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Hôtel de la Chambre de commerce

2. V. F. Dumas, L'achat de l'hôtel de Bastard par la Bourse des marchands de Toulouse, en 1778 (Revue des Pj^rénées, 1912, 533).

3. Les plans et devis du dôme, de 1783, sont de Delor, architecte. l,e système de charpente qui recouvre cet édifice est remarquable par sa simplicité grandiose, le dôme est surmonté d'un belvédère, à huit colonnes d'ordre ccrmthien, supportant la bande et la croix en fer et cuivre doré; la hauteur totale est de 67 mètres. Toulouse monumentale et pittoresque, Cayla et Cléobule Paul, p. 222.

de l'hôpital. Leur situation linancière obligea les capitouls à prélever en leur faveur une somme sur les billets de théâtre, origine de la taxe actuelle d'assistance publique.

Il existe, à Toulouse, peu d'édifices religieux qui datent Les moniiments du xviii^ siècle; il est même remarquable que ses églises du moyen âge aient presque complètement échappé à une

religieux.

Kglise St-Etienne

Retable de Pierre Alerciei (1660-68) Cathédrale de Saint-Etienne

reconstruction ou à une modernisation qu'imposa trop souvent ailleurs le goût italo-classique. Le chapitie de Saint- Etienne n'émettait-il pas le vœu, en 1771, qu'on démolisse la nef de Raimon VII comme indigne du chœur? Il est heureux que l'argent ait manqué pour anéantir cette œuvre admirable du passé (^). La seule démolition, à jamais déplo-

I. Saint-Etienne. - Tapisseries et Vitraux. — D'importantes tapisseries restent à la cathédrale de Toulouse : un groupe figurant la naissance de saint Etienne et Sa lapidation (1532-1534), !■- Christ et saint Pierre, la pêche miraculeuse (1530);

Le monastère

et l'église de la Daurade.

Ecole des Beaux-Arts

rable, de la vieille église de la Daurade a fait disparaître le vestige le plus ancien de notre cité. lyC dédain général qu'on avait pour l'époque « gothique » — ce ternie était synonyme de barbare — a même empêché qu'on en conservât les mosaïques qui lui avaient valu son nom.

lya vénérable abbaye subit de graves modifications au xviii® siècle et qui ne sont pas toutes à regretter. Au milieu de ce siècle, les Bénédictins reconstruisirent le logement des moines; ainsi s'élevèrent ces trois corps de bâtiments en équerre, simples, mais d'une ordonnance harmonieuse, qui sont devenus aujourd'hui l'école des Beaux-Arts(^). Si l'on abstrait par la pensée, la façade de pierre moderne, d'une inexcusable laideur, le reste demeure un bel exemplaire du style néoclassique, et ses briques rousses donnent à ce bâtiment le coloris d'un palais florentin. La construction des quais entama ou abolit les jardins du couvent, qui descendaient en terrasses sur le fleuve. Quant à l'église elle-même, en 1760, on entreprend la construction d'une coupole, après démolition de la voûte; en 1761, on s'aperçoit que les murs de l'église se lézardent et on décide de démolir le vieux sanctuaire, au lieu de le consolider. La démolition s'opéra de 1761 à 1765, les offices ayant lieu dans un local provisoire établi dans les écuries anciennes du monastère. La construction du nouveau sanctuaire commença en 1764, puis fut interrompue. Des contestations retardèrent jusqu'au 15 mai 1775 le reprise des travaux; ceux-ci, sous la direction de l'architecte Hardy, ancien collaborateur de Cammas, durèrent

