Ci-dessus , p
3. Gui dont s de Fontcnayo Biturici Magna synonyma, noviter per eum repurgata , qiut neque sunt rudioribus solum tyrunculis, verum
consistent en un tableau synoptique des acceptions propres à divers termes, en remarques sur la ponctuation' et sur l'accent, enfin dans la réimpression de YOlla patella. On appelait ainsi un petit poème du treizième siècle, récemment retrouvé à la bibliothèque de Saint-Victor, et qui présentait, sous forme d'hexamètres, la réunion des mots servant à désigner les objets les plus usuels 1 . C'est ce qui a donné à Ravisius Textor l'idée de son Officina. Le nom d'Olta patella n'est pas autre chose que le commencement du premier vers, ainsi conçu :
Olla, patella, tripes, cochlear, lanx, fuscina, crates.
Il fallait de ces artifices pour enseigner le vocabulaire des langues lorsque les dictionnaires n'existaient point encore, ou du moins ne se trouvaient entre les mains ni des étudiants ni des professeurs; et pour provoquer la composition des dictionnaires, il fallait des hommes passionnés pour la nomenclature, comme Gui de Fontenay. Passionné n'est pas assez dire : cela avait tourné chez lui à la monomanie: il en mettait partout. A la suite d'un poëme composé par lui pour le mariage d'une ; princesse du sang, ne s'avisat-il pas de dresser un inventaire des mots ou périphrases qui peuvent servir d'expression à la louange dans les panégyriques * !
etiam politiori cultiorique provectis eruditione necessaria, cteaquidcm largiori quam antea dictionum apparatu fartim exhuberant, etc. In-4°. Paris, chez Pierre Gaudoul , avec une préface de Lancelot Valois , datée du 1 er avril i 51 6 (v. st.).
1 . Voir la première édilion donnée par Jean Chappuis, à la suite des Synonyitia Britnnis. Paris, 1508.
2. « Sequuntur aliqua? substantivorum diversitates ad m od lira
Les Grands synonymes parurent le premier mai, jour de fête pour les collèges. On plantait dans chacun le beau mai, un jeune chêne déjà garni de ses feuilles, au tour duquel les enfants dansaient et consommaient en friandises le produit d'une collecte qu'ils avaient faite entre eux. La coïncidence suggéra à Gui de Fontenay l'idée de représenter son livre comme un beau mai d'une autre sorte, que les Muses plantaient par ses mains dans le jardin académique 1 . Cette fiction, saisie au vol par Du Tillet, Salignon et autres poètes formés à la même école*, donna lieu à une infinité de tirades où Ton s'extasiait tant sur la beauté du produit que sur la vertu fécondante du Fons Nayus, dont les eaux l'avaient arrosé.
Il faut ajouter que Fons Najus était une façon de latiniser le nom de Fontenay à laquelle tenaient beaucoup les lettrés de la famille 8 , parce qu'ils entendaient par là consacrer la tradition d'une fée des eaux ou naïade, protectrice de leurs ancêtres. Ce bon génie passait pour habiter une source qui s'échappait à travers
necessariae, quibus aliquem laudibus efferre pote ri mus. » A la fin de V Epithalamium super connubio Margaritx
1 . « Qualiter iste libellus a novem Musis pro viridiquercu fixus est in Universitate parisiensi, kalendis Maii. » A la fin du volume.
2. Indépendamment de ceux qui ont été nommés plus haut, et qui avaient alors achevé leurs classes , on voit figurer les noms de Guillaume Carré, Nicolas Purpureus> Jean de Longueval , François Bounaud de Saint-Jean d'Augely et Roland Dalibert Briansis.
3. Cette forme se rencontre déjà dans Pépita phe de Pierre de Fontenay, évéque de Nevers : « Qui Fonte a Nayo nobile nomen habet. » Gai lia christiana , t. XII, col. 655. Le vrai nom latin de Fontenay eût été Fontanetum.
le pourpris du château de Fontenay 1 . Comme Gui n'était pas sans avoir raconté cela plus d'uue fois aui enfants qu'il instruisait , ceux-ci étaient sûrs de ne pas lui déplaire en parlant de sa fécondité dans des termes qui semblaient lui attribuer une cause surnaturelle.
L'intarissable fontaine coula encore Tannée suivante, sous la forme d'un nouveau manuel; c'est le Magnum collectorium historicum , compilation de faits et dits mémorables, à la manière de Valère Maxime*. On ne cherchait pas encore dans l'étude du passé le tableau des révolutions ni le secret de la destinée des peuples. On ne demandait à l'histoire que des anecdotes, pour avoir des citations à mettre dans ce qu'on écrivait. Gui de Fontenay semble avoir tiré sa matière des recueils du même genre qui circulaient depuis longtemps en Italie. Presque tout ce qu'il rapporte concerne l'antiquité. Les faits sont groupés sous quinze chefs différents, formant autant de livres, dont chacun est dédié à une personne de distinction. On peut s'instruire par là des alliances et accointances de l'auteur. Il s'adresse successivement à son neveu, Claude de Bussy-Rabutin , à son cousin germain, Merlin de Saint-Gelais , à ses frères, Pierre et Henri de Fontenay, celui-ci archidiacre de
1 . Mémoire généalogique sur les Fontenay de La Tour de Vesvre, à la Bibliothèque impériale.
