‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 95 sur 351 · BOUILLE A BAR-SUR-AUBE · texte numérisé non relu

BOUILLE A BAR-SUR-AUBE

sivement sacrés, dit-il ; les bornes du monde et la voûte des cieux sont les limites du temple de l'Eternel. » Il motivait sur ces phrases déclamatoires la confiscation, la destruction et Tenlèvement de tous les signes extérieurs du culte qui, d'après un récent arrêté dé Rousselin, devaient être « soustraits (sic) ou effacés dans la huitaine (1). » Il décida qu'ils seraient enlevés, effacés ou cassés dans les vingt-quatre heures ; il prescrivit la descente des cloches, la vente ou la location des presbytères, la confiscation de l'argenterie armoiriée et de l'argent ou or monnoyé, non déclaré par les particuliers; il voulut que Ton fît de nouvelles listes de suspects (2). Un détachement du bataillon du district d'Ervy l'accompagnait; les suspects arrêtés furent nombreux ; on les envoya à la maison d'arrêt de Troyes, d'où ils furent transférés au Séminaire. Sur ses ordres, les municipalités s'empressèrent de faire l'inventaire des églises et d'envoyer la liste de toutes les personnes de chaque commune, qui possédaient des croix, des cœurs, des bagues en or et en argent (3).

C'est en vain qu'on a cherché à excuser de semblables actes, en leur donnant pour prétexte la nécessité de défendre la France contre l'étranger. En admettant même que le salut public exigeât l'arrestation des suspects, accusés d'être favorables à la cause des émigrés, il ne pouvait mo-

(1) Arrêté du 15 frimaire. Arch. de l'Aube, L. 13.

(2) Arrêté du 22 frimaire, Imp. Vitalis à Bar-sur-Aube. (Jet arrêté fnt révoqué le 30 par Bouille.

(3) Lettres des municipalités du district du 29 frimaire. Arch. de l'Aube, L. 1585.

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