un autre représentant la vie de saint Etienne et les Saints évêques de Toulouse (1610-1612), et aussi quatre tapisseries de 1808, représentant quatre scèn.s de l'ancien testament. Pas un seul vitrail de la cathédrale n'a été conservé en entier. Les vitraux de la rose (xv^ siècle) figurent l'Eglise triomphante ; ceux du xiv« et du début du xv*, les plus anciens représentent l'évéque saint Martial, sainte Catherine, l'Annonciation (4*^ chapelle à droite du chœur); ceux de la chapelle St- Joseph (2® chapelle de l'abside, xv^ siècle) figurent le roi Charles vu et le diuphin Louis, devenu Louis xi, à genoux; ceux du xvi^ siècle (dernière chapelle du chœur, côté nord), consacrés à la descente de la croix; les vitraux du xvn® siècle, exécutés sur les sept grandes fenêtres de l'abside (décrits par Lasbordes l'Eglise Saint-Etienne, 1890), représentent des évêques de Toulouse, des apôtres, et, dans la fenêtre centrale, le Christ apparaissant à la Vierge, tenant la croix de résurrection et une oriflamme. (V. Raymond Rey, La Cathédrale de Toulouse, Henri Laurens, 1929.)

I. Démolition et reconstruction de la Daurade. Abbé Degert (Bulletin de la Société Archéologique, séance du 28 mars 1905 et 1903, p, 296), — Ecole des Beaux-Arts et des Sciences industrielles. Henri Rachou.

longtemps; la nouvelle Daurade n'était pas achevée en 1789; sa façade, assez médiocre, ne lui fut donnée qu'à la fin du XIX® siècle; elle n'a jamais reçu la coupole que le plan prévoyait et qui eût pu compléter heureusement sa physionomie. Elle demeure une imitation — moins les vastes dimensions — de Saint-Pierre de Rome, monument qui a toujours hanté le cerveau des architectes religieux au xvii® et au xvni<' siècles. Entre temps (1766), la tour qui formait l'ancienne entrée du

Autel de l'Eglise Saint-Pierre, avec les anges

de François Luca», et les candélabres de Gaillard, dessinés par Cammas (XVIII® siècle)

Pont-Couvert, sur la rive droite, avait été démolie. En 1780, le cimetière fut transporté à Saint-Cyprien, en vertu de l'ordonnance du 28 juillet, qui supprimait les nécropoles dans l'intérieur des villes et interdisait tout ensevelissement dans les églises {^).

Saint-Pierre des Chartreux reçoit enfin son dôme en 1780- 1787. C'est une œuvre élégante, qui fait honneur à François Cammas, auteur du plan, et à Hardy, l'architecte. ly' intérieur

I. Iv'ancienne église Sainte-Marie de la Daurade, de style byzantin de la Gaule chrétienne, a été détruite au xvni* siècle. I^a pose de la première pierre eut lieu

Autres bâtiments :

Saint-Pierre,

le Petit Lycée.

Les hôtels particuliers :

de Montbel, Dassier, de Sapte, de Mourlens, de Nupces.

lumineux de l'église donne tout leur attrait aux groupes sculptés par Montreuil (les anges musiciens aux quatre piliers qui supportent le dôme), aux bas-reliefs de Pierre Lucas (les vertus chrétiennes) et surtout aux . anges de l'autel, œuvre charmante de son fils François Lucas. Le xviii^ siècle n'a rien produit à Toulouse de plus séduisant. De la vieille église Saint-Quentin, abandonnée depuis longtemps, rétablie à grands frais par la corporation des libraires, et de nouveau bénie le 4 mai 1740, il ne reste plus rien. Mais l'ancienne bibliothèque du clergé est devenue les Archives départementales, et le grand bâtiment construit par les Jacobins en 1772, en façade sur la grande cour, avec son pavillon central à fronton triangulaire et son grand escalier de pierre à rampe Louis XV, est occupé maintenant pai le Petit Lycée.

Toulouse possède une assez grande qitantité de beaux hôtels du xviii^ siècle; ils appartiennent à peu près tous à des familles parlementaires et se trouvent réunis en majeure partie dans les rues aristocratiques situées entre la rue des Changes et le Parlement. Si l'extérieur n'attire que par la noblesse et la simplicité élégante des lignes, il retient le regard par la délicatesse artistique des ferronneries des balcons; mais surtout l'intérieur, avec ses escaliers à belles rampes, ses grandes salles de réception, ses boiseries sculptées, ses peintures et ses glaces, tout dit le luxe de la vie mondaine qui fut le principal passe-temps de la haute société. De ces immeubles décoratifs, bien peu subsistent aujourd'hui de façon complète : les ventes en ont dispersé les parties les plus intéressantes (^).

