Registre de la Faculté de médecine, n° 3, p. M
qui Charles VIII donna l'évêché d'Angoulême pour lui fournir de quoi entretenir sa muse. Ce que nous savons de lui ne nous montre pas qu'il ait mis à profit les leçons de son maître sur la tempérance, car il ne pratiqua cette vertu ni dans sa conduite, ni dans ses écrits. Avec autant d'abandon qu'il se livra aux écarts de la jeunesse, il rima tout ce qui lui tomba sous. la main, Homère, Virgile, Ovide, ses aventures et celles de ses amis. Pâle imitateur d'Alain Chartier, il eut la renommée d'un grand poète en un temps où c'était pindariser que de beaucoup produire. Son meilleur ouvrage est sans contredit un fils qu'il eut pendant qu'il menait la vie orageuse d'un étudiant de bonne maison, Merlin de Saint-Gelais le jeune, dont les vers ont fait oublier les siens.
Nous voudrions, pour l'honneur de notre collège, pouvoir inscrire ici le nom de Jean de Saint-Gelais, qui, après s'être comporté en vaillant capitaine dans les premières expéditions d'Italie, retraça d'un esprit sensé et d'un style simple 1J histoire du règne de Louis XII. Tous les auteurs qui ont parlé de lui le regardent en effet comme le frère du poète; mais des mémoires de famille nous ont prouvé qu'il était son oncle 1 . Quant aux autres Saint-Gelais élèves de Sainte- Barbe, il ne nous reste rien pour apprécier le parti qu'ils tirèrent de leur instruction. Il faut en croire sur parole un de leurs parents qui les appelle des gens altérés de littérature*. Leurs noms étaient Achille,
1 . Bibliothèque impériale, Cabinet généalogique , dossier Fontenay de La Tour de Vesvre.