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jjacifier l’ilalie , tle concilier les diflercnds qui , tlepuis si long-tcmp, divisaient les deux républiques de Pise el de (lênes , et de les amènera im accommodement relativement aux alTaires de la Sardaigne, qui étaient la principale cause de leur désunion et de leurs querelles. 11 ordonna que l’ile serait divisée en deux portions égales, dont l’une appartiendrait aux Pisans, et l’autre aux Génois. Ce parti moyen, qui était peut-être le seul qui fût propre à arranger les choses , si on eût été de bonne loi de part et d’autre , ne pouvait être mis à exécution qu’au moyen d’un corps d’année respectable, qui aurait appuyé celte sentence arbitrale, (^mnie l’empereur n’avait en ce moment ni le pouvoir ni la volonté d’en faire les frais, tout resta encore sur le même pied.
Pendant ce temps, le saint siège, fidèle à sa politique , qui ne lui permettait pas de renoncer un instant aux prétentions qu’il avait une fuis animncées sur la souveraineté de la Sardaigne , venait do reprendre le rôle qut^ le ton hautain et le caractère de Barberousse lui 'avaient fait suspendre. Habile à profiter du désordre et de l’anarchie, où la guerre , qui divisait entre eux les Pisans, les Génois et les juges, avait mis la Sardaigne , la cour de Rome travaillait à se gagner ces petits princes , et à les détacher de leurs alliances antécédentes , en leur promettant sa protection et
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des avantages, en retour desquels sa prévoyance leur faisait contracter envers elle des obligations et des devoirs. Grégoire qui avait de l’é-
tendue dans les vues , et qui avait conçu le projet de concilier les parties belligérantes au profit de la politique romaine , était au moment d’atteindre son but, lorsqu’il mourut, en 1187, dans là ville de Pise , où il s’était rendu pour traiter en personne cette grande affaire. Un de ses successeurs , Innocem ///, se trouva en position de demander hautement aux Pisans de renoncer aux titres et aux droits qu’ils avaient sur l’île de Sardaigne, et pour y établir plus solidement les siens, il fit épouser à l’un de ses parents l’héritière du judicat de Gallura.
Cette prétention du pape excita l’indignation de la noblesse pisane , qui s’était accoutumée à regarder la Sardaigne comme son légitime patrimoine. Deux jeunes gentilshommes , Lamberto et Ubaldo, de la famille F’isconti de Pise, laquelle n’avait rien de commun avec les Visconti de Milan, armèrent à leurs frais quelques galères , et , débarqués en Sardaigne, ils portèrent la guerre dans les domaines des princes sardes qui s’étaient déclarés feudataires du saint siège, envahirent tout le judicat de Cagliari, dont ils occupèrent la capitale, et s’établirent avec succès dans la partie septentrionale de l’île. Le pape n’eut d’autres armes , pour
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s’opposer à ces liarilis aventuriers , que les foudres du Vatican. Lamberto mourut. Ubaldo , resté seul, offrit d’épouser la princesse Adelasia , devenue veuve, et héritière des judicats de Gallura et de Logudoro , dont il avait presque entièrement achevé la conquête. Grégoire IX, qui occupait alors le saint siège, était de la même famille que le feu pape Imiocent III, et parent comme lui A' Adelasia. Il approuva ce mariage , qui affermissait les droits de l’Eglise sur une partie considérable de la Sardaigne. Ubaldo fut absous de l’excommunication dont il avait été frappé , à condition qu’il reconnaîtrait la souveraineté du pape et abjurerait celle de PLse. Dès que ce traité y fut connu , la plus vive indignation éclata. Les comtes de la Gherardesca furent les premiers à déclarer que la république , lésée dans ses plus chers intérêts, d<;vait tirer vengeance de la défection A' Ubaldo. D’un autre côté, la nombreuse et puissante famille des Visconti se crut obligée de soutenir son chef; et comme ce chef était entré dans l’alliance du pajxî, elle embrassa tout entière le parti du saint siège, tandis que les Gherardesca s’attachèrent plus fortement à celui de l’empire. L’opposition entre le titre de comtes (conti) et le nom de wsconti (vicomtes), qui distinguaient ces deux familles rivales, passa aux deux factions. Dès ce moment à Pise les Gibelins furent appelés le parti des Couti,
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et les (iuelfes celui des Visconti, et sous ces deux nouvelles dénominations ils se firent la guerre , en Italie et en Sardaigne , avec autant d’opiniâtreté que de fureur.
La division de l’île en plusieurs petits états , la diversité des intérêts de tous ces princes, la versatilité de leur politique , le mélange des familles par les alliances, et la complication des événements de cette partie des annales sardes, en font un véritable chaos , et la rendent peut-être le point le plus obscur de l’iibloire italienne du moyen Age. C’est un labyrinliie, dont les chroniqueurs et les généalogistes , loin d’y porter la lumière, n’ont fait qu’épaissir l’obscurité, et où l’on est à chaque |>as en danger de perdre le fil conducteur. Aussi est-ü impossible de présenter un tableau synoptique des événements et des faits. 11 faut se résoudre à en suivre les séries partielles pour chaque contrée, en les rattachant, autant que possible, aux faits généraux. Ainsi, après avoir offert le précis des événements les plus remarquables du nord de l’île, il va être nécessaire de rétrograder d’un demisiècle, pour parcourir ceux qui sont particuliers au cap méridional.
Je laisserai donc Adelasia mariée, en 1208, à Uhaldo f^isconti, devenu , par droit de conquête et par droit d’alliance, juge de Gallura et de Logudoro, pour aller retrouver à Cagliari, en 117.4,