le 15 mai 1775. I^'architecte en fut Hardy. Les travaux, interrompus pendant la Révolution, ne furent terminés que sous le premier Empire. I,a Vierge ncire de la Daurade est ainsi désignée dans nos docviments d'archives en 1674; mais, bien antérieurement, elle était invoquée à l'occasion des grandes calamités publiques, soit déposée dans le sanctuaire de l'église, soit portée en procession dens les rues de la ville. Dans un ouvrage daté de 1657, à Francfort, im père jésuite bavarois, mentionnant cette Vierge noire, indique qu'elle est en bois noir, de même que l'Enfant Jésus cju'elle porte sur son sein. Il précise que les Pères ténéelictins qui régissent l'église n'en connaissent pas l'origine. Brûlée sous la Révolution, ainsi qu'il sera dit plus loin, elle fut remplacée par une autre statue, en 1806.

I. Le baron de Bouglon, dans une communication à la Société archéologique, en mentionne queleiuts-mics, notamment les peintures et boiseries de l'hôtel du Barry (Bénédictines), place Saint-Semin; un salon avec chinoiseries et trophées d'instruments de musique, 41, rue des Récollets, etc..

Iv' architecture demeure, par boulieur, et le quartier des beaux hôtels n'a pas encore subi d'atteintes irrémédiables. Rue de la Dalbade, où s'alignent les demeures des parlementaires, signalons les façades d'un style Louis XVI assez pur de l'hôtel de Mont bel (n" i8), de l'ancien hôtel des Le Mazu3^er (n" ii) et des Bastard (n^ 7). Rue des Couteliers, 46, s'élève le bel hôtel Dassier dont la rampe d'escalier, de Bosc, est un chef-d'œuvre d'art. Rue Joutx- Aiguës, n" 3, l'hôtel de Sapte, construit par Jean-Etienne de Sapte, seigneur du Puget, président à mortier en 1763, est d'un beau style Louis XV. Dans l'ancienne rue du Vieux- Raisin, 30 (aujourd'hui rue de Languedoc, 34), le conseiller Jean-Pierre Labat de Mourlens achète à Jean-François de Saint-Laurent son office et son hôtel, qu'il transforma tel qu'il est aujourd'hui, avec sa rampe de Joseph Bosc, une des plus belles de cet artiste. Non loin de là, rue de la Bourse, on peut voir le grand portail monumental, la vaste cour et les arcades surmontées de hautes fenêtres à pilastres de l'hôtel élevé, probablement vers 1716, par le conseiller Jean-Georges de Nupces. Au no 16, la façade Louis XVI de l'ancienne hôtellerie des Quatre-Saisons offre de beaux balcons en fer forgé.

L'hôtel Bonfontan, demeure de Philippe, marquis de Bonfontan, capitoul gentilhomme de 1786 à 1790, au 23, rue Saint-Etienne, garde encore ses balcons signés d'Ortet (1771).

Celui de François de Roux, seigneur de Puyvert, 8, rue Bouquières, derrière son grand portail de biais, élève autour d'une spacieuse cour trois corps de bâtiments d'un beau style : l'escaHer et le cadran solaiie avec méridienne (la seule existant à Toulouse) constituent des curiosités intéressantes de cette magnifique résidence.

L'hôtel Mac Carthy (^), aujourd'hui Louis Courtois de Viçose, rue Mage, n» 3, du style Louis XV, avec sa porte monumen-

Hôtels

Bonfontan,

de Puyvert

Comtois de Viçose,

Virbent, Fumel, Spinola,

Ferreil,

Niquet, Fajolle,

Du Barry,

Chalvet.

