I.A SAKDÀIUNE
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sition qu’il affirme , sans citer pourtant ses autorités, avoir été faite à Louis XIV par les puissances ennemies. Les souverains alliés déclarèrent qu’ils ne faisaient pas la guerre à la nation , mais à son chef, dont l’ambition et le despotisme étaient incompatibles avec le repos de l’Europe, et ils demandèrent, comme une des conditions de la paix, la convocation périodique des états-généraux.
Une victoire éclatante, qui mit fin à tant de désastres, recula d’un siècle, si ce fait est vrai, l’établissement en France du système représentatif. Villars sut profiter d'une faute du prince Eugène, Je battit complètement à Denain, et sauva la France. On recueillit avec habileté tous les fruits de cette victoire décisive, dont les résultats fixèrent enfin les destinées de l’Europe , et assurèrent.à la cause de la France un triomphe d’autant plus doux , qu’il avait été long- temps inespéré.
Les divers traités qui réglaient les droits respectifs et les possessions des puissances belligérantes, ainsi que les indemnités et compensations, furent signés pendant le cours de l’année 1713.
L’Angleterre, qui était en position de dicter la loi, prit un égal soin de sa gloire et de ses intérêts; elle fit combler le port de Dunkerque, et, outre les avantages assurés à son commerce d’Amérique , elle resta en possession de Minorque et de Gibraltar.
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Le duc de Savoie } qu’elle avait pris sous sa protection immédiate , obtint quelques agrandissements, et l’île de Sicile, avec le titre de roi. Il s’embarqua pour Palerme , où il fit , après j avoir été couronné, un Séjour d’un an.
On accordait au Portugal des arrangements à sa convenance.
Les Hollandais eurent dans les Pays-Bas une barrière considérable , qu’ils avaient toujours désirée. •
Les électeurs de Bavière et de Cologne furent équitablement dédommagés.
La France ne conservait que quatre des places conquises par ses armes dans les Pays-Bas ; mais elle maintenait Philippe sur le trône d’Espagne , ce qui avait été le grand but de cette longue guerre.
On assurait à l’empereur, outre ce qu’il possédait en Lombardie , et quatre ports sur les côtes de Toscane , la souveraineté de la Flandre espagnole , le royaume de Naples ' et la Sardaigne.
Le cabinet de Vienne , qui se croyait trop lésé * par ces conditions , ne consentit que plus tard à signer sa paix particulière avec la France.
Quant «à l’Espagne, l’Autriche ne voulut entendre à aucun accommodement avec elle, ni signer aucun acte de reconnaissance. Ainsi, après la pacification générale , ces deux puissances restèrent en guerre.
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1 7 1 4- La distance où elles étaient l’une de l’autre em-
pêchait que les opérations militaires eussent une grande activité, ou de bien importants résultats. La Catalogne, qui persistait avec acharnement dans sa résistance à l’autorité du roi Philippe , était le seul champ de bataille qui restât à une guerre dont les fureurs avaient ravagé le monde.
Charles VI fut pourtant obligé , sur les instances réitérées de l’Angleterre, de retirer de cette province sa femme et ses troupes, qu’il.y avait laissées; mais décidé à ne point accepter la paix d’Utrecht, ni à céder ses droits, il fit fournir secrètement aux révoltés des armes qui venaient de Naples , et des vivres en abondance qu’on tirait de l’ile de Sardaigne.
Les Catalans , qui ne prenaient conseil que de leur intrépidité naturelle et de la violence de leur haine pour le roi , crurent pouvoir se soutenir par leurs propres moyens, et déployèrent dans cette campagne une grande énergie de caractère. Aban- • donnés de l’Autriche, ils se flattèrent de l’espoir d’ériger leur pays en république, sous une protection étrangère. Cette opiniâtreté, que des efforts vraiment héroïques rendaient digne d’une meilleure cause , devait pourtant avoir une fin. Le maréchal de Bervick fut chargé de réduire et de châtier Barcelone. La ville fut prise d’assaut, après que les assiégés eurent épuisé tout ce que la fu-
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reur la plus exaltée jieut fournir de moyens de défense , et fait des prodiges de valeur. On se battit encore dans les rues pendant onze heures, et il fallut attaquer chaque rue , chaque maisojn, l’une après l’autre , au milieu des torrents de sang et de flammes. On entendit une voix répéter ces mots terribles , qui animaient la rage du soldat : Mata y quema ( tue et brûle). Dans cet assaut , qui coûta six mille hommes de part et d’autre , plus de cinq cents prêtres ou moines se firent tuer les armes à la main. Soixante, qu’on fit prisonniers, furent, par respect pour leur état , envoyés aux galères.
La guerre civile de la Catalogne , que termina cette catastrophe , fut la dernière étincelle du vaste incendie qui, pendant quatorze ans, avait embrasé l’Europe. Les deux années suivantes furent employées à l’exécution des divers traités successivement signés à Utrecht, et au réglement des arrangements politiques qui en étaient les conséquences.
L’année 1715 ne fut remarquable que par la mort de Louis XIV, qui ne survécut que peu de temps à la reine Anne d’Angleterre.
C’est dans la même année que Philippe V, qui , dans le cours de l’année précédente, avait perdu sa première femme, épousa en secondes noces Elisabeth Famèse , princesse de Parme , ce qui donna lieu au renvoi aussi imprévu qu’ignominieux de la
LA SAROAIGNE
princesse des Ursi/is , et à l’élévation prodigieuse de cet Alberoni, dont l’administration tint une si grande place dans les affaires et dans les destinées de l’Espagne.
Les seigneurs Sardes , qui , restés fidèles au roi Philippe , avaient refusé leur soumission à l’Autriche , n’attendaient plus que des combinaisons de la politique , ou de la fortuné , le changement qu’ils désiraient avec ~rdeur , et que la volonté d’un seul homme accéléra peut-être plus qu’ils n’avaient osé l’espérer eux-mêmes.
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