‹ Histoire de Sainte-BarbeChapitre 39 sur 117 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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3. Guidonis de Fontenayo Biturici Magna synonyma^ noviter per ewn repurgata^ qux neque sunt rudiorihus solum tyrunculis^ verum

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consistent en un tableau synoptique des acceptions propres à divers termes, en remarques sur la ponctuation et sur Faccent, enfin dans la réimpression de YOlla patella. On appelait ainsi un petit poème du treizième siècle, récemment retrouvé à la bibliothèque de Saint-Victor, et qui présentait, sous forme d'hexamètres, la réunion des mots servant à désigner les objets les plus usuels*. C'est ce qui a donné à Ravisius Textor l'idée de son Officina. Le nom à' OUa patella n'est pas autre chose que le commencement du pre-

mier vers, amsi conçu :

Olla, patella, tripes, cochlear, lanx, fuscina, crates.

Il fallait de ces artifices pour enseigner le vocabulaire des langues lorsque les dictionnaires n'existaient point encore, ou du moins ne* se trouvaient entre les mains ni des étudiants ni dés professeurs; çt pour provoquer la composition des dictionnaires, il fallait des hommes passionnés pour la nomenclature, comme Gui de Fontenay. Passionné n'est pas assez dire : cela avait tourné chez lui à la monomanie; il en mettait partout. A la suite d'un poème composé par lui pour le mariage d'une princesse du sang, ne s'avisat-il pas de dresser un inventaire des mots ou périphrases qui peuvent servir d'expression à la louange dans les panégyriques " !

etiam politiàri cultiorique provectis eruditione necessaria, eteaqui-' dem largiori quant antea dictionum apparatu fartim exhuherant^ etc. In-(i°. Paris, chez Pierre Gaudoul , avec une préface de Lancelot Valois , datée du 1" avril 1516 (v. st.j.

1 . Voir la première édition donnée par Jean Ghappuis, à la suite des Synonyma Britonis, Paris, 1508. • • 2. « Sequuntur aliquae' substantivorum diversitates admodum

Les Grands sjnonfmes "ç^rvxTeuX. le prejnier mai, jour de fête pour les collèges. On plantait dans chacun le beau mai^ un jeune chêne déjà garni de ses feuilles^autourduquel les enfants dansaient et consommaient en friandises le produit d'une collecte qu'ils avaient faite entre eux . La coïncidence suggéra à Gui de Fontenay l'idée de représenter son livre comme un beau mai d'une autre sorte, que les Muses plantaient par ses mains dans le jardin académique^ Cette fiction, saisie au vol par DuTillet, Salignon et autres poètes formés à la même école', donna lieu à une infinité de tirades où Ton s'extasiait tant sur la beauté du produit que sur la vertu fécondante du Fons Na/us^ dont les eaux l'avaient arrosé.

Il faut ajouter c^e^Fons Najus était une façon de latiniser le nom de Fontenay à laquelle tenaient beaucoup les lettrés de la famille', parce qu'ils entendaient par là consacrer la tradition d'une fée des eaux ou naïade, protectrice de leurs ancêtres. Ce bon génie passait pour habiter une source qui s'échappait à travers

necessariae, quibus aliquera laudibus efferre poterimus. » A la fin de V Epithalamium super connubio Margaritœ

i . a Qualiter iste libellus a Dovem Musis pro viridiquercu fixus est in Universitate parisiens!, kalendis Maii. » A la fin du volume.

â. Indépendamment de ceux qui ont été nommés plus haut, et qui avaient alors achevé leurs classes , on voit figurer les noms de Guillaume Carré, Nicolas Purpureus^ Jean de Longueval , François Bounaud de Saint-Jean d'Angely. et Roland Dalibert Briansis,

3. Cette forme se rencontre déjà dans Tépitaphe de Pierre de Fontenay, évéque de Nevers : c Qui Fonte a Nayo nobile nomen habet. » Gai lia christiana, t. XII, coït 655. Le vrai nom latin de Fontenay eût été Fontanetum,

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le pourpri^ du château de Fbntenay^ Comme Gui n'était pas sans a^oir raconté cela plus d'une fois aux enfants qu'il instruisait , ceux-ci étaient sûrs de ne pas lui déplaire eta parlant de sa fécondité dans des termes qui semblaient lui attribuer une causV surnaturelle.

L'intarissable fontaine coula encore Tannée suivante, sous la forme d'un nouveau manuel ; c'est lé Magnum collectorium historicum , compilation deT faits et dits mémorables , à la manière de Valère Maxime'. On ne cherchait pas encore dans T.étude du passé le tableau des révolutions ^i le secret de la destinée des peuples. On ne demandait à l'histoire que des anecdotes, pour avoir des citations à mettre dans ce qu'on écrivait. Gui de Foutenay semble avoir tiré sa matière des recueils» du même genre qui circulaient depuis longtemps ei^ Italie. Presque tout ce qu'il rapporte concerne l'antiquité. Les faits sont groupés sous quinze chefs différents, formant autant de livres, dont chacun est dédié à une personne de distinction. On peut s'instruire par là des alliances et accointances de l'auteur. Il s'adresse successivement à son neveu, Claude de Bussy-Rabutin , à son cousin germain, Merlin de Saint-Gelais , à ses frères, Pierre et Henri de Fontenay, celui-ci archidiacre de

1 . Mémoire généalogique sur les Fontenay de La Tour de Vesvre, à la Bibliothèque impériale.

