LIVRE TROISIÈME
avaient partagé la destinée des comtes dans les combats et dans l'exil de Castelbon. L'un d'eux mourut dans ce champ d'asile de Catalogne. Le vieux chevalier expirant légua son cheval de guerre à l'Église du Paraclet*. Le noble coursier eut le bonheur que lui enviait son maître infortuné, de revoiries pâturages de l'Ers, les ppétiques tours de Mirepois et les glorieux champs de bataille de la patrie romane triomphante.
Bernard-Isarn de Fanjaus, chef de la troisième et dernière branche masculine de Bélissen, était frère de ce poétique et valeureux Pierre-Roger de Mirepois, mortellement blessé en reprenant Fanjaus sur les Français (1222). Il avait épousé Auda de Prouille, héritière de la première maison de Fanjaus, dont elle porta le nom et la terre dans celle de Mirepois. Rétablis par l'expulsion des Montfort, Isarn et Auda, revenus de l'exil, purent mourir dans leur antique manoir de Fanjaus. Mais Isarn, leur fils unique, fut dépouillé de nouveau et sans retour par le roi de France. Fanjaus, donné par Simon de Montfort à l'évêque de Toulouse, fut rendu par le traité de Paris au comte Ramon VII, son suzerain , mais démantelé de ses murailles,' désarmé de son seigneur Isarn de Bélissen , et dénudé de son territoire inféodé au monastère de Prouille. Avec Isarn de Fanjaus furent expulsés et dépossédés ses cousins Isarn et Ramon de Prouille, et les chefs des maisons chevaleresques de Got, de Mir, de Festa, de Ferrand, de Fenouillet, de PLa-