DOCUMENT N« XL
EmmanueUPhUihert à Vévêque de Belley.
Révérend père en Dieu, etc. il nous est venu à notice à nostre grand déplaisir que parmy les abus qui se commettent par les ecclésiastiques en nos pais il s'en fait une infinité rière vostre diocèse et mesme en vostre chappitre de Beley auquel ne font résidence nv prieur, ny fa plupart des religieux et chanoines et de la désordonnée vie de ceux qui sont par delà allant vestus comme mondains et ne célébrant offices, ains entretenant femmes lubriques et faisant plusieurs insolences autant par les bonnes festes que par les aultres jours, s'acquittant très mal du service divin et charges d'aumosnes, offices et aultres à eux laissées par pieuses fondations, etc (De Rivoli, 44 octobre 1562.)
La copie des lettres n^ 39 et 40, dont il n'est donné iei qa'un extrait, se trouve dans les Archives du Sj^nat DB TuniN tTascetti particolari sopra le cote délia satUa fedej et dans celles du Sénat de Chambéry. (Affaires ecclésiastiques de Bresse, Bugey et Petit-Bugey.J
DOCUMENT No XLI
Mémoire secret sur la sitiiation intérieure de Genève.
Monseigneur, ayant reçu cette lettre, premièrement je me recommandât/ à Dieu, puis je montay à cheval accompagné de six miens serviteurs, et je m'en allay droit en la dite cité de Genève, où j'arrivay le dixseptième de décembre dernier. Les syndics, soudain advertis de ma venue, me mandèrent du'vin, leur coustume estant d'ainsy faire quand ils veulent honorer quel*
?ae estranj^er. Or il faut que Vostre Altesse sache qu'en hostellene où j'etitois logé, les syndics et seigneurs du Conseil avoient mis un gentilhomme italien de Lucques qui leur servoit d'espion pour moy seul, et qui continuellement man^eoit à ma table. A rentrée de la dite hostellerie, les dits seigneurs avoient aussy mis d'autres espions^ à savoir trois garçons qui faisoient sentinelle et se tenoient à une boutique prochaine, et contiguê à la grand'porte du dit mien logis, lesquels avoient charge de noter et remarquer tous les personnages qui entreroient et sortiroient de cette hostellerie durant le temps que j'y ai demeuré. Mon hoste aussy avoit expresse commission de venir souvent dans ma chambre pour voir quelles gens me parloient : de manière que tous les jours les syndics de la dite ville estoient informés de toutes mes actions. Or je savais bien aue les susnommés galants avoient Tœil sur moy, (^ar ae tbut cela j'étais adverti par le seigneur Monatôn, lequel i'ay trouve trèsfidèle et affectionné à vostre service. Mgr. Le premier Iferjfonnage qvpj'allay rUiter en la dite rille fut Calvin^ (ini me reconnut et me fit bon accueil. Nos propos ne nirent que de courtoysie ; il me pria de disner avec luv, en auoy je m'excusây, alléguant ma maladie laquelle me faisoit tenir encore grand'diète ; et sans user de plus longs propos je retoumay à mon logis. Presque tous les jours je suis allé ouïr les sermons de divers prédicans qui se disent chaque veille. Allant et venant je rencontray plusieurs citoyens de la ville et seigneurs du Conseil lesquels je connais familièrement, et je pensais bien qu^en la rue ou ailleurs ils useroient de quelque honnesteté à mon endroit, je veux dire qu'ils s'adresseroient à moy, ne fust-ce que pour me demander des nouvelles. Mais nul d'eux ne s'est jamais approché de moy pour me parler; au contraire, me voyant tenir d'un côté, ils s'en allaient de l'autre, me fuyant comme si y eusse eu la peste. De quoy je fus esbahi, car, avant
2ae de partir de cette ville (Cnambéry), le seigneur de oponay, et le susdit Monaton m'avoient asseuré qu'à Genève j'estois tenu en grande considération, et que j'y seraU r|Bçu avec d'inflnies caresses. Aussy voyant tout le
contraire, je me trouva^ un peu estonné. Je laissay passer les deux premiers jours sans me plaindre (sinon ea moy-mesme) de ce que en cette ville je n'étois visité par personne; j'e lâissay passer de mesmele troisième jour, puis le quatrième, puis le cinquième. A l'heure de midy, j'allais me promener par la ville, et parfois aussy je suis sorty dehors pour visiter les jarains. Le ciel estant serein et le soleil beau, je me suis embarq^ué sur le lac, me promenant par tous les environs, où j'espérais et désirais rencontrer quelque bourgeois qui éust voulu me parler à part. Mais cela n'est jamais arrivé.
Le sixième jour, il ne me fut pas possible plus longuement dissimuler. Je fis donc appeler Monaton, auquel je me lamentay à bon escient du rude parti que me tenoient les citoyens de cette ville, desquels, à ce que luy-mesme m'avoit promis, je devais recevoir tant d'honneurs, de faveurs et de bons traitements; mais au lieu de tels humains offices, l'on m'y regardoit de travers, et on ne faisoit pas plus compte de moy que d'une caro- Çne. Le susdit me confessa qu'il estoit merveilleusement lasché de la rustique et incivile façon que tenoient les seigneurs de ce Conseil envers moy^ s'esmerveillaut encore plus des quatre personnages qui se sont déclarés dévoués au service de V. A., lesquels n'estoient jamais venus, ni mesme n'avoient mandé me visiter. Le jour de Noël, Monaton, à l'aube du jour, vint me trouver en mon logis; je lui demanday à quelle heure les seigneurs du Conseil esloieut assemblés, car je voulais aller prendre congé d'eux. 11 me répondit qu'il m'y accompagneroit ; je lui exposay toute la harangue que je voulais faire aux susdits seigneurs, de laquelle il fut bien esbahy .
