‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 31 sur 922 · Raynouard, Troubadours · texte numérisé non relu

Raynouard, Troubadours

«0 LES ALBIGEOIS Eï L'INQUISITION

lion de Montfort et la louve de Rome, toute cette épopée du Paraclet. C'était dans la paix et dans l'allégresse des fêtes patriotiques, comme un dernier retentissement des guerres , et le murmure expirant des batailles. On chantait dans les deuils • on dansait sur des ruines; ainsi des oiseaux s'égaient sous un ciel où siffle encore un dernier souffle de tempête.

Les princes, les cités, s'unissaient sur ce sol tremblant, cherchaient à se fortifier par des alliances contre les menaces de l'avenir. L'horizon était encore sombrement chargé, du côté de Paris et de Rome. Cette année, remplie de tant de négociations et d'inquiétudes, s'ouvre et se ferme par d'illustres mariages chevaleresques. Le comte de Foix accorda sa sœur à son cousin Bernard VI, héritier de Cornmenges \ Roger espérait évidemment par cette union s'attacher plus étroitement ce faible prince, et reher plus solidement en faisceau toutes les branches de sa maison qui, depuis l'Aude jusqu'à 1 Adour, régnerait compacte sur le plus haut et neigeux massif central des Pyrénées. L'Infante s'appelait Sézélia ou Cécile, comme sa tante et sa marraine la vicomtesse de Conserans dont elle partageait la foi probablement, et qui était Vaudoise. Le comte donna à Sézélia une dot de 1 7,000 sols toulousains, bons, doubles et larges, que Bernard assigna sur le territoire de Muret, depuis Noer au Nord jusqu'à la Peyrèra au Sud, entre les deux fleuves du Touch et de la Lèza. L'Infante de Foix eut donc.

pour domaine nuptial, la fontaine où Vidal avait rencontré l'Amour et la plaine teinte du sang du roi d'Aragon, et de la fleur de la chevalerie romane. Quel plus gracieux et héroïque fiefi Puisse-t-il leur inspirer, avec l'amour conjugal, la constance patriotique I Quelques mois après, parla mort du belliqueux Bernard V, comte de Gommenges, le dernier survivant des vieux vainqueurs de la croisade, Bernard VI, et Sézélia de Foix s'assirent sur le siège de granit des princes cantabres, enfants d'Aznar, au pied du pic de Nétou et de la Maladetta. Un autre mariage non moins important fut conclu vers l'automne. Ramon VII, après la guerre, parcourut la vallée du Tarn, reçut les serments des consuls, l'hommage des chevaliers, et conclut une union domestique avec l'un des plus puissants barons de l'Albigeois*. Bertran, son jeune frère naturel, qui s'était distingué au dernier siège de Toulouse par la défense de la barbacane occidentale de Villeneuve, auprès de son beau-frère Ugo d'Alfar, épousa Condors, ou Gomtoressa, fille de Manfred de Rabastens. Après quelques échanges territoriaux, entre Ramon et Manfred, qui débrouillaient les domaines du suzerain et du vassal, les deux époux reçurent en apanage héréditaire les châteaux de Bruniquel (Bruni -Quer, la brune roche), de Montclar (Mons-Glarus, le mont lumineux), en Quercy, et de Salvagnac (Sylva-Aquarum, la forêt des eaux) situé en effet sur les bords du Tarn, en Albigeois. Leurs armes formaient un

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