DOCUMENT N» LXV
Lettres relatives au service des prisons pendant Vocciipation espagnole.
onsieur le premier président, je ne sçavois pas que 1 le concierge des prisons cust laissé manquer de pain aux prisonniers, ce qui m'a extrêmement surpris et beaucoup fasché, et si tost que j'ai receu la lettre que vous avez pris la peine de m'escrire j'ay expédié un mandat en sa faveur de la somme de 500,1. malgré le peu de fonds qu'il y a à la Trésorerie et à l'advenir il 'sera pourveu à son payement. J'ay l'honneur etc. Chambéry, 24 mars 1747. AMonhx de Velasco.
DOCUMENT No LXVI
A nos Seigneurs du Souverain Sénat .
Le sieur Marc Genot, chastelain et concierge des pri^ sons royales de la présente ville a l'honneur de représenter au Sénat qu'il s'est efforcé jusques à présent de fournir aux détenus le p£Ûn et la paille, à quoy il est obligé par son employa mais dans un temps critique et misérable où tout le monde est réduict, le suppliant, mieux que bien d'autres, sent le poids des malheurs qui sont communs ; jusques à présent il s'est efforcé de fournir le pain par emprunt tant d'argent que de bled pour soutenir ses engagements. Il se trouve au jour d'huy hors d'état de les continuer privé de son gage et ne trouvant mesme personne qui luy veuille premier. Dans cette triste situation il ne luy reste d'autre espé-. rance que de recourir à la justico du. Sénat. comme à la
source intarissable d'oA peuvent dériver les soulage'
roents. Sur ce, Nos Seigueurs, qu'il vous plaise pour* voir. A Cbambéry, le 27< aoust de 1748. Genot.
DOCUMENT No LXVII
Monsieur Tintendant général, le concierge des prisons a souventes fois supplie le Sénat de le recevoir à la démission de son employ ne pouvant plus tenir à la nourriture des prisonniers , Teutretien du geôlier estant en arriére de plusieurs quartiers de gages ; on Ta beaucoup mesnagc, on luy a donné des espérances et il a tenu par des emprunts tant qu'il a pu ; il est à
résent sans ressource. Le Sénat ne peut le contraindre rimpossible et ne pouvant faire mourir de faim les prisonniers il se voit dans la triste nécessité de les mettre en liberté. J'av Tbonneur d'en faire part à Y. E. afin qu'il luy plaise d y pourvoir et de me iafare sçavoir au plus tost ses intentions afin que le Sénat puisse justifier à S. M. et aux autres aux quels il doit rendre compte de sa conduite à l'égard de la justice de la détermination jusques à présent inouie qu'il sera contraint de prendre à regret. J'ay l'honneur, etc. Chambéry ce 27« d'aoust de 1748. Sclarandi-Spada, président du .Sénat.