Puis l'heure étant venue, nous allâmes ensemble en la maison de ville, où nous trouvâmes les seigneurs du premier Conseil (qui sont au nombre de vingt-quatre) assemblés, lesquels ayant su ma venue, soudain me firent introduire en la chambre où ils estoieut assis en bel ordre. Je les saluay, en leur faisant Thonneur let
3u'il me sembloit leur convenir. Ils se .levèrent touà ebout, tenant chacun son bonnet à la main; les syndics, qui étoient assis au plus haut lieu, m'appelèrent
et me firent asseoir à main droite d*eux, ce qae je fis.
Pais je n ' commençaj panir, mais
remercier', te premier des quatre syndics (Henry AuberOy qui n'est pas Tort bon orateur, se leva et me réponmt: « M., les seigneurs qui sont icy sont très ayses que vous ayez recouvré guérison en ce lieu, et quant à ce que vous voulez retourner à Chambéry, vous pouvez parllf qttâkid il vous plaira. » Yoilà ta courte et maigre réponse que me fit lè susdit syndic, de laquelle les autres seigneurs assistants (comme depuis je Tay appris) furent fort faschés, et pensant (jue je voulusse sortir, ils se levèrent tous; mais je repris la parole, et leur dis : c Messeigneur», je vous (dirais encore volontiers quatre mots, sll ypus plaisoit de me donner audience. » Las quatr^ syndics répondirent : « Pites, Monsieur, on vous cnten-* ara trèii, volontiers. »,Lors chacim d'eux retourna s'asseoir et moy au.s8y; puis aussitôt après, je commençai k Içur dire :
•|^A.lai4£t .«repose de «oaféror boro Ue la vUU «vee^kçxoti trbiff qpUqWs #ar use aiOCairo d'imp^rUiDco ; on l«0 envoie h aop logis ; après f^rce prëcautioDS oratoires de part et d'autre, ii'ièor propose de ro<;oiiDattre pour lear prince le duc de Sav^k»; Les uéiéguéfl rép<mdeiit à eette ouverture avei^ une dignité fiète (roirloiAe 11 du ecftie Bi^twe, page 107), dt Âlanlel lermine son récit de In 8orl« : -
M$mieur de tioppimit et mou conUntiérom A mettre du boi9a/ufev que je iHem é^attumer.
,. Tîf^desÀar.aHBft aov^i^KS ue Tciuif (Mémoires seereh
jiur G$nèt0, Mauvacril CCIX, dat4 de Cliaia^ry le 10
iaoviet)l5^0, signé Loys Aliirdet)^ Ce mteoire a été
pnbtté en eatier dans le u» de déeembre 1S58 de la
Bibliothèque universelle de Genève, par M. (iatierpl.
DOCUMENT No XUt
Garissime fili, etc. audivimus majestatem tuam polf/ citam esse dilecto filio nobili viro Em. Philiberto/ Sabaudi^eÔuci, anita; tu» marito, opem atque auxilium
tuum ad recipiendum o|^pidum Gebenneiisem ditioms suae, qua in re adeo consitium tuum laudamus ul n^ a te sapientiùs nec majori laude digoiùs lieri p.osse.jùdicemus. Est enim ea urbs, ut omnes sciunt, fuit que sémper haereticonim onuiium Galliae et ItalisB asjlum;; is est fons unde perditissima consilia manarent ad ,çeai-
tioxies in regno tuo excitandas \ . ^
Romse, apud S. P. die XI junii 1560, anuo II<> .
Ce bref da pape Pie IV est publié en 9011 entier dea» le Kecaeil : Bullarium magnum Romannm (éditioa de 1634, tome IV).
DOCUMENT No XLIII
La Beat. Sua ha depositati XX mille scudi in mano del si|[nor Tomaso de Marini milanese q[uali hanni da servire per defenzione dei Cantoni catolici. Oltre cio S. S. ofTersi che quando il Sgr Duca andera adesso a Ginevra l'aggiutera d'altri XX mille in tre mesi per spenderli secando cbe piacera a S. A. iu eervirio di quella impresa. E di piu S. S. mandera la sua eavallena pagata a sue spese.... S. S. fa ricordare a S. A. che non e a proposito di dar nome a questa guerrache non. sia contra Luterani ma solamente oontra suoi ribelli per ricuperare quella citta ch' e la sua
Cette dëpéehe de cerdinal Borremée (Sl-Charlee) à IL de Colegno, datée de Rome le 18 juin 1560, eoBtioot towê les détails d'exécution de Tassociation formée entre la eour de Borne et le due de Savoie, »ree l*eppvi de la eOQr de FraBce, pour utiliser les fermente de discorde jetée dans la Tille de GeaèTe par l'été(|ve de Mondovi en déeembre 1559. (Rapprocher dn w> ILl.)
DOCUMENT No XJ^iy.
Mons de Raconix^ j'ay veu la requeste que^ ^*^l^ envoyé. de ce paovre peuple vaudoys pour ïe Sién^'etl soulaigement' desquels me suys voIuntiei^.;^e|npl((^j^ envers S. À\ tant pour amour de vous que pbîif la piiiè"
que î'ay de leur misérable fortune et Tay suppliée le
S lus estroictement que j'ay peu de leur octroyer le paron et les aultres poincts sans réussir oour l'entre-
tënement des forteresses que le juste douote de leur instabilité luy fist dresser et qu'il est séant de conserver
pour bonnes asseurances de leur fidélité (35 avril