste de la dotation du Prytanée. Elle fut alors divisée en deux portions, au moyen d'un mur que l'on conduisit à peu près par le milieu de la cour. Dans la partie orientale était établi le petit pensionnat que nous avons mentionné ci-dessus ; il était tenu alors par M. Gravier, successeur d'un ancien maître-ès-arts du même nom. M. de Lanneau prit en même temps le bâtiment et les élèves. 11 fit disposer le local pour qu'il pût recevoir , à la rentrée de 1 809, les basses classes de son établissement jusqu'à la septième.

Le lieutenant à qui revint en partie la tâche d'implanter la loi de Sainte* Barbe sur cette terre nouvelle fut M. Massin, alors préfet des études. C'était un homme d'un âge déjà mûr, ayant dans l'enseignement de longs services, qui furent récompensés à la création de l'Université impériale par le grade de docteur en la Faculté des lettres. Il avait quitté la France depuis 1 789, pour suivre à Vienne un jeune seigneur polonais, dont il faisait l'éducation. Il s'attacha à la

i . C'est celle qui 4onne entrée au n^ 1 8 de cette rue. 2. Mémoire manuscrit sur le collège, daté du 12 mars 1763, et Deris de construction, auK Ardiives de TEmpire, S. 6560.

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personne du duc d'Enghieiiy après la dispersion ' tde rarmée de Condé. La mort du prince le fit rentrer, ea France, si complètement dénué de ressources, qu'il se trouva heureux d'être agréé comnae maître d'étude! à Sainte*Barbe. Une circpnlltance fortuite révéla sai valeur à M. de Lanneau.

En ce temps-là, le directeur de Sainté-Barbe préâ-j dait lui-même au repas des élèves. Les maîtres étaient placés au bout des tables, et n'avaient pas à s'occuper de la surveillance générale. Un jour, pendant le diner,M«de Lanneau est appelé dehors pour une affaire pressante. Son absence se prolonge, et les convives commenceBt à s'émanciper. Les maîtres recommandent en vain lec silence. Alors M. Massin se lève de table, et se plaçant au milieu du réfectoire, il parle sur un ton 'dont l'au^^torilé impose sur-le-champ aux élèves. M. de Làfaneau, charmé d'avoir trouvé un homme qui avait dei l'initiative et qui savait tenir la jeunesse, saisit la première occasion de faire monter en grade son maître: d'étude. 11 lui délégua une partie de ses pouvoirs pour^ la direction du travail et le maintien de la discipline.

Ceux qui furent écoliers en ce temps-là se sou-* viennent de M. Massin comme d'un maître qui les faisait obéir et travailler. Sa manière n'était pas celle de M. de Lanneau. Il était doux et caressant,, méticuleux dans toutes les parties de son service, s'arrétant volontiers aux menus détails, aimant à i«*=^' glementer, à multiplier les écritures et les proclama-;> tions. Il n'avait pas encore fait le sacrifice de diverses) pratiques surannées que d'autres instituteurs cherchaient alors, et cherchent encore aujourd'hui, à maiîitenir dans l'éducation. Par exemple, il aurait été hew*;

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KBUx de voir rétablir à Sainte-Barbe les exercices d'apparat, pastorales récitées avec des costumes, représentations théâtrales en français, en latin, en grec : taiites choses que. le Directeur n'approuvait pas, qu'il taxait au contraire de démonstrations trompeuses', a où quelques élèves, préparés de loin aux dépens d'un plius grand nombre, viennent à l'aide de compères façonner la réputation d^me maison*. » Mais les différences d'opinions, de caractère, de conduite étaient efiacées par la confiance sans bornes que le lieutenant avait en son chef. M. Massin, à Sainte-Barbe, n eut pas d'autre, ambition que de satisfaire M. de Lanneau, persuadé qu'en suivant aveuglément l'impulsion d'un tel homme, il se perfectionnerait dans l'art de diriger la jeunesse.

-fU prit son congé aux vacances de 1810, pour.aller fonder une institution à lui dans l'ancien couvent des Minimes, près la plaee Royale. Le premier noyau de cet établissement fut une dizaine d'élèves, laissés par un maitre de pension de ses amis, qui venait de .mourir. Personne n'ignore l'illustration del'institulion Massin, continuée d'abord par M. Paul Barbet-Massini, gendre du fondateur, et aujourd'hui par M. Le- SB^ç. Il n'est pas de maison qui ait plus contribué à 1^ gloire du lycée Charlemagne. .

^ Jusqu'aux derniers moments de sa longue existence*, M. Massin n'a pas cessé de citer M. de Lanneau comme le modèle accompli de T instituteur, et notre collège comme la source des tra-

'i. Lettre à M. de Fontanes, du 23 mars 18i2. '■^. M. 'Massin mourut subitement le 17 août 4849, à l'âge de qdàtvé-vingt-qùàtre ans.

ditions auxquelles il était redevable des succès de son propre établissement. Il disait aussi que M. de Lanneau lui avait porté bonheur par les vœux pleins^ de cordialité qu'il exprima, en présidant la première distribution de prix solennelle qui eut lieu dans la maison Massin^en 1818. Le Directeur actuel de Sainte- Barbe, à son avènement, trouva cet homme honorable, sous la férule duquel il avait passé jadis, jouissant de la considération générale, et porté par son mérite autant que par son âge à la tète des chefs d'institution de la capitale. Tous deux, en 1848, unirent leurs démarches, à divers reprises, afin de conjurer de mauvaises mesures dont furent menacées tantôt les études, tantôt des personnes .recommandables (du corps enseignant.

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