OBIIT NONA APRILIS
Les amis qui lui rendirent ce dernier hommage ont eu tort de lui appliquer Tépilhèle de glouton de livres, helluo librorurrij dont il s'était défendu en son vivant. c< Je ne veux point, dit-il dans Tépilogue de Tun de ses ouvrages, je ne veux point passer pour un de ces gloutons de livres^ qui mettent leur gloire à tout lire, ou, si Ton aime mieux, à tout tordre et avaler, de manière à ne se remplir guère que de hors-d'œuvre pour les sujets qu'ils se proposent de traiter*. »
Arrivons maintenant à nos régents, parmi lesquels nous nommerons en premier lieu Jean Desmerlières.
Un livre imprimé en 1 562 pour les physiciens barbistes nous apprend à la fois que ce professeur commençait alors la troisième année d'un cours de philosophie, et que Tétude des mathématiques était restaurée depuis quelque temps dans le collège. Les régents de
\ . Doujat, Prœnotationum canonicarum lihri quinque^ p. 62J . 2. Epilogue du traiic £xegesis concilii^ etc., cité ci-dessus.
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philosophie étaient dhargés de cet enseignement ; ils écbelonnaieiït rinterprëtation d'Enclide sar les trois années de leur cours. C'était raccomplissement de Tun des vœux les plus ardents de Ramus^^ qu'il ne faut pas s'étonner de Toir accueilli à Sainte-Barbe, puisque ce grand homme était lié d'amitié avec Jean Quintin et la famille Dugast*.
Jean Desmerlières donc, après avoir initié ses élèves à la géométrie, en vue surtout de leur ouvrir l'intelligence des physica d'Aristote, écrivit pour eux le livre dont il est question ici. C'est un traité des applications trigonométriques du gnomon carré qui se trouvait gravé au dos de Taslrolabe. Il est intitulé : « Des mesures des lignes droites au moyen du carré géométrique'. >) L'ouvrage est très-mince et la doctrine qu'il enseigne n'est pas nouvelle. L'auteur néanmoins fut si content de Tavoir fait, qu'il ne craignit pas de lui donner pour épilogue ce distique plein de superbe :
Noscitur ungue leo, noscuntur corpora parvis Ossibus : authorem sic docet iste liber«
Il est rare qu'on ne (iatsse pas son diemin, lorsqu'on a de soi une si bonne opinion. Desmerlières devint professeur de mathématiques an Collège royal, et serait peut-être allé plus loin, s'il n'eût pas succombé à Té-
1 . AdvertîsseiiieiitB stir la réformation de l'Université de Paris, auEoj, 1^6^