‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 368 sur 922 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

Sec *. Vers ce temps-là même, la diaconesse Laurença Peytavi évangélisait dans le Lauragais; enfin, un Peytavi encore figurera parmi les combattants de Montségur. L'évêque et le prieur résolurent de frapper cette famille dangereuse, d'un coup éclatant. Laissant leur repas, ils se rendent aussitôt dans la maison indiquée ; ils entrent sans bruit dans la chambre de la malade et se placent en silence à son chevet. Puis, d'un ton plein de tendresse et d'onction, ils commencent les pieux entretiens dont les ministres du Paraclet consolent les mourants. A ces accents affectueux, la vieille femme, accablée d'ailleurs parle mal, prit l'évêque et le prieur pour les diacres attendus. Elle répondait à leurs questions insidieuses , naïvement, avec abandon et dans le sens cathare. « Croyezvous bien cela, disait paternellement l'évêque, le croyez-vous? — Je le crois, répondait la malade, je parle comme je pense. — Eh bien, vous êtes hérétique, s'écria le prélat, d'une voix tonnante I Renoncez promptement à vos erreurs I Soumettezvous à l'Église catholique I Je suis votre évêque, l'évêque de Toulouse I »

La mourante demeurant inébranlable, l'évêque l'excomrûunie, et, sur son commandement, le viguier de la cité la fait traîner au Pré-du-Gomte, et jeter, avec son lit même, dans les flammes. C'est ainsi que Ramon du Falgar et Pons de Saint-Gilles dînèrent ce jour-là. Cette cendre humaine fut le sel dont ils assaisonnèrent leur banquet en l'honneur de saint Dominique. On dit que Peytavi , témoin

Page 1