CHAPITRE X
Oécisioa au sujet de la communion sous le* deux espèces en Allemagne. — Droit aux dignités ecclésiastiques dans les Cercles du Rhin. — Contestation a?ec la République de Venise, à Toccasionde la nomination de l'abbé cooi mendataire de Murano.— Siite refuse au duc de Savoie la nomination des évéques. — Il triomphe de l'opposition du Chapitre de Besançon. — Question du libre arbitre. — DifGcultés avec le sénat de Lucerne. — Interdiction du mariage des eunuques en Espagne. — Approbation d'un concile provincial au Mexique. — Création d'un évèché au Japon. — Confection du Saint' Chrême. — • Droits exigés sur le cumul des bénéfices.
Le règlement des affaires spirituelles à Rome n'était, au seizième siècle, que la partie la moins importante (les attributions du chef de TÈglise. Les décisions ([u'il avait à prendre* pour maintenir dans les pays étrangers la pureté de la Foi, exigeaient encore plus d'attention et de sollicitude que celles applicables seulement dans les États de TËglise. Sixte ne se laissa jamais détourner de ce devoir par aucune considération temporelle ou politique, et il exerça son pouvoir spirituel, en toute occurrence, avec l'impartialité, la justice et l'autorité qui doivent signaler les actes du chef de l'Église catholique.
C'est en Allemagne, dans le duché de Clèves, qu'il eut pour la première fois à intervenir.
Dans les années qui suivirent la réforme de Luther, un grand nombre d'évéques avaient demandé l'autorisation de communier et de donner la communion
SOUS les deux espèces da pain et du vin. Comme cet usage n'était défendu par aucune loi ecclésiastique, et qu'il pouvait contribuer à maintenir les fidèles dans le sein de la religion catholique, le concile de Trente avait remis la faculté de le concéder à la prudence du souverain pontife. En conséquence , Pie IV avait autorisé beaucoup d'évéques d'Allemagne à donner cette permission, selon les exigences des temps, des pays et des circonstances. Ces évoques étant morts, leurs diocésains prétendirent avoir le droit de continuer à recevoir la communion sous les deux espèces, et ils s'adressèrent au successeur de Pie IV, pour la solution définitive de cette question. Grégoire XIII l'avait résolue en ce sens, que le droit accordé par Pie IV était purement personnel aux évéques qui l'avaient obtenu : qu'en conséquence, aucun de leurs successeurs n'était autorisé a s'en servir. Sixte confirma cette décision. Il écrivit le 6 septembre 4586 à Tévéque de Saltzbourg un bref par lequel il lui ordonna de faire savoir aux prêtres , autorisés à donner la communion sous les deux espèces, qu'ils pouvaient continuer jusqu'à leur mort ; mais qu'après eux, les fidèles devraient revenir à la communion sous l'espèce du pain, ainsi qu'elle est prescrite par le concile de Trente, et cet ordre fut ponctuellement exécuté ^.
Il mit également fin à une contestation, pendante depuis dix ans, entre les titulaires des églises situées dans les cercles supérieurs et inférieurs du Rhin. La noblesse des cercles supérieurs prétendait que celle des cercles inférieurs ne devait pas être admise à remplir les dignités de ces églises, par suite d'un pri-