‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 491 sur 922 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

délivrance ? N'était-ce qu'une ruse de guerre ? Quoi qu'il en soit, ils virent leurs ennemis, redescendus dans les vallées, s'éloigner pour ne plus revenir, dans la direction du nord. Le comte, à leur insu* obéissait à un commandement du roi de France mécontent de son énergie à Béziers et de sa mollesse à Montségur. Après le concile de Béziers, le primat de Septimanie était rentré triomphant à Narbonne. L'archevêque y reçut l'hommage du vicomte, des consuls et du peuple. Rétabli dans sa métropole, il résolut d'y convoquer un second concile composé comme l'autre des évêques de l'Albigeois et de la Provence et des chefs d'abbaye des Alpes et des Pyrénées. Il s^agissait de reprendre toutes les conséquences du concile de Béziers brusquement interrompus par la vigueur insolite du comte. Ramon VII avait porté plainte au saintsiége contre les dominicains. Les dominicains avaient supplié le pape de les décharger de leur office. Le pontife avait répondu, et, selon l'usage de Rome, il avait pris un moyen terme; il n'avait pas repoussé les plaintes du comte, mais il n'avait pas non plus accueilli les prières des inquisiteurs; il les rattachait, tout effarés, à leur horrible tribunal. Le concile devait promulguer les modifications apportées par le pontife à l'exercice de l'inquisition. Il s'assembla pendant l'hiver, et voici le nouveau programme, en vingt-neuf canons, imposé aux dominicains *.

Au fameux frère Arnauld et à ses collègues mas-

Page 1