‹ Histoire de Tunis; précédee du̕ne description de cette régenceChapitre 68 sur 77 · L'UN · texte numérisé non relu

L'UN

La légende circulaire renferme la phrase votive suivante :

Jllahoummdâm moutk-ho, —ft/dérélrdjehâd Tonnes.

« Que Dieu éternise son règne ! — dans « le siège de la guerre sacrée, Tunis, »

Puis on lit la date de l'avènement du prince, 11 96 de l'hégire.

La première observation que me fournit celte légende est que cette même date, ici exprimée en chiffres , se trouve également représentée par les caractères composant les quatre mots de la légende intérieure , réunis à ceux des trois premiers mots de la phrase votive qu'offre la légende circulaire, eu prenant ces caractères dans leur valeur arithmétique; car ou sait que toutes les lettres arahes ont, indépendamment de leur valeur alphabétique, une valeur arithmétique, dont l'usage remplace fréquemment les signes de l'arithmétique décimale.

La seconde observation est que ce sceau est gravé sur une grande cornaline vivement colorée, pierre à laquelle les Orientaux attribuent la plus puissante influence pour le bonheur de ceux qui la portent ou qui en font habituellement usage (I).

(i) Voyez ci-dessus, page 140 , ce que rapporte le docteur Frank des influences hygiéniques attribuées par les Tunisiens aux diverse* pierres précieuses. Mais, indépendamment de ces effets physiques, les préjugés du vulgaire dans l'Orient attachent a l'usage des pierres précieuses des influences morales et surmitnrt-lles.

Un écrivain arabe, nommé Tey/dchy, dont le manuscrit est conservé à la Bibliothèque nationale, a consacré un ouvrage entier h retle matière, et sa pharmacopée telesmatique est l>eaucoup plus étendue que relie qui nous a été donnée parle docteur Franck.

Suivant lui , le rubis ( yâqotit ) fortifie le cœur, éloigne la foudre et la peste : il apaise la soif, arrête le flux de sang, etc.

L'émeraude ( zemroud ) guérit la piqûre des vipères, ou toute antre blessure venimeuse; elle aveugle même les serpents auxquels on la présente ; elle chasse les démons et les mauvais esprits; c'est un spécifique contre l'épilepsie, les douleur* d'estomac, les maux d'yeux.

D'après ces deux considérations, on ne sera pas étonné d'apprendre que les Tunisiens aient regardé le sceau de leur prince comme un talisman auquel il a dd la prolongation remarquable de soo règne.

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