Antonin de Florence
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pagnon, ne devait avoir ni or, ni argent; mais vivre, en chemin, d'hospitalité et d'aumône. Dominique voulut même que l'ordre ne possédât rien collectivement; mais il acquit d'immenses domaines, et lui-même s'enrichit des ruines du midi. Quant à l'abstinence, outre six fêtes et autres courts jeûnes, il prescrivit un jeûne continu de sept mois, depuis Sainte -Croix de septembre jusqu'à Pâques. Ce long jeûne dominicain correspondait, en surenchérissant, aux trois jeûnes principaux, de quarante jours chacun, que les Albigeois observaient dans la même saison, le premier" depuis novembre jusqu'à Noël, le second avant Pâques, et le troisième après la Pentecôte. En général Dominique s'était contenté de bouleverser les règles ascétiques, ordonnant surtout le lait et les œufs détestés des cathares. Quant à la chasteté, les Amis de Dieu, qui ne touchaient jamais la chair d'une femme, même dans leurs ordinations, l'emportaient sur les dominicains moins scrupuleux. Maisà ces trois vœux gnostiques, Dominique ajouta le vœu monastique d'obéissance qui devait donner à son institut une force de cohésion, une vigueur et une unité que n'eurent jamais les Albigeois. Quant au vêtement, la tunique de lin du Johannite avait été remplacée par la chemise de laine des moines ; mais sur la robe blanche de Gîteaux, emblème de virginité, le dominicain jetait la robe noire des cathares, symbole du deuil de l'âme, surmontée seulement d'un noir et disgracieux scapulaire. C'éteit, on le voit, un ordre mixte, et, par la robe comme par le génie, d'un caractère