EMPLOI DE LA TAXE SDR LES RICHES
révolutionnaire d'avoir mis en réquisition des denrées et des comestibles pour alimenter la table de ses membres. On signala les orgies scandaleuses auxquelles ils se livraient, tandis que les sans-culottes pauvres restaient dans le besoin (1).
Comme il arrive presque toujours en pareil cas, les chefs disposaient de la part du lion, et la réservaient pour eux. Pour satisfaire aux réclamations des pauvres, qui étaient nombreux, on ordonna leur recensement; mais en même temp», Rousselin engageait les comités de surveillance à accorder les certificats d'indigence avec moins de facilité (2). Le commissaire civil avait déclaré que les produits de la taxe révolutionnaire seraient le gage des veuves, des orphelins et des vieillards sans-culottes. Ils n'en reçurent qu'une faible partie ; 42,633 liv. furent remises à Gâchez et au comité, pour dépenses secrètes et révolutionnaires. C'était Rousselin qui signait les mandats ; c'étaient les chefs du parti qui disposaient des sommes sans contrôle, et l'on peut ajouter sans scrupule. Du 4 au 10 décembre. Gâchez toucha 20,000 liv. en trois mandats, pour « distributions employées révolutionnairement et secours provisoires (3). » Les sansculottes, qui n'étaient pas admis au partage de ces fonds secrets, commençaient à murmurer; ils es-
(1) Séance du club des Jacobins du 26 messidor. Moniteur , n° 303. Hist. du Terrorisme, pp. 10 et 12.
(2) Délib. du 7 frimaire. Arch. de l'Aube, L. 53. — Lettre de la municipalité du 11. Arch. de Troyes.
(3) Etat de la Taxe révolutionnaire. Arch. de l'Aube, L. 1509. Gâchez remit le 29 frimaire 4,000 I. aux comités de sections pour les indigents et les infirmes. Id. L. Ii52. On trouva seulement dans sa caisse, le 12 nivôse, 3,738 1. sur les fonds destinés à secourir les indigents. Dél. municipale.