2. Guidonis de Fontenayo Galli^Biturici Turrhevrxi Magnum collectorium historicum ex multipharia diversorum authorum edi" tione conformatum et in modum fasciculi^ prout suus quisgue titulus requirity ubertim recongestum^ novis etiam et utilibus fragmentis illustratum abundaiîtissime. In-4<^. Paris, Jean Gormont, sans date.

no HISTOIRE

Nevers, celui-là aumônier du roi, sans oublier l'aufre Pierre qui avait été principal de Sainte-Barbe. Mais pour ceux qui voudront se reconnaître dans son innombrable famille, il y a un répertoire plus complet, un méiftire généalogique qu'il dressa lui-même d'après les archives de la Tour de Vesvre, et dont le manuscrit autographe est conservé à la Bibliothèque impériale\

* Le Masnum collectorium en sa totalité est offert à la fois au chapitre de Nevers, où Fauteur venait d être reçu,. et au recteur Nicolas Menuel, alors en fonction, et qui honorait Te collège par son attitude ferme et digne au milieu des circonstances que Ton connaît.

Gui de Fontenay composa encore un grand nombre de poèmes, qu'il n'eut garde de conserver neuf ans en portefeuille, selon le précepte d'Horace. A peine sortis de sa plume, il les livrait, à Timprimem'. Il nous reste en ce genre une satire contre les prélats ennemis des lettres*, qn éloge des sept vertus cardinales', un épithalame pour le mariage de Marguerite de Valois avec le duc d'Alençon *, une pièce sur les obsèques que

. \, Cabinet des titres, dossier Fontenay. Ce travail est dalc du. 1" mai 4559.

2. Guido de Fontenayo Bituricensis^ De multifario viç^ndi ritu hominum presentis seculi prelatis litterarum osoribus et ineptis se munificentiores exhihentibus ^ cum terminorum expositiuncula, In-4**. Paris, Robert Gourmont, sans date.

3. Guido de Fontenayo, De septem virtutibus y tribus videlicet theohgicis, quatuor autem rnoralibus, quibus omnem bene beatique Vivendi disciplinant , quo et denique more ad virtutem juvenes exhor» tari ab viciisque deterrere debeamus quant brevissimis documen-^ torum instructionïbus edocet, La marque de R. Gourmont.

4. Guidonis de Fontenayo Bituric» Epithalamium super connubio

Louis XII fit faire au duc Louis Sforce, mort prison uier à Loches \ Ce sont de mauvais vers, sans génie et sans grâce, prétentieux quand ils ne rampent pas. Ils sont tous dans le goût de ce distique ad barbaristas , qui termine la complainte de Louis Sforce ;

Non jàcet uberior praesentlluce palaestra

Quam modo Barbaricas quas tenet illa grèges.

La prose de notre auteur ne vaut pas mieux. £lle est obscure, hérissée d'archaïsmes, pleine de mêlaphores emphatiques ou triviales. On voit un homme qui fait des efforts désespérés pour se soustraire à la platitude, mais qui ne connaissait pas assez les auteurs pour atteindre Télégance.- Son industrie est de fourrer partout où il peut des locutions dérobées au répertoire de Laurent Valla, et les plus insolites sont celles auxquelles il s'attache de préférence. Rien n'est plus mérité que l'oubli dans lequel ses écrits sont tombés, et nous ne les en aurions pas tirés s'ils ne donnaient la mesure de ce que Tinstruction littéraire était alors dans l' Université de Paris, et s'ils ne fournissaient des traits intéressants pour l'histoire que nous avons entreprise.

£n terminant cette énumération de nos plus anciennes célébrités, il faut répéter ce qui a été dit au dé-

magnatum ac illustrissimorum Caroli et Margaritas principum , qui quidem ea> spectabili et clarissima origine liligera Kalesiorum natalia contraxerunt ,y ciûn Gallorum laudibus simul et eorum multi^ plicibus triiimphis, La marque de R. Goiirmont.

\ . Guido de Fontenajro Bituriccnsis^ De obitu Mauri Ludovici ipsiusque exequiis a serenissimo Francorum rege sua gratià celébratis* La marque de R. Gourmont.

il? HISTOIRE

but. Les fastes de la Sainte-Barbe primitive n'existent plus. Pour quelques noms qu'il a été possible de retrouver, un plus grand nombre, et peut-être de plus de valeur, nous échappent. En fait de sujets distingués, nul collège ne surpassa le nôtre depuis que Martin Lemaistre Teut mis en renom. Au commencement du règne de François P% quelqu'un put dire et imprimer que le parlement était peuplé de ses élèves, que les Facultés de théologie et de médecine se recrutaient par lui, enfin que tant de héros étaient déjà sortis de son sein, qu'on le comparait dans F Université au cheval de Troie*. Nous avons la preuve que cette glorieuse assimilation lui fut conservée jusqu'au temps où éclatèrent les guerres de religion*.

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