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Hist. du Lang, et G. de Tudella

5td6 LES ALBIGEOIS ET I/INQUISITION

la route de Pampelune. Hugo d'Alfar eut deux fils : Joan, qui partagea la captivité du Louvre, et Ramon, que le comte, son parrain, fit bayle du château d'Avignonet, en Lauragais. C'était un jeune homme résolu, intrépide et tranquillement audacieux , Il l'espagnole. Aragonais et hidalgo , et comme tel doublement ennemi des moines, Alfaro devait bouillonner de fureur de voir les dominicains écraser sous leur sandale toute liberté consulaire, toute grandeur chevaleresque et la dignité séculaire et quasi royale de la maison de Saint- Gélis. 11 résolut de jeter l'épouvante dans l'àme de ces inquisiteurs qui terrorisaient l'univers. Les inquisiteurs étaient en tournée dans le Lauragais. Ils devaient venir coucher au château d'Avignonet. Alfaro, qui les attendait, se rendit un soir dans la forêt d'Antioche*. Il s'arrêta au château des Gap-de- Porc, seigneurs du Mas. Jordan du Mas, l'un des défenseurs de Montségur, se rencontra sous le toit de ses aïeux. Jordan reçut à son foyer abandonné le bayle d'Avignonet. Puis, dans les ténèbres, il se rendit à Bram, auprès d'un écuyer descendu comme lui de la montagne cathare. Ces faidits, postés mystérieusement de distance en distance, comme des chasseurs dans les plaines du Lauragais, semblaient être à l'afi'ût de quelque grande proie. Jordan revint avec l'écuver attendu : il se nommait Guilhem de Planha ; il avait épousé Fais de Massabrac ; il était conséquemment neveu d'Arnaud- Roger et l'un des plus hardis hommes d'armes de

Pierre-Roger de Mirepois. « Reviens à Montségur, lui dit Alfaro : le comte monseigneur a résolu d'en finir avec les inquisiteurs. Dis à Pierre-Roger qu'il vienne : je veux lui livrer le frère Arnauld et ses compagnons. Je te promets pour ta peine le cheval noir de Ramon de Gostiran, ce félon troubadour! » Guilhem de Plagna, sur son coursier haletant, arrive à Montségur. Il remet à Pierre-Roger les lettres d' Alfaro. Le chef des faidits les parcourt d'un regard étincelant. Sa face s'illumine d'une joie vengeresse. « A cheval, s'écrie-t-il d'une voix terrible, à cheval I Je vous promets une bonne aubaine ! » Il dépêche des messagers vers Ramon de Perella, vers Isarn de Fanjaus, vers d'autres châtelains des Pyrénées. Puis, à la tête d'une quarantaine de chevaliers et d'écuyers, il descend de Montségur, par les bois de Serralonga, marchant au levant. En l'absence de Ramon de Perella , alors probablement à Foix, auprès du comte Roger, il laisse la garde de la montagne sainte à Bérenger de Lavelanet et aux vieillards *.

Pierre-Roger de Bélissen est suivi de ses écuyers Joan Acermat, dont l'origine est inconnue, et Ramon Adhémar de Vais ou Baous, probablement frère de Baoussana, femme d'Isarn de Fanjaus. L'ardent Adhémar promet d'enlever au frère Arnauld un gobelet précieux pour l'offrir à son chef, qui le fera garnir d'un cercle d'or. Puis vient le chevalier Arnauld- Roger de Mirepois, avec ses trois neveux Alzeu et Othon de Massabrac, et Guilhem de Plagna, mes-

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