‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 244 sur 922 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

de Foix et de Toulouse, ses suzerains. Mais Othon- Arnaud de Castel- Verdun , sénéchal de Roger- Bernard, Pardo et Auger de Montolieu, bayles de Ramon VII, se trouvèrent là comme les représentants des deux comtes. Il était évident que Guilhabert s'était entendu d'avance avec les deux princes, et que leurs mandataires étaient venus assister à l'installation du sacerdoce albigeois à Montségur*.

Enfin, après des entretiens prolongés dans la nuit, Ramon de Pérelha consentit : il céda au commandement paternel de ce grand vieillard ; mais il fallut, pour vaincre le chevalier, l'approbation de ses suzerains, les prières des évêques, les supplications de ce peuple de proscrits, au milieu duquel se réfugiait le sacerdoce cathare, et surtout la volonté. d'Esclarmonde, la papesse de l'Albigisme, alors octogénaire, et retirée dans quelque grotte, ou peut-être morte, et recueillie dans son tombeau de pierre, mais toujours vivante par son héroïque souvenir, et dont la grande et solennelle figure régnait encore souverainement sur les cimes du Thabor.

Cette nuit fut pour Ramon de Pérelha, comme une nuit de Gethsemani. Il vainquit enfin la chair, surmonta la nature, domina son agonie anticipée ; il accepta courageusement ce devoir suprême, et dans son cœur accomplit magnanimement ce sublime sacrifice. Du grand naufrage dn Midi, il n'avait sauvé que Montségur. 11 chargea sur ce débris de son vaisseau, les reliques de son pays et

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