‹ Histoire de Sixte-QuinteChapitre 66 sur 174 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

CanoniMtions de saints : titre de Docteur Sér&phique donné à saint BonaTen-turc. — Fondation du collège de ce nom. — Offices prescrits pour les fêtes de différents saints. — Cardinaux de la création de Sixte-'Ooiiit.

Il y a très-peu de papes qai n'aient pas canonisé de saints ou créé de cardinaux : ceux qui , depuis plusieurs siècles, n'ont pas accompli Tune ou l'autre de ces importantes attributions du vicaire de Jésus- Christ, en ont été uniquement empêchés soit par la trop courte durée de leur pontificat, soit par les troubles et les guerres dont Rome et ritalie étaient alors le théâtre.

Anhné d'un zèle ardent pour la religion, et plein de confiance dans l'intercession des saints. Sixte en canonisa deux pendant qu'il fut à la tête de l'Église.

Le premier était un enfant de la ville de Trente, du nom de Simon, que les Juifs, plus d'un siècle avant, avaient été accusés d'avoir assassiné en haine de la foi. Celle accusation était fréquente au moyen âge, pendant lequel les Juifs vécurent dans un état continuel de suspicion. Il était arrivé plus d'une fois, non-seulement en Italie, mais dans les autres pays catholiques, qu'ils avaient été persécutés sous le prétexte d'avoir tué des enfants chrétiens, dontlesang et les membres, coupés en morceaux, étaient destinés, selon leurs ac-

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cusaleurs, aux plus abominables cérémonies. Tel avait été, disait-on, le sort du Jeune Simon de Trente. Cependant Sixte IV avait suspendu le culte de ce nouveau martyr, par la raison qu'il ne lui avait pas paru suffisamment prouvé que sa mort, par les Juifs, eut été le résultat de violences commises en haine de la religion de Jésus Christ. Mais Sixte-Quint fit reprendre Texamen de la cause, et ayant reconnu que Simon avait été martyrisé, il lui accorda, en 1588, un office et une messe annuelle ' .

Vers le milieu de la même année, à la sollicitation du roi d'Espagne, Philippe II, il canonisa la mémoire du bienheureux D. Diego , autrefois religieux de Tordre réformé de Saint-François, en Andalousie, et celle du Père Félice, capucin, dont nous avons précédemment parlé.

Quelques mois avant, au commencement de mars, imitant l'exemple de Pie V, qui avait admis au nombre des docteurs de l'Église, saint Thomas d'Aquin, sous le nom de Docteur Angélique, Sixte y ajouta saint Bonaventure, cardinal et évoque d'Albano, et il lui donna le nom de Docteur Séraphique, parce que ce grand saint, entre tous les docteurs catholiques, est singulièrement apte, suivant les paroles du savant Gerson, « à illuminer l'intelligence, et à enflammer le cœur de l'amour de Dieu *. »

Aussi, saisissant cette occasion pour flatter le pontife, son poëte ordinaire, Silvio Anloniano, composa ces trois distiques qui eurent beaucoup -de succès :

1. Guerra, t. I, p. 60, 2^ co!., bulle de Bonolst XIV, Beatus Andréas t 3® paragraphe : In hoc secutus esl Sixti Qninti exemplunit etc.

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