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population , que , dans ces anciens âges , où cette dernière , soutenue par une agriculture prodigieuse , était si nombreuse et si forte , les mêmes maladies qu’aujourd’hui y régnaient par les mêmes causes dans les mêmes lieux, pendant les mêmes mois de l’année, et en discréditaient le séjour auprès du beau monde de Rome.
Les malheyrs de tout genre dont la Sardaigne a été accablée depuis la chute de l’empire romain , les invasions des barbares , les guerres de la conquête et de l’occupation , les rivalités de Pise et de Gênes ^ les expéditions féodales , qui n’ont pas permis , pour ainsi dire , q^u’un pouce de terre ou un rocher de cette île ne fût teint de sang , les ravages irréparables causés par la peste à plusieurs reprises, et surtout, et plus encore que ce fléau, l’absurde gouvernement des Espagnols , qui l’avaient totalement abandonnée , voilà ce qui n’a pas moins contribué que les causes naturelles à son extrême dépopulation.
Cette île qui , dans l’antiquité était peuplée de vingt-huit villes , dont Ptolémée donne la nomenclature , n’en compte plus que sept , qui en aient le titre , et dix ou douze bourgs , à la vérité assez populeux. Les campagnes et les collines sont couvertes des ruines de villages détruits , dont il arrive assez souvent qu’on ne reconnaît plus meme l’emplacement. L’historien Para , évêque de Bosa ,
présente un tableau elfrayant de la décadence et de la dépopulation de la Sardaigne. Il donne une liste de 420 villages détruits. Le père Napoli prétend que Para et ses copistes ont outré le mal , et qu’ils indiquent comme détruits des villages qui existent encore , sous un nom diirércnt, ou qui ont été réunis à d’autres communes. Son avis est qu’il faut les réduire à trois cent cinquante , ce qui suifit bien pour donner une idée des vicissitudes par lesquelles est passée cette île infortunée.
Des 1,200,000 habitants qu’elle possédait à l’époque florissante de la domination romaine , sa population était tombée , à la fin de celle des Espagnols , au tiers de ce nombre. La Sardaigne ne comptait que 327,000 habitants, en 1720 , quand la maison de Savoie en prit possession. Sous le sceptre paternel du Roi Charles Emmanuel, elle parvint à compter, dans l’espace de peu d’années, 36i,ooo habitants ; nouvelle preuve que la bonne administration contribue plus que tout le reste à la prospérité des peuples.
La population de la Sardaigne a continué de s’accroître dans la même proportion , et en suivant les progrès, bien qu’un peu lents, de sa civilisation et de son industrie. Les écrivains sardes et les géographes étrangers ont fort varié à ce sujet. Les uns lui donnent 600,000 habitants , les autres 4So,ooo ; un auteur italien élève sa population
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jusqu’à 766,360; la Géographie commerçante \3. làit descendre jusqu’à 273,000. Il y a exagération dans l’un et l’autre sens. Les recensements des vingt dernières années présentent des étals de population dont le terme moyen est de 420,1000 fiabilants.