Archives de l'Empire, S
^. Aarélawc& ^e fCfnivoraîté, ^g.^, séaiiee'8ti'd6 mvrs 1559, V. st., fol. 232.
John Dempster, son compatriote. Ce Dempster ou Doomster, que notre Université ne connut guère que sous son nom grécisé de Thémistor, fut trois fois recteur. Il mourut bibliothécaire du sénat de Venise, qui l'avait appelé, à cause de son immense érudition, pour classer les livres légués à la république par le cardinal Bessarion*. Pendant qu'il régentait à Paris, il introduisit à Montaigu une théorie des idées où il avait cherché à concilier les deux systèmes de Platon et d'Aristote*. C'est sans doute sur la même donnée qu'étaient conçus les cours de Davidson, imprimés du temps de ce professeur. Nous avons le regret de n'en avoir pu retrouver aucun exemplaire.
Davidson fut procureur de la nation d'Allemagne en 1 554 ; ensuite il régenta au collège de Reims% et enfin à Sainte-Barbe. Là il eut maille à partir avec Robert Certain, et fut sur le point d'abandonner sa chaire. Comme l'Université se montrait disposée à le laisser faire, Certain porta plainte au parlement, qui enjoignit à Davidson, d'abord d'achever le cours qu'il avait commencé, et ensuite de baisser le ton devant son principal; mais la cour enjoignit aussi au principal de traiter humainement Davidson , ce qui semble indiquer que tous les torts n'étaient pas du côté de celui-ci*.
i. Th. Dempster, Historia ecclesiastica Scotorum,
2. Joannis Themistoris Scoti ad discipulos suos in nobill acade^ mia Montana arti dissercndi opérant navantes dialogus de argumentatione. In-4, Paris, 1554.
3. Duboulay, Historia Univ, Paris, ^ t. VI, p. 938; Archives de rUniversité, Reg. 23, fol. 220.
4. Arrêt du 24 sept. 1568, dans Duboulay, Historia Uni{>ers. Porix,, t. VI, p. 672.
Il finit par trouver que, pour le temps où il vivait, renseignement du droit ecclésiastique était plus avantageux que celui de la philosophie. Il se tourna de ce côté, devint doyen de la Faculté de décret, et en
cette qualité agit vigoureusement contre les jésuites, en 1594\
Un autre philosophe écossais, moins connu comme philosophe que comme démagogue (car il Fut le conseiller des Seize et prit part aux plus vilaines besognes de la Ligue), Jean Hamilton, fit aussi un cours à Sainte-Barbe. C'est Duboulay qui Taffirme, mais sans dire où il a puisé ce renseignement*, et nous n'avons pas eu le moyen d'en retrouver la source.
Repoussé de son pays à cause de ses opinions religieuses, Hamilton se fit donner la cure de Saint-Côme, qui était un bénéfice à la collation du corps enseignant. Pour entrer en jouissance, il eut à soutenir un procès, qu'il gagna. II reçut à ce sujet une véritable ovation de l'Université. La plupart des collèges chantèrent sa victoire en grec et en latin, et des vers qui lui furent adressés, l'on composa un volume^ Il est à noter que Sainte-Bai*be n'a rien fourni pour cette guirlande, soit qu'Hamilton n*ait pas laissé de bons souvenirs dans le collège, soit que Pierre Dinet, qui était déjà principal, n'ait pas voulu que les muses de sa maison s'employassent pour un si enragé ligueur.
i, Duboulay, Historia Univ, Paris, ^ t. VI, 938.
2. Index rerum et verborum^ v* Johannes Hamilton^ à la fin du tome VI de l'Histoire de TUniversilé de Paris.
3. Ad ampUssimum Senatumpro retento Academix jure in causa Hamiltonii^ cwn de nominando curione DD. Cosmx et Damiani ageretur^ gratiarum actiones. In- 12, Denis Dupré, 1586.
Ce fanatique ne varia jamais d'un point dans ses convictions. Le jour de li entrée de- Hend IV à Paris,. il chercha encore à exciter une émeute dans.le quartier latin. Le clément Béarnais se contenta de lui Caire dire qu'il s'éloignât sur-le-chaaip' de la capitale.
Guillaume Davon^ docteur en Sorbonne, commença ses épreuves pour parvenir à ce grade par un cours de philosophie qu'il professa souse Antoine de Tremblay. On l'a loué comme le modèle du professeun exact et laborieux.. Il vint d'Avranehes à Paris aussi pairvoe qu'était venu autrefois Guillaume PosteL L'assistance de Grejon, qui régentait alorsi à Lisieux (nous revieo^drons sur le compte de Grejon), lui permit d'achever ses études littéraires. Il fît ensuite le& basses classes à Calvi, et c'est en sortant de là qu'il fut admis à Saînte?- Barbe*.
