MIDRE ET LE 9 THERMIDOR
Le représentant Manre et le 9 Thermidor.
Directoire du département — Séance publique du onze thermidor, Van second de la République française, une et indivisible, •
. . . Est entré le représentant du peuple, Maure, qui, après avoir, sur l'invitation du président, pris place parmi les membres, a dit : qu'il venait informer l'administration du nouveau complot tramé contre la République ; que des hommes, investis d'une grande confiance, qu'ils avaient usurpée par des dehors patriotiques , étaient les chefs d'une conspiration qui ne tendait rien moins qu'à nous ravir la liberté, et à nous donner un nouveau tyran; que Robespierre, ce nouveau Cromw^ell, Couthon, Saint- Just, ses infâmes complices, venaient heureusement d'être démasqués et arrêtés au milieu de la Convention nationale ; qu'avant peu ils subiraient la peine due à leurs forfaits ; mais qu'il serait dangereux, cependant, de se livrer à une trop grande sécurité ; que sans doute ce vaste complot avait des ramifications jusque dans les départements ; que des conjurés pouvaient y être répandus pour porter le peuple à des mouvements liberticides ; qu'il était du devoir des administrations de surveiller plus que jamais pour déjouer toute entreprise contre la tranquillité publique; qu'il se joindrait aux corps constitués, les seconderait de toute son autorité dans ce moment de crise, et qu'on ne pouvait douter que par ce concours de zèle et de bonne volonté on comprimerait facilement les malveillants et les traîtres, s'il en était d'assez audacieux pour se montrer.
L'administration, après avoir témoigné au citoyen Maure toute l'indignation dont elle était pénétrée contre les infâmes qui avaient cherché à redonner des fers au peuple français, et protesté de son attachement inviolable à la liberté et à la Convention nationale, autour de la-