‹ Histoire de Sardaigne, ou, La Sardaigne ancienne et moderne, considérée dans ses lois, sa topographie, ses productions et ses moeurs (volume 2)Chapitre 46 sur 97 · L. IVLI CASTRICI · texte numérisé non relu

L. IVLI CASTRICI

EQ. R. PRICIPI

CiyiTATlS.

MEMOR. CLATTiqiLLAE. NP.

I PVELLAE INNOCENTISSIMAE ‘ l’iENTISSIMAE. PUAESTAN riSSIMAE CASTISSIMAE

ET INCOMPARABILI. yVAÊ VIX. ATÎN. XXI. M. V. D. XII. HX.

FELIX. MAR. BM. FTATTICVS.

En 1 763 on découvrit , sous des débris de vieujf édifices , au faubourg de Stampace , un très beau pavé ou mosaïque de marbre, représentant Orphée jouant'de ta lyre , au milieu de douze animaux'de differente espèce , séparés l’un de l’autre par des arbres. Ce pavé, y compris un encadrement circulaire , aussi er> mosaïque , de deux pieds de large , avait dix-sept pieds sur quinze. On envoya ce morceau précieux à Turin, en le divisant en plusieurs parties ;mais avec trop peu de soins malheureusement, pour qu’il nesoulTrît pas beaucoup du transport.

On avait trouvé, en 1718 , dans ce même faubourg de Stampace , autrefois si riche en restes de l’antiquité , un autre pavé ,de mosaïque , représentant Hercule , au milieu de divers animaux , de la même grandeur et du même mérite d’exécution pour le moins', dit-on , que celui èl Orphée , dont il était peut-être uneesp<;ce de pendant. Les Espagnols étaient alors les maîtres en Sardaigne. Ils désassemblèrent ce beau pavé , et l’expédièrent à Barcelone. Le bâtiment qui le portait ^ayant été pris par les Darbaresques , on n’e'n a plus jamais entendu reparler.

AWCIEIÏIÏE ET MODERHE.

Depuis que la Sardaigne appartient aux princes de la maison de Savoie , qui attachent aux objets d’art, et aux souvenirs de ^antiquité, plus d’intérêt que ne le faisait la nonchalance ou l’ignorance des vice-rois Espagnols , on a constamment envoyé les morceaux précieux, qui étaient successivement découverts, au musée de Turin , renommé par ses richesses en ce genre. Plusieurs collections ont été faites en même-temps par des particuliers , et surtout par des administrateurs temporaires , qui , le plus souvent , n’avaient d’autre but que d’en faire, à leur retour sur le continent , un objet de spéculation. C’est ainsi que se sont perdus ou dispersés une foule d’objets, qui , par leur réunion ou leur rapprochement , auraient eu plus de mérite et de valeur, . ' ' ' •

Les morceaux dignes d’intérêt , que le hasard fera maintenant découvrir , échapperont du moins à la dispersion et à la destruction. Le musée qu’a formé à ses frais à Cagliari le roi Charles Félix, aujourd’hui régnant , et qu’il adonné à cette ville, recueille avec soin les inscriptions , pierres gravées , vases , idoles et fragments de tout' genre . qui sont propres à compléter la collection des antiquités nationales , si long-temps dédaignées , négligées, ou dilapidées dans ce pays.

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