Dictionnaire de Bayle, édition annotée
pas la peine d'en chercher d'autres ». MVfois*, 1 tandis' que les barhistes se prévalaient de ce rérît, leslrnontà-cutiens soutenaient avec non moins d'assurance' Vjttë 1 • c'était chez eux que Saint Ignace avait puisé sa deVè-l* tion envers le nom de Jésus , parce que leur cdllégë 1 avait toujours été considéré et défini, depuis Jean Standonck, comme l'école spéciale où la jeunesse était formée à l'imitation de Jésus, et que d'ailleurs Tàbré-' viation symbolique 1HS, qui est devenue le chiffré défc jésuites , était peinte à l'entrée de la chapelle de Môri- 1 taigu*. I' I uu " il
11 n'y a pas lieu de partager le différend; Les 1 prétentions rivales des deux collèges tombent deVàritf ' l'assertion positive de Ribadeneira, que sa court J)àgriïè' , n'eut pas de nom avant 1537, et que celui qii'élle' 1 prit alors tenait à des pensées conçues par le fondai * teur, dès les premiers temps de sa conversion 3 . Tè 1 nons-nous en au dire de Ribadeneira. Le bon sens tout seul, à défaut de son témoignage, déciderait que le nom de Jésus se présenta de lui-même au novateur ' *qui entreprit de faire plus et mieux, comme édification, que ce qu'avaient produit toutes les autres oeuvres ' placées jusqu'alors sous l'invocation des saints.
Nous prendrions plus volontiers pour un fruit de notre terroir le goût sincère de la belle antiquité qui régna toujours dans les collèges des jésuites. Lorsque '
leurs fondateurs étudièrent à Sainte-Barbe , ce senti- 1
4 . Notes historiques sur Sainte-Barbe, recueillies par le principal 1 Simon Menassier, archives de l'Univei site, carton 22- t - - i.j
2. J. Boulèze, préface du traité De Victoria corporis Christi.
3. Dissertation des Bollandistes sur la vie d'Ignace de Loyola, Acta SS. Julii, t. VII, p. 437.
ment venait de faire explosion; les professeurs s'y abandonnaient avec une sorte de transport ; il passa . dans les disciples; et lorsqu'il fut question pour ceux-ci d'asseoir sur une base nouvelle l'éducation de la jeunesse , non-seulement ils ne marchandèrent pas la place qu'il convenait de donner à la culture littéraire, mais ils acceptèrent comme la première nécessité de cette culture l'étude des grands maîtres qui n'ont pas parlé la langue du christianisme.
Mais l'avantage le plus direct que les compagnons d'Ignace de Loyola aient retiré de leur séjour à Sainte- Barbe fut l'amitié de Jacques de Gouvéa. Non-seulement ce docteur les prit dans une vive affection, mais les voyant possédés d'une telle ardeur de prosélytisme, il les jugea propres à l'œuvre que le roi de Portugal avait en pensée, de sorte qu'il pressa ce prince de se servir d'eux pour la propagation de la foi dans ses colonies de l'Orient. Jean III négocia en ce sens auprès d'Ignace, qui fit désigner par le pape François Xavier et Simon Rodrigués, et ce fut là l'origine de la mission des Indes, qui jeta tant d'éclat sur les com- " menceinents de la société *. Nous n'avons pas à suivre dans ses conquêtes spirituelles celui qu'on a surnommé le Fernand Cortez de la religion. Rappelons seulement qu'il associa à ses travaux plusieurs de ses anciens condisciples de Paris, et que sa première œuvre dans l'Orient fut la réforme du collège de Goa. Cet établissement, élevé en peu de temps à un degré inouï de prospérité, reçut les colonies de néophytes
i. Ribadeneira, ch. x, n° 167; Barbosa Bibliotheca lusitana> t. III, p. 721.
que l'apôtre envoya successivement des Moluques, de la Malaisie et du Japon pour en faire des missionnaires ou des interprètes