‹ Histoire de SainteBarbe, collége, communauté, institutionChapitre 88 sur 155 · fiibliotheca lusitana, t. I, p · texte numérisé non relu

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commence à prendre son essor? comment surtout l'empêcher de s'exercer sur une matière , lorsqu'on applaudit à ses conquêtes dans d'autres matières ? L'imprimerie avait multiplié les éditions des livres saints : on rougissait du temps si peu éloigné où des docteurs, même éminents, n'avait jamais ouvert un évangile, et ne connaissaient le texte fondamental de la religion que par le missel ou par les citations des auteurs ! . Chacun était à même de lire et de comparer; et de même qu'en dehors des leçons du collège, par l'étude des chefs-d'œuvre de l'antiquité, beaucoup se formèrent un savoir et un goût supérieurs à ceux de leurs maîtres, de même, en dehors des instructions religieuses, par la lecture des textes sacrés, on se fît des opinions à soi, qui confirmèrent les uns dans la foi reçue, qui en éloignèrent les autres d'une dislance plus ou moins prononcée. De là vient que toutes les nuances de l'orthodoxie, comme de l'hérésie, se rencontrent dans la génération qui passa à Sainte-Barbe entre 1520 et 1530. A côté de l'ascétisme communicatif des premiers jésuites, nous trouvons le mysticisme effréné de Guillaume Postel; à côté du rigorisme inquisitorial de Démocharès, la tolérance de Gelida et d'André de Gouvéa, qui n'empêcha pas ces hommes vertueux d'être irréprochables dans leur foi ; ou bien encore c'est le scepticisme mal contenu de Buehanan, ou l'indépendance philosophique d'Antoine deGouvéa, qu'une voix ennemie a taxée de matérialisme, et qui

i. Les censures des théologiens de Paris, par lesquelles ils avaient faussement condamné les Bibles imprimées par Robert Estienne. Voy. ci-dessus, p. 124, note 1.

a fait associer le nom de cet homme distingue à ceux de Bonaventure Desperriers et de Rabelais 1 . Quant à l'esprit de secte, il est représenté par celui qui en fut l'incarnation, par Jean Calvin.

La plupart des biographes n'accordent pas que Calvin ait été à Sainte-Barbe. Us se prononcent pour le collège de la Marche, dans l'alternative pos^ par Duboulay que Calvin fut élève de Sainte-Barbe selon les uns, et de la Marche selon les autres *. Cependant, si Ton cherche quels sont ces uns et ces autres dont a voulu parler l'historien de l'Université, on trouve qu'ils se réduisent à un seul et même auteur, qui est Théodore de Bèze. En effet Bèze a écrit deux fois la vie de Calvin. Dans le premier de ces ouvrages, composé en 1563 8 , il dit que Calvin reçut les leçons de Mathurin Cordier à la Marche; et dans la seconde vie, qui est de 1 564 4 , il dit que Cordier fut le maître de Calvin à Sainte- Barbe. Ainsi c'est au doute qu'on est conduit par le seul témoin qui se soit exprimé sur la circonstance dont il s'agit. Et il n'y a pas moyen de se décider par les faits connus de la vie de Cordier , car son passage soit à Sain te -Barbe, soit à la Marche, ne repose également que sur la double assertion de Bèze au sujet de Calvin.

Pour nous, nous avons déjà tranché la difficulté en comptant Mathurin Cordier parmi les professeurs

A . Calvin, De scandalis.

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