Jacques Dcsmay, Remarques sur la vie de Calvin
et ne fut point économe de ses pas pour aller préparer dans les Collèges voisins, encore tout remplis de ses maîtres et de ses condisciples, ce qu'il appelait « la moisson du Seigneur. » Comme il n'avait point encore abjuré publiquement le catbolicisme et qu'on le voyait . assister aux offices, ses démarcbes n'éveillaient pas de soupçons 1 . 11 y a lieu de croire que la porte de Sainte- Barbe lui fut ouverte toutes les fois qu'il se présenta. A ce temps-là doivent se rapporter les entretiens qu'il eut certainement avec Antoine de Gouvéa, et dont il s'autorisa plus tard pour dire que le neveu du trèsortliodoxe Jacques avait goûté d'abord la vérité évangélique*.
Une autre conversion qu'il opéra dans le troupeau barbiste aboutit a un grand scandale pour le collège et pour l'Université tout entière.
L'une des chaires de philosophie était alors occupée à Sainte-Barbe par Nicolas Copus ou Kopp, Allemand d'origine, mais Français de naissance, car il était le fils du médecin de François ï cr , Guillaume Kopp, l'un des anciens et glorieux suppôts de la faculté de Paris 3 . Ce Nicolas Kopp se livra à Jean Calvin, au point qu'ayant été nommé recteur pour le dernier trimestre de Fan 1533, il ne vil dans cet honneur qu'une occasion de servir les idées de son maître et d'engager l'Université sur la pente de la Réforme.
Tout d'abord il eut pour lui les circonstances. Lors-
1. Théodore de Bèze, Histoire de la vie et de la mort de Calvin; Histoire des Églises du royaume de France, t. I, p. ik; Calvin, Prxfatio Commentant' in psalmos.