La Minerve de d819, t. IV, p
DE SAINTE-BARBE. iS\
n'avait pas eu le congé habituel de trois jours pour le tiou\el an. Toutes les colères se tournèrent alors contre un surveillant qui passait pour affilié aux Jésuites. On complota de le jeter par la fenêtre. Heureusement on n'alla pas si loin, mais il y eut de tels désordres le 15 et le 17 janvier, que la Commission de l'Instruction publique fit fermer le collège. L'arrêté fut placardé sur la grande porte de la rue Saint-Jacques. Les passants purent le lire; bientôt la nouvelle fUt portée par toute la ville ^
L'interdit fut levé au bout de deux jours, après qu'on eut fait un grand nombre de victimes. Vu la gravité des circonstances, l'Université enjoignit à tous les maîtres de pension et chefs d'institution de conduire eux-mêmes leurs élèves au collège, et de présider, sous Jeur responsabilité, à l'entrée ainsi qu'à la sortie des classes.
Si cette précaution empêcha les externes de participer à la révolte, elle n'étouffa pas le feu mal éteint qui couvait à l'intérieur. Un nouvel éclat ne put être réprimé que par la retraite du proviseur *. C'était M. Taillefer, qui fut élevé à la dignité d'inspecteur d'Académie.
La paix rétablie à Louis-le-Grand, les élèves de l'École de droit la troublèrent à leur tour. Nous n'avons pas à parler de cette nouvelle agitation, qui eut des causes plus sérieuses, et qui jeta l'émeute dans la rue ; mais nous ne pouvons passer sous silence que Sainte- Barbe, toujours sensible aux impressions du dehors,