En racontant les démêlés d'Antoine de Tremblay et de Biaise Martin, nous n'avons pas dit tout ce qui concerne ce professeur. U était du diocèse de Langres, fut deux fois recteur à quinze mois d'intervalle (ce qui ne s'était pas vu depuis cinquante ans)^ et montra dans toutes les circonstances un art incroyable à relever la dignité si amoindrie du chef de l'Université. Malgré son extrême jeunesse: lorsqu'il fut. reçu dans
i. Thyriol, Guillelmi Davonii Ahrincensis^ Sorhonici^ eloginm^ dans le Recueil intitulé : Michaelis Thyrioti^ Parisini^ quinque et triginta orationes Lutetix intraquatridimm habita y quorum quatuor prUnariis ea^ qu».sunt ab auotoribus profanis HercuU quondam assi^ gnata, Christi personm^.salvo tamen. divinitatis honore^ aptàri po&e demomtratur; reliquis smgfiù^unt: theolo^m laure» candidatorum mérita: strictim* ejBpçnuntui: ;, wigo paranympiuim iHHXUO.» IsiA^ Paris, 158a.
notre eoUëge, il y obtint un tel succès que deux promotion» consécutives de barbistes^ qu*il ccaiduisit jusqu'au terme de leai»> études, âirent les plus nom* breuses qui soient sortie» de rUniversislé en ce tempsla. Il passa de Sainle-Barbe aux. G^assins^ collège qui venait dfétre fondé récemment dans la rue de» Amandiers. C'est là qu'il obtint ses magistratures^ les pre- Qiières qui soient ei^ées dans cette maison. U fut depuis un ligueur de kt force* d'Hamilton^ et usa son talent à déblatérer contre le roi. Les curé» du parti, trouvant sa verve admirable, voulurent qu'elle profitât atja peuple; ils lui livrèrent la chaire de leurs paroissesy quoiqu'il n'eut point qualité pour cela. Biaise Martâo* se ravisa, en 1594, quand il vit les Espagnols chassés de Paris. Il signa l'acte de soumission de rUniversUîé *.
Au mois de décembre 1 572, lorsque Jean Delatournouère fiit expulsé de Sainte-Barbe par décret de l'Université, la contimiatton de soa cours fut confiée à JacquesJUarie d'ÀjnboiseV Ce professeur, qui n'avait pas d'autre nom^ parmi les; lettrés que celui de maitre Marius, comptait déjà de longues années de service dans l'enseignement. Il était d'Arles. Instruit à Paris
1. Bnhonhjy EistoriaÛnip,Paris.^UYÎ,p, 775, 776; Registre des recteurs, ms. suppl. n. 4342, fol. 203, à la Bibliothèque impériale; Jd dominum Jo. Buchxruniy rectùrio magistratu se abdicantem, etBlasium Martinum^ eidem m rectaratusuccedèntem^ congratalatio habita Luietix^. anno Domini 1581,, dis martu 23, per Carolum Gilmmum scholoi B/temensis in Jcad. Pamsiensi primarium in-8, Paris, 1581 ; Edmond Kicher, Historia Jcad. Paris, , t. m, c. 13; Journal de Lestoile, p. 235.
2. AoBhivas de rUmv«îsité,,Beg. 24„afisfiiiibléftdu mois de décembre 1575.
dans les beaux temps de l'Université, il voyagea d'abord en Espagne, en Italie et en Sicile. C'était un excellent helléniste, qui cqnnaissait à fond, pour les avoir puisées dans les textes originaux, toutes les doctrines de la philosophie grecque. Il se fit entendre sur cette matière en Italie, avec les plus grands applaudissements. La France honora en lui un professeur consommé et un religieux observateur du devoir. Nommé lecteur royal, il s'acquitta des soins de sa chaire sans toucher un sou d'appointement pendant les six ans que dura le gouvernement de la Ligue.
L'abbé Goujet, dans son histoire du Collège de France, a été trompé par un faux renseignement lorsqu'il avance que Fleuri III relira d'Amboise du collège d'Harcourt en 1576, pour le faire monter dans la chaire royale de philosophie grecque *• Nous avons un certificat d'études, signé par d'Amboise lui-même, qui prouve qu'il resta avec Antoine de Tremblay jusqu'au 1 **■ octobre 1 578 * ; de sorte qu'il était encore attaché à notre collège lorsqu'il reçut sa nomination du roi, et que pendant deux ans il fut professeur à la fois au Collège de France et à Sainte-Barbe. Les lois académiques le forcèrent à cela, parce qu'après avoir fini le cours de Delatournouère, il en avait recommencé un autre^ que son élévation à un poste plus élevé ne le dispensait pas de terminer.
^.De même que nous venons de corriger l'historien du Collège de France , nous corrigerons encore l'historien de l'Université, qui^ lui aussi, a accolé le titre
4 . Goujet, Mémoires sur le Collège royal, part. I, p. 77. 2. Archives de l'Université, carton 1.
de logicus Harcurianus au nom de Marie d'Âmboise, élu recteur pour la première fois le 6 décembre 1 576*. Le certificat allégué ci-dessus veut qu'on fasse honneur à Sainte-Barbe, et Inon pas au collège d'Harcourt, du rectorat de 1576. Un trait digne de mémoire se rapporte à celte magistrature. Le recteur, appelé au parlement pour une affaire qui concernait l'Université, donna en latin et sans préparation les éclaircissements qu'on désirait de lui. Sa langue le servit si à propos qu'après qu'il eut parlé, la Cour, malgré la majesté du lieu, ne put pas retenir les marques de son approbation. C'est Marie d'Amboise lui-même qui raconte cette anecdote dans sa harangue inaugurale au Collège de France. On lit à la fin du même discours deux jolis vers, dont Tidée a été fournie par les travaux philosophiques du professeur arlésien, rapprochés du prénom d'Alexandre que portait notre roi Henri IIL Ce distique est du savant Frédéric Morel, l'imprimeur du roi :
Par es Aristoteli ; spatiatus namque Lyceo, Mox in Âlexandri regia tecta venis*.
