RAPPORT DE BARÈRE
vention , daas la séance du 25 décembre, proposa d'envoyer à Troyes le représentant Bô, pour réduire à la soumission l'aristocratie marchande, selon lui, « la plus vile de toutes, ^> qui avait levé la tête. Les députés des sections ayant insisté pour se faire entendre, Barère les renvoya au représentant auquel on venait de donner de pleins pouvoirs (1).
Cependant les sections, pleines de confiance dans leur cause, procédaient à Tépuration des autorités. Presque tous les anciens membres du comité révolutionnaire, appelés par Rousselin aux fonctions administratives, furent désignés comme ayant perdu la confiance du peuple. Quelques-uns d'entre eux, tels que Rondot, essayèrent de se disculper; ils furent interrompus par les clameurs de l'auditoire (2). Certaines sections allèrent plus loin. Elles demandèrent l'élargissement de plusieurs détenus; elles voulurent que Sutil, Labouret et Brocard fussent rappelés à l'administration du district. Ce fut d'accord avec la Société populaire, que les sections dressèrent ces listes; elles furent renvoyées aux comités de surveillance par l'ordre de Rousselin, qui voulait surtout gagner du temps (3).
Il est probable qu'il apprit dans la journée du 26, par le retour de l'adjudant Fleury, l'appui que lui avait donné Barère et l'envoi du représentant Bô. Il demanda au conseil général de lever la consigne qui retenait Gâchez chez lui (4). Le conseil
(1) Moniteur, n°97. Hist. du Terrorisme, p. 21.
(2) Dép. Levenstein. Arch. de l'Aube, L. 1551.
(3) Séances des 4 et 5 nivôse. Reg. des comités. Arch. de Troyes.
(4) Voici le billet qu'il écrivit à ce sujet : « La consigne pour Gachei