‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 375 sur 922 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

Dominique. Comme sur le sol de la controverse et sur le champ de la guerre, ils apparurent résolument sur le terrain du martyre. Le sacrifice était naturel aux enfants du Paraclet. Nulle Église ne fut plus amoureuse de la mort. Leurs évêques, leurs diacres, leurs diaconesses accoururent donc de Montségur pour consoler les populations ravagées par le tribunal dominicain. Le vieux et vénérable Guilhabert de Castres descendit lui-même de la Roche sainte et parcourut notamment les châteaux de Ravat, de Lordat, d'Alion, de Se, consolant les troupeaux, fortifiant les pasteurs, ravivant le zèle des seigneurs pyrénéens. C'est même dans cette désolation générale que le patriarche effectua l'une de ses plus importantes conquêtes. Guilhabert avait toujours eu de ces étonnantes fortunes qui relèvent les situations les plus désespérées. C'est ainsi qu'en 1204, lors de la grande proscription d'Innocent III, il convertit Esclarmonde de Foix, qui fonda Montségur, et recueillit sur cette cime inexpugnable, la patrie vaincue. C'est ainsi qu'en 1213, après le désastre de Muret, quand tout semblait perdu, il convertit Ermessende de Foix qui, réunissant les exilés dans son château de Castelbon, forma, derrière les Pyrénées, ce camp célèbre de faidits, d'où sortit la délivrance et la victoire. Et maintenant il crut avoir sauvé une troisième fois la cause romane en convertissant Loup de Foix, le Bayard des guerres romanes *. Cette conversion illustre eut lieu dans la grotte d'Ornolac. L'évêque

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