AEDIFICAVÉRVNT ET DD. PP
Depuis cet arc de triomphe jusqu’à la ville s’étend une chaussée pavée en pierres noires et bordée de chaque côté par un petit mur à hauteur d’appui.
Vers l’extrémité de cette chaussée est un magnifique portique , sous lequel on passe pour entrer dans une grande esplanade , où sont les ruines de trois temples contigus , dont il ne reste que quelques pans de murs avec des frontons parfaitement conservés.
Dans chacun de ces temples est une niche, qui a dû avoir autrefois sa statue; ce qui est particulier au temple du milieu , c’est que derrière sa niche on remarque une petite cellule , qui servait sans doute aux oracles.
En s’avançant à huit lieues (82 kilomètres ) à l’ouest de Qayroudn on arrive aux ruines de Trouzzah ( Tuzzo de Etolémée). Ce lieu renferme plusieurs chambres souterraines et voûtées, qui sont toujours ^remplies d’une vapeur chaude
sa nouvelle souveraineté à son fils Abou-L~ Abbâs-Abd- Allah, dont les descendants se maintinrent sur le trône pendant un siècle entier, et furent renversés par les Fatimiles l’an 296 de l’hégire (908 de l’ère chrétienne.)
L’UNIVERS
et sulfureuse ; ces thermes naturels, que les Arabes fréquentent, ont fait donner à l’endroit où ils sont situés le nom de Hammam Trouzzah, c’est-à-dire les bains chauds de Trouzzah.
A quelques milles au sud de Trouzzah on rencontre, sur les bords de la rivière Mergalyl, les vestiges d’une grande cité, probablement autrefois Aqux Regiæ ; puis à quatre lieues (16 kilomètres) vers l’ouest, sur les bords de la rivière Défdylah, les ruines de l’ancienne Mascliaiiis .
La rivière Défaylah a sa source dans une chaîne de montagnes nommée Gebel- M égala (1), et qui s’étend depuis Trouzzah jusqu’à Spaytlah. Les Arabes cultivateurs des plaines que parcourt cette rivière ont coutume d'arrêter son cours par des digues et de la faire déborder , pour opérer par ses eaux l’irrigation de leurs cultures, et subvenir au manque d’eaux pluviales dont elles sont rarement favorisées.
A six lieues environ (24 kilomètres) vers l’ouest de Spaytlah , on aperçoit la ville de Qassareyn, assise sur une éminence autour de laquelle la rivière Derb serpente d’une manière agréable, arrosant les belles prairies qui l’entourent.
Sur une éminence qui semble presque suspendue en saillie au-dessus de la rivière, et qui fait face au nord-est, s’élève un arc de triomphe plus remarquable par la masse de ses matériaux que par l’élégance de son architecture : il ne se compose que d’une grande arcade surmontée d’un attique , et d’un entablement qui semblerait appartenir à l’ordre corinthien , si les pilastres qui le supportent n’étaient évidemment gothiques.
On y lit l’inscription suivante :
COLONIÀE SCILLITANAE
Q. MANLIVS FELIX C. FILIVSPAPERIA RECEP- TVS POST A LIA ARCVM QVOQVE CVM INSIGN1BVS
COLONIAE SOLITA IN PATRIAM LIRERAL1TATE EREXIT OB CVIVS pÉDICATIONEM DECVRIONIBVS SPORTVLÂS CVRIIS EPVLAS .
(i) Le nom de Gebel-Megala paraît être un composé hybride, comme celui de Bazil- Bdb. ( Voyez ci-dessus la note 6, page 2 5. ) Gebel-Mégala signifiera alors grande montagne , étant formé de l’arabe gebel ( montagne ) et du grec p-eydoXY) {grande).
Au-dessous de cette grande inscription et au-dessus de la clef de la voûte on aperçoit encore les restes d’une autre inscription en plus petits caractères; mais on n’y peut plus déchiffrer que les mots suivants :