I. lyC comte Mac Carthy, possesseur de grands biens en Irlande, avait formé, dans son hôtel, une importante bibliothèque enrichie de livres précieux; elle portait cette inscription d'Osymandyas, à Thèbes : Pharmacie de l'âme. Le commencement du xix« siècle devint, pour l'hôtel, comme une époque de deuil et de vicissitudes. Après les jours de splendeurs survinrent les jours de revers, et cette bibliothèque, qui avait une notoriété européenne, fut dispersée par la vente aux enclièrea, le II décembre 1811, après le décès de Mac Carthy; l'un de ses volumes, le célèbre Psautier de Mayence, fut adjugé à la Bibliothèque Nationale. Mac Carthy recevait dans la salle de cette même bibliothèque, « armée de sujets symboliques et variés

taie ornée d'une tête à son voussoir central, ne lui cède en rien par l'ordonnance et la noblesse de sa cour d'honneur, de ses façades, l'une sur jardin, l'autre sur cour, avec ses hautes fenêtres surmontées d'un attique paré d'un fronton triangulaire. 1/ aménagement intérieur est combiné avec art; la rampe d'appui du grand escalier, en enroulements de fer, a été forgée par Bosc, dans le même style élégant que ses portes de l'église Saint-Pierre ; une salle à manger Régence,

Hâkl Courtois tle Vlço,}e (d'Espie Cour d'honneur (XVIII® siècle)

't^Loto Labouche

unique en ce genre, termine une longue suite de salons, spacieux, élevés, richement décorés et meublés, s'ouvrant sur le jardin. Tout, dans cet hôtel, porte la marque du goût de son époque, goût de noblesse et de grandeur.

Ce sont là, à coup sûr, avec l'hôtel de Fumel déjà mentionné,

couvrant les métopes de la frise .., et on lui faisait, les jours de réception tant de compliments flatteurs, dans cette pièce, qu'il l'avait surnommée la Salle des mensonges. Construit vers 1750, sur les plans de l'architecte renommé de Savignac, par le comte d'Espie, cet hôtel fut vendu inachevé 46.000 livres au marquis de Chalvet, sénéchal de Toulouse. A son tour, le fils de ce dernier l'avait aliéné, en 1773, au riclie Irlandais comte Mac Carthy Reagh, et c'est en 1868 qu'il est passé aux Courtois de Viçose, très ancienne famille toulousaine, dont ks ancêtres figurent avec honneur sur les annales de notre ville, huit fois parmi les capitouls, depuis le xvi^ siècle, et quatre fois parmi les parlementaires.

les spécimens les plus intéressants de l'architecture privée au XVIII® siècle.

Il faut également signaler : l'hôtel du capitoul Davane de Virbent, 20, rue Mage; l'hôtel Muriel ou Spinola, i, place Saintes- Scarbes, époque Louis XV; celui du petit-fils du capitoul Ferreil de Lafage, place Saint-Georges, 20 (époque lyouis XV) ; celui du président Niquet, rue d'Astorg, et, enfin, la demeure du conseiller Jean -Claude- Anselme Fajole, 13, rue des Fleurs (^) (toujours époque Louis XV).

Il est encore bien des logis, notamment en dehors de la zone que nous avons délimitée; jusque dans l'ancien bourg, ou dans les faubourgs, on découvre, en flânant, des demeures que leurs façades ou quelques détails situent immédiatement dans cette époque encore si proche de nous : tel est l'hôtel de Jean du Barry, place Saint-Sernin, devenu, par une singulière ironie, un couvent de Bénédictines, puis une annexe du Lycée de jeunes filles (^). Les belles demeures ne manquent pas davantage dans la banlieue; une des plus belles, assurément, était le château de Merville, entre Castelnau-d'Estrétefonds et Montastruc, appartenant aux Chalvet de Rochemonteix, constiuit de 1743 à 1759, et célèbre par son magnifique parc à la française.

Toulouse, au xvili® siècle, est en voie de transformation; Conclusions. elle perd, progressivement, son aspect médiéval; ses vieilles fortifications, toujours debout, n'ont plus aucune signification; aussi sont-elles, çà et là, entamées : une tour du Bazacle est abattue en 1778; les portes de Muret et de ri?le disparaissent peu après; la porte Villeneuve est déjà à moitié démolie; l'ensemble des portes Montgaillard et Montoulieu avait été gravement modifié par l'E^rplanade. Les programmes de grands travaux se multiplient à la veille de la Révolution ;

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