ORDRES DONNÉS PAR BÔ
Christ. Rousselin parla ensuite ; il fit Téloge de Gâchez, en annonçant que le représentant le recommanderait lui-même à la Convention. BÔ confirma ces paroles, mais des murmures s'élevant de toutes parts contre l'apologie du maire sans culotte, il donna Tordre aux musiciens de jouer un air patriotique. Le soir, des illuminations et des danses célébrèrent le triomphe des partisans de Rousselin et de Gâchez [1).
Le même jour, BÔ ordonna au district de faire une enquête sur les événements qui avaient eu lieu depuis le 20 décembre. Le lendemain, il réunit à la maison du district les bureaux des huit comités de surveillance, dont les membres Taccueillirent aux cris de : Vive la République I Vive le représentant BÔ I Vive la Montagne I Bô leur tint un langage menaçant. Il leur dit qu'il les avait réunis immédiatement parce qu'il était pressé de se rendre dans la Marne ; il leur enjoignit de surveiller les intrigants et les meneurs, et leur déclara que les sections ne s'assembleraient plus en permanence (2) . Le même jour il réclama les procès-verbaux de la commune, et exigea d'elle des explications par écrit sur l'ordre de tirer le canon à son arrivée (3).
Il ne suffisait pas d'intimider les habitants par des menaces; il fallait les terrifier par des actes.
(1) Journal du Département du 24 nivôse. Hist. du Terrorisme, p. 24.
(2) lettre de BÔ du 10 nivôse. Comité de surveillance de la 4* sect. Arch. de l'Aube, L. 1591.
(3) Dél. mun. du 11 nivôse. Lettre du même jour. Arch. de Troyes. Les membres du conseil général de la commune, dit cette lettre, déclarent qu'en arrêtant que le canon serait tiré, ils n'ont considéré en cette démarche qu'un signe d'allégresse donné au peuple pour le prévenir qu'un pacificateur et un libérateur arrivait dans ses murs.