RUE DE VERGENNES
Le nom de Vergennes lui a été donné à cause de la propriété du comte de Vergennes située avenue de Paris, dont une partie touchait à cette rue . Dans la Révolution , elle f u t nommée rue Thionville. Elle a repris son premier nom en
1806. Elle s'étend du nord au sud, de l'avenue de Paris à la rue des Chantiers, et a 366 mètres 90 centimètres de longueur, sur 11 mètres 30 centimètres de largeur.
Nous avons déjà dit que le quartier de Montreuil était d'unegrande étendue, et qu'il étaitséparé en deux parties, dont l'une porte le nom de Grand-Montreuil , et l'autre celui de Petit-Montreuil. L'église deSaint-Symphorien, placée au centre du Grand-Montreuil, est très-éloignée du Petit- Montreuil, et la plupart des habitants de ce quartier se plaignaien t de la difficulté qu'ils éprouvaient pour assister au service divin , particulièrement dansles mauvais temps. Un digne ecclésiastique, l'abbé Louis-Hyacinthe Rousseaux, chanoine et grand vicaire du diocèse de Versailles, frappé de cet inconvénient, vouluty remédier, autant qu'il était en son pouvoir. Il légua par testament une somme de 30,000 fr. à la ville de Versailles, pour, avec les intérêts accumulés, ériger, lorsqu'il y aurait une somme suffisante, une chapelle dans le quartier du Petit-Montreuil.
L'abbé Rousseaux mourut en 1823. En 1848, on pensa que les intérêts accumulés étaient suffisants, réunis à la somme principale, pour couvrir les frais nécessaires à l'établissement d'une chapelle. Un terrain fut acheté à l'angle de la rue de Vergennes et de la rue des Chantiers, comme le point le plus central de ce côté de Montreuil, et l'on y éleva la nouvelle chapelle.
Nommée Sainte-Elisabeth, en souvenir de la princesse bienfaitrice de Montreuil, dont on pense que l'abbé Rousseaux n'a fait qu'exécuter le vœu, elle fut rapidement construite; on en fit l'ouverture le 21 septembre 1850. La pose de la première pierre avait eu lieu le 5 avril 1848. — Voici l'inscription delà plaque placée sous cette pierre :
RI i. DI riSRGENNBS. 4511
« AD MAJOREM (.(.iMUA.M DBI.
'mi 1848, le lî avril, 41° jour de la fondation de la République française.
Le citoyen Lambuset étant maire de Versailles, et les citoyens Broutta, Chaffot et Ramin, adjoints.
En présence des citoyens
Hyppolyte Dukand, commissaire du Gouvernement ; — Thierry, général de brigade, commandant le département, et du conseil municipal dûment convoqué.
Par les mains de Jean-Nicaise Gros, évêque de Versailles, a été posée la première pierre de la chapelle fondée au Petit-Montreuil en exécution des dernières volontés et avec les fonds provenant du legs de Louis-Hyacinthe Rousseaux, en son vivant chanoine et grand vicaire du chapitre de Versailles, décédé en sa demeure, rue de Vergennes, n° 18, le 2 avril 1823.
Paris, architecte de la ville, Auteur des plans et directeur des travaux. »
L'architecte chargé de l'exécution de cette chapelle avait dû se renfermer dans un programme fort simple, puisque dans sa délibération du 20 novembre 1844, le conseil municipal décida « qu'il n'entendait pas que la chapelle fût une espèce de succursale où se ferait un service semblable à celui des églises paroissiales, mais qu'on n'y dirait qu'une messe basse les dimanches et fêtes. » D'ailleurs l'exiguïté des ressources dont il pouvait disposer, l'emplacement choisi et la nécessité de laisser un espace pour recevoir une population considérable et qui pouvait encore augmenter, paraissent l'avoir surtout dirigé dans ses dispositions intérieures.
La chapelle Sainte-Elisabeth avait primitivement 20 mètres de longueur, sur 9 mètres de large. Un pé-
ristyle d'ordre dorique décore la façade extérieure. A l'intérieur, le dessous de la tribune forme un deuxième péristyle, d'où part une nef terminée par un hémicycle, au fond duquel se trouve l'autel. Deux petites sacristies se trouvent de chaque côté de l'autel.
Le fond de l'hémicycle a été peint par l'un des élèves les plus distingués de l'école de peinture de Versailles, sur les dessins de M. Wachsmuth, directeur de cette école. Le sujet est V Annonciation de la Vierge. Le modèle de ce tableau, exécuté sur cuivre par M. Wachsmuth, a été donné par lui à la ville, et orne l'une des salles de la bibliothèque publique.
Le quartier du Petit-Montreuil devenant de jour en jour plus considérable , un décret impérial , daté de Saint-Cloud le 6 août 1863, l'érigea en paroisse, et la chapelle Sainte-Elisabeth fut choisie pour en être l'église paroissiale. Une ordonnance de Mgr l'évèque de Versailles, rendue le 1er octobre suivant, nomma M. l'abbé Marchand à cette nouvelle cure, et son installation eut lieu le k du même mois.
Par suite de sa nouvelle destination, la chapelle de Sainte-Elisabeth était devenue insuffisante. On s'occupa de son agrandissement. Plusieurs projets furent étudiés et présentés par l'architecte qui l'avait construite. Malheureusement ces projets, qui devaient transformer cette chapelle en une véritable église paroissiale, furent écartés à cause de la dépense qu'ils auraient entraînée. On se contenta d'ajouter alors deux ailes et d'ouvrir les murs latéraux pour mettre la nef en communication avec les bas-côtés.
Cette addition, qui a détruit l'harmonie primitive de la chapelle, quoique nécessaire à cause de sa nouvelle
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destination, ne peut cependant être regardée que comme provisoire.
Cette petite église est entièrement parquetée et ohauffée par un calorifère. Elle est éclairée au gaz.
On vient aussi de construire au chevet de l'église une nouvelle chapelle, destinée à réunir les enfants pour le catéchisme.
Par la fondation de l'église Sainte-Elisabeth, l'administration municipale venait de donner satisfaction aux sentiments religieux de la population du Petit-Montreuil, mais elle ne pouvait oublier de donner aussi aux habitants pauvres de ce quartier les moyens de procurer à leurs enfants l'instruction si abondante dans les autres quartiers de la ville. 11 fallait en effet que ceux du Petit-Montreuil allassent à des distances considérables chercher au Grand-Montreuil les asiles ouverts à l'enfance.
En 1850, sous l'administration de M. Vauchelle, on créa, dans les terrains environnant la chapelle, une école de garçons, une école de filles, et un asile.
L'école communale de garçons reçoit 90 enfants, et est dirigée par les frères de la doctrine chrétienne. L'école de filles reçoit 70 enfants, et l'asile communale 100. Ces deux derniers établissements sont dirigés par quatre sœurs de la Sagesse, relevant de la maison de la Providence de la rue des Chantiers.
Ainsi, grâce aux soins incessants de l'administration municipale pour les intérêts divers de la ville , ce quartier, jusqu'alors presque abandonné, n'a plus rien à envier sous ces rapports aux autres parties de Versailles.
N° 6. — L'évoque d'Autun, Talleyrand, depuis prince
de Bénévent, député du clergé aux états-généraux, logea dans cette maison en 1789.