Citée par Tempesll, f. I, llb. VI, n® xxvii, p
heureusement doniK^s par ses prédécesseurs, Sixte Tavait enrichi, d'abord en lui attribuant sur la Chambre apostolique un revenu considérable, non-seulemenl comme cardinal, mais encore comme vice-chancelier de rÉglise, charge à laquelle il l'avait promu* malgré sa minorité, et ensuite par lai collation de plusieurs riches bénéfices.
Dans la seconde promotion, qui eut lieu aux premiers quatre-temps de décembre 1585, huit cardinaux furent créés, savoir:
2° Enrico Gaëtano, de rillustre famille des ducs de Simonela, qui adonné plusieurs papes à TÉglise. Envoyé d'abord à Bologne, il fut ensuite légat en France, où il remplaça le cardinal Morosini, ainsi qu'on le verra dans le livre suivaht.
3» Grégoire Drascovitz, noble hongrois, autrefois ambassadeur de l'empereur Ferdinand au concile de Trente. Il fut revêtu de la pourpre romaine sur les sollicitations de l'empereur Rodolphe. Mais il ne jouit pas longtemps de cet honneur : car s'étant mis en route pour venir à Rome recevoir du pape son chapeau de cardinal, il tomba malade à Vienne et y mourut.
4** Jean-Baptiste Castruccio , d'une très-ancienne famille de Lucques ; il était sénateur de cette république, et revint y mourir en 1595. II dut son élévation à l'intimité qui l'avait attaché au cardinal Montalto, avant son élévation à la papauté.
6° Frédéric Cornaro, de l'illustre famille vénitienne de ce nom. Il était évéque de Padoue, fut envoyé au concile de Trente par Pie IV, et mourut sous le pontificat de Grégoire XIV, qui voulut faire lui-même les frais de son tombeau.
6* Dominique Pinelli, Génois, fils d'un sénateur de
cette république. En 15.77, Sixte, alors cardinal, ayant résolu de renoncer à Tévôché de Feriuo, jeta les jeux sur le prélat Pinelli et le fit nommer à sa place par Grégoire XIIL Devenu pape, pour le récompenser de sa bonne volonté, il réleva à la pourpre romaine. Ce cardinal mourut à Rome en 1611 , et son tombeau est à Sainte-Marie-Majeure.
7** Hippolytede Rossi, de Parme, d'une noble famille, allié aux Gonzague par sa mère, évéque de Pavie, jurisconsulte et théologien, qui. s'était fait remarquer au concile de Trente.
8° Decio Azzolino, de la ville de Fermo; il était secrétaire de Sixte avant son élection : c'était un des familiers du pontife. Mais il ne porta la pourpre que peu de temps, car il mourut à trente-sept ans, au mois d'octobre 1587.
9*^ Hippolyte Aldobrandini, né à Fano, mais Florentin d'origine. Il devint pape sous le nom de Clément VIII, et fut le troisième successeur de Sixte-Quint. La promotion de décembre 1586 comprit également huit cardinaux. Elle eut lieu après la bulle qui avait fixé à soixante-dix le nombre des membres du Sacré- CoUége.
Selon le récit d'un historien ', la nonaination des huit nouveaux élus par le pontife n'eut pas lieu sans opposition. Lorsque Sixte eut fait, dans le consistoire, l'éloge des vertus et des services de ces huit candidats, le vieux cardinal Paleotto, qui aimait la contradiction, lit observer que le Sacré-CoUége se trouvait assez nombreux par suite de la dernière promotion, et qu'il ne voyait aucune nécessité de l'augmenter, attendu
1. Cité par Tempesli, t. I, Ub. XV. n^'» xxx et xxxi, p. 2âO.
que le trop grand nombre était contraire à la dignité de ce corps. Sixte répondit aussitôt : — « Dites-nous monseigneur, quel besoin on avait de votre personne, lorsque vous fûtes fait cardinal? » — Paleotto répliqua : — « Très-Saint-Père, ce n'était pas à moi de dire si on avait besoin de ma personne : la vérité est que, lorsque je fus nommé, j'avais servi pendant de longues années la Cour pontificale, d'abord comme simple prélat, ensuite comme auditeur de Rote, et finalement, javais été employé plus d'une fois dans le concile de Trente. » Cette réponse fut accueillie par plusieurs cardinaux avec des signes d'assentiment. Mais Sixte reprit en souriant : — « Que voulez-vous que nous fassions, monseigneur, tout le monde ne peut pas être auditeur de Rote, le concile ne dure pas toujours, et c'est à nous de juger des besoins de l'Église. » — Cette réplique, continue l'historien, fil rire plusieurs des assistants, et tous, sans aucune autre observation, dirent Placet enix nominations proposées. Les huit cardinaux ainsi nommés furent : 10° Jérôme de la Rovère, de Turin, appartenant à Tillustre famille de ce nom, qui avait donné deux papes et onze cardinaux à l'Église. Dans sa jeunesse, il avait terminé ses études à l'université de Paris, et il s'était fait aimer et apprécier par le roi François P', pour ses sermons latins et français, qui furent également loués par le docte Latino-Latini et par d'autres savants. Étant archevêque du Turin, le duc de Savoie l'envoya en ambassade au roi Henri III, et c'est à la sollicitation de ce prince, ou plutôt de sa mère, Catherine deMédicis, qu'il fut créé cardinal. Il mourut à Rome en 1592.
