‹ Histoire de VersaillesChapitre 84 sur 99 · RUE DES PRÊTRES ET RUE SAINT-FIACRE · texte numérisé non relu

RUE DES PRÊTRES ET RUE SAINT-FIACRE

Deux petites rues placées de chaque côté de l'église Saint-Symphorien, et dirigées du sud au nord, de la rue des Condamines à la place de Montreuil. Elles ont chacune 80 mètres 50 centimètres de long, sur 9 mètres 50 centimètres de large.

A l'angle de la rue des Prêtres se trouve une maison qui était, avant la Révolution, le presbytère. Ce presbytère appartenait à l'église. 11 a été vendu en 1791 comme bien national.

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RUE DES CONDAMINES.

Dirigée du sud au nord, cette rue s'étend de la rue Champ-la-Garde à- l'église Saint-Symphorien. Elle a 327 mètres 20 centimètres de longueur et 12 mètres 20 centimètres de largeur. Son nom lui vient, ainsi que nous l'avons déjà dit pour la rue Champ-la-Garde, du dernier bailli de Versailles, M. Froment, seigneur de Champ-la-Garde et des Condamines, deux terres dont il portait les noms. En 1793, on lui donna le nomdeBrutus. Depuis elle a repris celui des Condamines.

N° 4. — Asile Maternel des petites filles délaissées, institué et dirigé par mademoiselle Catherine Portz.

En 1860 , l'Académie française récompensa par un prix de vertu de 3,000 fr. la digne fondatrice de cette institution charitable. Nous sommes heureux de consigner ici les paroles prononcées à ce sujet devant l'Académie par M. de Rémusat, dans son rapport sur les prix Monthyon, de 1860 :

« Mademoiselle Catherine Portz a reçu une éducation soignée. Elle a rempli, dans plus d'une famille honorable, les fonctions d'institutrice, que sa mauvaise santé l'a forcée d'abandonner. Retirée dans un couvent de Versailles, elle y vivait du modique profit du travail de sa jeunesse, lorsque, dans la solitude et l'inaction, une pensée, qui avait de tout temps assailli son esprit, acheva de s'en emparer et devint la grande résolution de sa vie. Depuis que saint Vincent de Paul a parlé, on a cherché le moyen de sauver de l'abandon les enfants-trouvés. La loi a confié à l'État la tutelle de leur vie ; mais l'État ni

la loi n'ont pu leur donner une famille. Et pourtant comment, sans la famille, acquérir cette éducation morale qui fait l'honnête homme, le citoyen, le chrétien ? A ces êtres privés d'une famille naturelle, ne serait-il pas possible d'en créer une artificielle qui leur rendit les soins que leur destinée semble leur refuser? C'est à résoudre cette question que mademoiselle Portz se promit de consacrer son existence. Une fois décidée, rien ne l'arrête ; vainement on prétend la détourner d'une entreprise qui semble supérieure à ses forces. Des mères respectables veulent l'appeler à elles et lui confier leurs filles.

« Les institutrices, répond-elle, ne manqueront pas à vos filles, et les enfants-trouvés n'en auront jamais. » On lui objecte les souffrances d'une santé débile. « Mourir des atteintes solitaires du mal ou mourir des peines que je vais prendre, dit-elle, c'est toujours mourir. Si Dieu approuve mon œuvre, il me fera vivre; s'il me retire la vie, c'est qu'il ne la veut pas. »

« Dieu l'a voulu; car, se levant enfin de la chaise longue où elle était restée étendue, Mlle Portz a pu faire les premières démarches toujours si difficiles, vaincre les premiers obstacles qui la séparaient de la réalisation de sa pensée. La supérieure de l'hospice de Versailles lui ayant confié un enfant, Mlle Portz réunit, à la modique rétribution administrative, les dons de la charité qu'elle sait provoquer, et elle s'anime par ses premiers efforts. Sa santé semble se rétablir. Ses insomnies, longtemps entretenues par la souffrance, elle les consacre aux nouveau-nés dont elle s'entoure, dont elle devient la servante et la nourrice. Il y a eu six ans au mois de mai 1851) qu'elle a commencé. Elle a aujourd'hui 26 petites filles groupées autour d'elle, l'appelant ma mère, nommant chacune de leurs compagnes ma sœur. Les plus grandes servent les plus petites, et la famille est créée.

« Un ordre parfait règne dans la maison, qui est bien située, bien aérée, propre et tranquille. Le zèle seul de la fondatrice a pu trouver et faire fructifier les moyens d'entretenir un établisse-

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ment don) La prospérité paraît assurée. Pour en perpétuer la durée, mademoiselle Portz a songé à créer nue association de sœurs, et elle mblé autour d'elle quelques personnes choisies, dont elle espère faire les héritières de ses sentiments et de son esprit.

« Je veux attester ce que j'ai pu vérifier par moi-même, écrivait à l'Académie notre confrère, M. de Falloux. L'établissement de Mlle Porta ne reçoit de l'administration que des secours faibles et irréguliers. Il n'est nullement municipal, il repose uniquement sur le dévouement de l'admirable fondatrice. Elle a, dans sa propre chambre à coucher, quatre ou cinq enfants à peine âgés de quelques semaines, pour lesquels elle se lève chaque nuit plusieurs fois, et qui sont remplacés par d'autres dès que les premiers sont assez grands pour passer dans une chambre voisine, sous la garde d'autres enfants déjà formés par elle, et qui lui restent fidèlement dévoués. Non-seulement elle consacre à une œuvre si pénible ses jours, ses nuits, la petite pension dont elle jouit, mais encore le petit capital qu'elle avait économisé, sans aucune précaution ni réserve pour la vieillesse à laquelle elle touche....

« L'Académie retrouve ici les vertus qu'elle se plaît le plus à couronner, non l'impulsion momentanée d'un sentiment généreux, mais une persistance laborieuse dans une bonne inspiration, mais cette opiniâtreté dans le biîn qui triomphe de tous les obstacles et ôte à la faiblesse môme tout prétexte de ne pas l'imiter. Elle a jugé Mlle Portz digne d'un prix de 3,000 fr. qui tournera, nous n'en doutons pas, au profit de l'Orphelinat qu'elle a créé. »

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