Tous les maîtres dont on vient de parler durent leur réputation à l'enseignement de la philosophie. Voici maintenant les noms de ceux qui brillèrent dans les chaires de grammaire et d'humanités.
Jean Nestor a été mis pour l'enseignement de la rhé-
\, Duboulay, Historia Unh. Paris, ^ t. VI, p. 980.
2. Jacohi Marii Ambosii^ philosophiœ doc ton s ejusdemque m grxcis regii professons , de publico docendi munere sihi a rege delato oratio. In-i, Paris, Frédéric Morel, 1577.
Il 7
torique sur la même ligne que Strébée, Turnèbe et Dnchesne. Il fut recteur dans- Tété de 1 559, étant à Sainte-Barbe. C'est lui qui conduisit TLIni^ersité aux funérailles de Henri II ^
Jean Grejon, excellent et modeste professeur, qui est nommé avec éloge dans* presque tous les discours académiques du temps de Charles IX, fît la classe de grec en 1563-1564. Nous savons qu'il expliqua dans le cours de cette année les plus beaux morceaux de Xénophon, de Thucydide et de Démosthène.
Etienne Richard, du diocèse de Ne vers, fut appelé à Sainte-Barbe en même temps que Grejon. Robert
. Certain les avait choisis tous les deux pour ranimer dans sa maison l'ardeur éteinte par l'effet des troubles civils. Richard eut la direction des primani ou rhétoriciens. Ses premières paroles, lorsqu'il prit possession de sa chaire, furent pour déplorer l'état de l'Université et du collège. Il disserta ensuite sur la méthode qu'il
. convenait d'appliquer à renseignement. Il s'annonça comme un cicéronien de la plus pure espèce, et promit à ses élèves, pour commencer, de leur faire voir en une semaine tout le Songe de Scipion. Son discours respire le dévouement à la jeunesse et la passion du professorat. Il fit imprimer ce morceau avec une dédicace à ses bien-aimés/^nVwam*.
Il a fait imprimer aussi un thème oratoire, développé par deux- élèves de sa classe pour un exercice public
\ . Etienne Richard, dans l'ouvrage indiqué ci-après ; Duboulay, Historia Univ. Paris,, t. VI, p. S25 et 979.
2. Sifipiuxni Riehardi^ Nivèrnensis, Deoptima docendi discendique ratiffneoratio habita Lutetix in gymnetsio BarbiU^anOj T calênd, octob, In-4, Paris, Gabriel Bouin, J563.
DE SAINTE-BARBF. 99
qui eut lieu à ]a fête des Rois 1 564. Les concurrents étaient de Rennes; ils s'appelaient Pierre Dougë et Pierre Caradeuc \ Singulière coïncidence! C'est de la famille Caradeucde Rennes que sortit Tillustre La Chsh lotais, et la mémoire de La Clialotais, déchirée dans notre siècle par Tesprit de partie a eu pour défenseur le barbiste Bernard de Rennes.
Nicolas Lecomte, du diocèse de Meaux, enseigna la grammaire, puis la rhétorique à Sainte-Barbe, de. 1 561 à 1564. En 1568 il (lit procureur de la nation de France, après avoir passé des lettres à la philosophie, qu'il professait alors à Navarre» 11 causa peu après un schisme dans la nation de France, en essayant d'emporter le décanat de la tribu de Paris par une élection qu'àntoine de Tremblay, alors censeur de la même nation, trouva trop précipitée. On ajourna l'efTet du vote jusqu'à vérification des titres, et la prétention de Lecomte fut écartée*.
Jean Guthe est le professeur de troisième qui fut soutenu par Antoine de Tremblay, en 1571, dans la revendication de quatre élèves que son collègue de seconde lui avait enlevés \ Sainte-Barbe eut la joie de le voir revenir décoré de la mante rectorale, après
l'une des élections de la rue Saint-Julien-le-Pauvre.
\ . Stephani Richardi, Nwernensis^ de certo studiorum humanio*» mm fine orationes dux habitx Lutetimy in gymnasio Barbarano^ a Petro Caraxieu et Petro Dougë, Rhedonensibus, 5 idus janu. 1563. Id-4, Paris, Thomas Richard, 1564.
2. Ms. de la bibliothèque Mazarine, H. 2682 A, fol. 92; Duboulay, Hîstoria Unw, Paris, ^ t. VI, p. 71Bj Archives de PUniversité, Reg. 24, séance du 13 juin 1571; Launoy, Regii Navarrx gymnasii historia, p. 342.