11** Philippe de Lenoncourt, neveu du cîirdinal
Robert de Lenoncourt, qu'il avait suivi dans sa jeunesse à Rome, où il fut surnommé le beau chevalier français. Il devint évêque de Châlons après son retour en France, et il entra dans le conseil de Henri III, qui renvoya en ambassade auprès du Sainl-Siége et le fit nommer cardinal. Il fut substitué plus tard à Tarchevôché de Reims, à la place du cardinal de Lorraine, et il mourut en 1592.
12** Jérôme Bernieri, de Correggio : il était religieux dominicain, et avait été théologien de Grégoire XIII. Sixte l'avait fait évéque d'Ascoli, et, à la recommandation du cardinal Altemps , il l'admit dans le Sacré-Collége : il mourut en 1611.
13*» Antoine-Marie Gallo, d'Osimo; il avait été chanoine de Saint-Pierre, et devint évoque de Pérouse. Il mourut en 1620, sous Paul V, étant doyen du Sacré-Collége.
14* Constant Torri, né à Sarnano, bourg de la Marche d'Ancône, qui fut appelé, par ce motif, le cardinal Sarnano. C'était un simple religieux franciscain, qui avait été l'ami du père Montalto, et l'avait aidé dans ses travaux littéraires. Il mourut en 1595. 15** Jérôme Mattei, appartenant à la première noblesse romaine, et distingué par son savoir et son amour de la justice. Il mourut en 1603.
16° Benoît Giustiniani, noble génois, neveu du cardinal Vincenzo Giustiniani. Sixte l'avait d'abord nommé trésorier général à la place du prélat Buonfiglioli : satisfait de ses services, il le fil cardinal.
17° Ascagne Colonna, prince romain, littérateur très-érudit, auquel le cardinal Augustin Valério, de Vérone, dédia son livre de Ecclesiœ consolatione. 18° Au commencement de 1587, le pape nomma
cardinal, oomme nouâ le raconterons, à la sollicitation du roi d'Espagne, l'Anglais Guillaume Allan. Il était docteur en théologie, et fort versé dans la controverse établie entre les presbytériens et les ministres anglioans.
19^ âcipion Gonzaga, fils du marquis de Mantoue : dans sa jeunesse, il avait été militaire, et fort remarqué pour la beauté de sa personne et Tagrément de ses manières. Il savait à fond les langues grecque et latine^ et fut recherché parles poètes et les littérateurs les plus distingués. Il avait ouvert à Padoue, ville qu'il habita longtemps, l'académie des Eterei, dans laquelle il avait enrôlé un grand nombre de savants et d'écrivains remarquables. Marc-Antoine Muret, Batista Guarini et Torquato Tasso furent ses protégés, et c'est à lui que ce dernier, fuyant les persécutions d'Alphonse d'Esté, duc de Ferrare, adressa sa tonehante justification, en tête de laquelle il fait le plus magnifique éloge de Soipion Gonzaga, qui n'était encore que prince de l'Empire *. Sixte l'avait d'abord nommé patriarche de Jérusalem : il le créa cardinal du titre de Sainte-Marie du Peuple, église qu'il venait d'ajouter à celles anciennement en possession du titre oardinalesque.
20° Antonio-Maria Sauli, noble génois, vice-légat eî^ Jlspagne et en Portugal pendant longtemps. Gréé par Sixte archevêque de Gônes, le 27 novembre 1585, il fut nommé cardinal et désigné légat a hterey pour surveiller la flotte de dix galères que le pontife avait armée contre les corsaires turcs et barbaresques.
2i** Gianvangelista Pallotta, de Camerino, arche-
1 . Voyez Prose fihsoficbe di ^or^uqjp Tamo, Firenxe. fer Akide ^arenti, 184?, vol. U,' p. 401 et suiv.
Yôque de Cosenza, dans le royaume de Naples, modeste autant que charilable.
22** Pierre Gondi, archevêque de Paris, ué df^ns cette ville de parent» florentins, frère germain du maréchal de Retz, nommé à la demande de Henri III,
23*» Stefano Bonucci, évoque d'Are?zo, religieux servite : général de son ordre, il avait accompagné h Tolède, en qualité de théologien, aipsi que le père Montalto, le cardinal Buoncompagni s
24° Jean Mendo^za, Espagnol, d'unç des plusgraur des famille? de ce pays. Il était chanoine de Salamanque et de Tolède, et fut fait cardinal à la sollicitation de Philippe II.
25° Ugon di Lubenz Verdala, grand maître de Tordre des chevaliers de Malte, dont il a été question à l'occasion de la guerre survenue entre cet ordre et la république de Venise ". Invité h se rendre à Rome par le pape, il y fit son entrée solennelle par la porte Saint^Jeap de Latran, dans le mois de décembre 1587, et fut accueilli avec la plus grande distinction» Après avoir prêté sermept d'obéissance au Saint- Siège, il résida deux mois dans le palais du Vatican. Le souverain pontife lui accorda le droit de faire grâce de la vie aux condamnés, sans l'assentiment du conseil de l'ordre, ce qui était contraire à la règle des chevaliers; il lui permit de surmonter ses armoiries d'une couronne royale, et l'autorisa en outre à prélever, pour ses dépenses particulières, cent-soixante mille écus d'or (environ 1,300,000 fr.) sur les revenus des biens de l'ordre. Enfin, il le créa cardinal en lui suggérant Tidée de l'emparer de la Terra sainte,