2. Guidants de Fontenayo Galli Bilurici Turrivevrœi Magnum collectorium historicum ex multipharia diversorum authorum editione conformatum et in modum fasciculi, prout suus quisquc titulus requirit \ubertim recongcstum, novis etiamet utilibus fragmentis Mustratum abundantissime. In-4°. Paris, Jean Gorinont, sans date.
Nevers, celui-là aumônier du roi, sans oublier l'autre Pierre qui avait été principal de Sainte-Barbe. Mais pour ceux qui voodront se reconnaître dans son innombrable famille, il y a un répertoire plus complet, un mémoire généalogique qu'il dressa lui-même d'après les archives de la Tour de Vesvre, et dont le manuscrit autographe est conservé à la Bibliothèque impériale 1 .
Le Magnum collectorium en sa totalité est offert à la fois au chapitre de Nevers, où l'auteur venait d'être reçu, et au recteur Nicolas Menuel, alors en fonction, et qui honorait le collège par son attitude ferme et digne au milieu des circonstances que I on connaît.
Gui de Fontenay composa encore un grand nombre de poèmes, qu'il n'eut garde de conserver neuf ans en portefeuille, selon le précepte d'Horace. A peine sortis de sa plume, il les livrait à T imprimeur. 11 nous reste en ce genre une satire contre les prélats ennemis des lettres a , un éloge des sept vertus cardinales', un épithalame pour le mariage de Marguerite de Valois avec le duc d'Alençon 4 , une pièce sur les obsèques que
4. Cabinet des titres, dossier Fontenay. Ce travail est daté du i" mai 1559.
2. Guido de Fontenayo Bituricensis, De multifario vivendi ri tu hominum prcsentis seculi prelatis litterarum osoribus et ineptis se munificentiores exhibentibus, cutn terminoruin expositiuncula. In-4°. Paris, Robert Gourmont, sans date.
3. Guido de Fontenayo, De septem virtutibus , tribus videlicet theologicis, quatuor autem moralibus, quibus omnern benc beatique vivendi disciplinant , quo et denique more advirtutem juvenes exhortari ab viciisque deterrere debeamus quant brevissimis docnmenforum instructionibus cdocet. La marque de R. Gourmont.
4. Guidonis de Fontenayo Bituric. Epithalamium super conntdno
Louis XII fit faire au duc Louis Sforce, mort prisonnier à Loches 1 . Ce sont de mauvais vers, sans génie et sans grâce, prétentieux quand ils ne rampent pas. Ils sont tous dans le goût de ce distique ad barbaristas , qui termine la complainte de Louis Sforce ;
Non jacet uberior praesenti luce paloestra
Quam modo Barbaricas quae tenet illa greges.
La prose de notre auteur ne vaut pas mieux. Elle est obscure, hérissée d'archaïsmes, pleine de métaphores emphatiques ou triviales. On voit un homme qui fait des efforts désespérés pour se soustraire à la platitude, mais qui ne connaissait pas assez les auteurs pour atteindre l'élégance. Son industrie est de fourrer partout où il peut des locutions dérobées au répertoire de Laurent Valla, et les plus insolites sont celles auxquelles il s'attache de préféreuce. Rien n'est plus mérité que l'oubli dans lequel ses écrits sont tombés, et nous ne les en aurions pas tirés s'ils ne donnaient la mesure de ce que l'instruction littéraire était alors dans l'Université de Paris, et s'ils ne fournissaient des traits intéressants pour l'histoire que nous avons entreprise.
En terminant cette énumération de nos plus anciennes célébrités, il faut répéter ce qui a été dit au dé-
magnatum ac itlustrissimnrum Caroli et Margaritx principum , qui guident ex spectabili et clarissi/na origine liligera Valesiorum natalia contraxerunt , cum Gallorum laudibu.s simul et eorum mttltiplicibtts triuniphis. La marque de R. Gounnont.
1 . Guido de Fontenayo Bituriccnsis, De obi tu Mattri Ludovic i ipsiusque exequiis a serenissitno Francorurn rege sua gratia ceiebratis, La marque de R. Gourmont.
but. Les fastes de la Sainte-Barbe primitive n'existent plus. Pour quelques noms qu'il a été possible de retrouver, un plus grand nombre, et peut-être de plus de valeur, nousécbappent. En fait de sujets distingués, nul collège ne surpassa le nôtre depuis que Martin Lemaistre l'eut mis en renom. Au commencement du règne de' François 1 er , quelqu'un put dire et imprimer que le parlement était peuplé de ses élèves, que les Facultés de théologie et de médecine se recrutaient par lui, enfin que iant de héros étaient déjà sortis de son sein, qu'on le comparait dans l'Université au cheval de Troie 1 . Nous avons la preuve que cette glorieuse assimilation lui fut conservée jusqu'au temps où éclatèrent les guerres de religion*.