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Acte de 1407 pour Montaigu, déjà dté

Symphorien , antique édifice d'architecture romane, avec un portail richement décoré. Elle avait été desservie anciennement par les religieux de Sainte-Genevièye,; mais depuis les guerres civiles on avait cessé d'y célébrer l'office. Toutefois, par habitude, le peuple y venait encore en dévotion le 22 août, jour de la fête du saint. Les marchands, qu'on rencontre toujours où se porte la foule , y venaient aussi , de sorte que tous les ans il se tenait là une sorte de foire sur un petit parvis qui précédait l'église*.

Derrière le, chevet de Saint^Symphorien s'élevaient le Petit et le Grand-Vézelay, deux hôtels dont l'un servait de résidence aux abbés de Vézelay lorsqu'ils venaient siéger au conseil du roi, et l'auti^e était destiné à ceux des profès de Tabbaye qu'on envoyait prendre leurs grades à l'Université. Un autre hôtel abbatial, celui des supérieurs du Mont Saint-Michel, longeait le flanc méridional deSaint-Symphorien, avec un corps de logis sur la rue des Cholets et sa façade sur la rue. Saint- Etienne des Grès. Devant cet hôtel, par conséquent de l'autre côté de la même rue Saint- Étienne, s'ouvrait la grande porte de Lisieux, l'un des collèges de Paris les plus importants par le nombre de ses boursiers, après Navarre. Il occupait l'emplacement où s'élève aujourd'hui le fronton de l'École Je droit, et la plus grande partie de la place du Panthéon. Le coin de la rue des Cholets opposé à la maison du Moi?t Saint-Michel était formé par la chapelle des Cholets ,. qui avaient leurs bâtiments d'habitation

i. Enquête faite en 1555 à la poursuite de Montaigu, Archives dePempire, S. 6515.

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sur les deux rues. On appelait Cholets les boursiers, tous élèves en théologie ou destinés à le devenir, d'un collège institué par le cardinal Cholet, qui fut légat en France et joua un grand rôle au treizième siècle.

Au-dessous des Cholets étaient les murs de derrière de l'hôtel des évêques de Langres. Une porte donnait passage à travers les cours de cette vaste propriété jusqu'à la rue Saint-Jacques. C'est le fonds sur lequel est bâtie la plus grande partie du lycée Louis-le- Grand.

Au bas de la rue des Cholets, sur la rue de Reims, se développait la façade d'un autre hôtel, celui des évêques du Mans, qui fut rebâti « de très-riche édiffice^ » et converti en collège en 1528. Sur le flanc du même hôtel débouchait la rue Chartière, ou de la Charterie , nom encore incertain au quinzième siècle, et qu'ignoraient lîiême la plupart des gens du quartier. En 1497 un chaussetier de la rue Galande, appelé à déposer dans une enquête, avouait cette ignorance, quoique depuis quarante ans il montât par là pour aller porter de l'ouvrage à Lisieux et à Sainte- Barbe *.

De l'autre côté de là rue Chartière , sur la totalité du terrain compris entre cette rue, celles de Reims, des Sept-Voies, du Four et d'Ecosse, s'était étendu autrefois le palais construit pour les ducs de Bourgogne, lorsqu'ils séjournaient à Paris. De là le nom de rue au Duc de Bourgogne, qui fut porté jusqu'au dix-septième siècle par la rue de Reims, sur laquelle

i, Corrozet, Les Antiquitez de Paris, édition de 1533. 2. Archives de Fempire, domaine de Reims, S. 6559.

cet édifice avait son entrée principale. Le duc Philippe, qui mourut en 1 404, ayant , dans les derniers temps de sa vie, transporté sa demeure au quartier des Halles, l'hôtel qu'il délaissait, après être échu par héritage au comte de Nevers, fut acquis par une communauté d'étudiants champenois . pour y former un collège. Ce fut le collège de Reims. Les insurgés du parti bourguignon le pillèrent et le dévastèrent pendant les massacres de 1 41 8 ; mais la rage populaire fut impuissante contre sa forte structure. Nous savons que sous Charles VII il présentait encore, sur la rue Chartière, un corps de logis et un mur crénelé, fortifié d'une tour à l'un de ses bouts. Un autre mur était construit en sens in,verse, sur l'alignement qui formait naguère le fond de la cour de Reims. Ce mur séparait l'hôtel proprement dit de ses communs ou bassecour. Très-peu de temps après la fondation de Sainte- Barbe, un chanoine d'Amiens loua la basse-cour de l'hôtel de Bourgogne pour y bâtir et y placer une pédagogie de plein exercice, copiée sur celle de Geoffroi Lenormant. Telle est l'origine du fameux collège Coquerel ou Coqueret, ainsi appelé du nom de son fondateur.

En remontant la rue des Sept-Voies depuis la rue de Rerms^ on ne trouvait rien de remarquable jusqu'à ce qu'on eût atteint Montaigu. C'était un collège déjà ancien, doté pour l'entretien de quelques boursiers auvergnats, mais qui n'avait point encore acquis la renommée qu'il eut plus tard. Resserré par les hôtels de Vézelay, il se développait à peine sur la rue des Chiens. Il avait pour vis-à-vis le collège Fortet, maison

d'une importance eircore moindre, dont iin bâtiment I 2

subsiste encore au n° 21 de la rue des Sept-Voies. Au-dessus de Fortet venaient l'hôtel des seigneurs de Marly, puis le cimetière des pauvres étudiants de r Université, puis encore la grande porte de Fabbaye de Sainte-Geneviève, qui s'ouvrait au bout et dans Taxe de la rue Saint-Étienne-des-Grès.

La rue des Sept-Voies se prolongeait, en suivant l'abbaye et la clôture de son verger, jusqu'à l'enceinte de Paris. Les rues des Fossés Saint-Jacques et dé la Vieille-Estrapade marquent, encore dans quelle direction régna le mur de ville. Au delà, tout le plateau était couvert de jardins et dç courtilles où l'on accédait par l'une des deux portes Sâint^acques ou Saint- Ma rceL Quelques centaine^ de pas de plus vouà^ mettaient sur le revers de la côte , au-dessus de la vallée de la Bièvre, délicieuse lorsque les tanneries n'avaient point encore infecté les eaux de la rivière et que les habitations cl air-semées du faubourg Saint-Marceau se perdaient entre les vernes et les saules.

Ainsi, du plus éloigné des collèges qui viennent d'être nommés, il n'y avait pas un quart d'heure de chemin à faire pour être transporté en pleine campagne. De là la fréquence de l'école buissonnière , la facilité qu'avaient les mauvais élèves d'aller, pendant le temps des classes, dormir derrière les haies qui bordaient les chemins, ou jouer aux jeux défendus dans les tavernes ténébreuses de la banlieue.

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