LIVRE DEUXIÈME
était le berceau de ce chef croisé. 11 quitta ce chétif hameau pour le vaste alleu vicomtal que le roi lui assigna sur les deux rives de TAude jusqu'au pied des Pyrénées. Son territoire comprenait la ville de Limons, déjà renommée par ses vignobles. Rennes, aux sources thermales, Caderona, Bugarach, le Villar de Rasez, Casser (le chêne) de Mallet, Montferrand, Constantic, Sogravia, Belcastel, la Croux, Albefeva, Arcos, Gonfolens. Puis encore le Pech, près Saint-Hilaire, Dente, Laurens, Escalchens; puis des droits d'albergue sur Effet, de leude sur AUet et sur le "pont d'Avignon. Pierre de Voisins, pour toutes ces terres, dut au roi une rente de mille livres et le service de cinq chevaliers. Bientôt après, il sut encore accaparer à son profit une partie des dépouilles du vaillant Olivier de Termes. L'assignat de Pierre de Voisins comprenait d'abord deux cent quarante-trois maisons qui s'accrurent de cent vingt-trois feux acquis dans le Termenez^ ce qui lui donnait environ deux mille vassaux. Dans ce nombre évidemment n'est pas comprise la ville de Limous. Cette ville, considérable et redoutée par son patriotisme, que Simon de Montfort avait, pendant la croisade, fait descendre démantelée sur les bords de l'Aude, reportée sur la hauteur par la victoire méridionale, rejetée par le roi Louis VIII dans la vallée, fut une troisième fois remontée par Pierre de Voisins sur la colline et revêtue de murailles et de tours ^
Jehan de Bruyères, compagnon et probablement