LIVRE NEUVIÈME
les résultats. Le camp de Nore fut forcé, les Ramondens dispersés dans les bois, Mélina et Saurimonde, leurs prophétesses, brûlées dans leurs grottes. Mais le roitelet de l'HantpcuUois, fier comme le coq, son symbole héraldique , traita de couronne à couronne avec le roi de France, et conserva son microscopique royaume de bois, de rochers et de nuages. Toutefois, il resta bloqué sur sa cime, par les deux bastides Esparbaïrenca et de Saint-Amador, les châteaux de Saissac, Roquefère, Gabrespine, les tours de Cabardez, appuyés sur les forteresses de Castres et de Carcassonne. La Montagne-Noire fut dépecée au profit des conquérants de l'Albigeois. On en jeta des lambeaux aux moines de Fonds- Bruno, de Sauve-Terre, de Cannes, de Montolieu, et les Terres de Dieu devinrent l'apanage des évêques de Carcassonne. On voit au-dessus de Mazamet, sur un escarpement , une chapelle en ruines : c'est l'oratoire du roi d'Hautpoul et des faidits de Nore ; il est dédié à saint Sauveur (Salvaïre, Salvador), le seul saint qu'adorassent les Amis de Dieu *.
Ainsi tomba, avec le camp de Nore, le centre de l'insurrection albigeoise. Restaient encore ses deux ailes Penne et Montségur. Hugues dos Arsis voulut sans doute abattre ensuite l'aile septentrionale, le camp de Penne et de la Grésigne. Il crut peut-être d'autant plus à la facilité de cette conquête, que le Midi était sous la terreur des dernières victoires des Français. Toulouse, Montauban, Gahors, Agen, Castelnaudari, Laurac, Fanjaus, s'étaient soumis