‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 497 sur 922 · Guil. de Puil., ch. XLvi. - Gatel, com., p · texte numérisé non relu

Guil. de Puil., ch. XLvi. - Gatel, com., p

Ce n'est donc qu'à grand renfort d'hommes et de mulets que le sénéchal parvint à hisser, avec des traîneaux, le matériel de siège, sur ces pentes rapides, herbeuses et couvertes de bois. Il est probable que le hardi Pierre-Roger de Mirepois vint attaquer l'ascension laborieuse des Français, en s'embusquant dans la forêt de hêtres et dans les replis de terrain qui avoisinent les villages mauresques. De la plateforme du château et de leurs cabanes paisibles, les évêques cathares, regardèrent au delà de l'Abès ces premiers et sanglants combats *. Mais le sénéchal, dégagé par les milices rustiques de Belestar et de Montferrier dont la jonction eût coupé la retraite au chef des faidits, parvint, malgré tous les obstacles, à gagner le col supérieur jusqu'au pied de la roche du château, d'où, gravissant toujours à l'ouest, il alla chercher pour son camp le plateau naguère occupé par l'ost toulousain sur l'Aire de l'Espagnol. Dans cette position les pavillons du sénéchal étaient à deux kilomètres de distance, au niveau même des créneaux deMontségur. Les Français occupaient le point où la tradition suppose que les géants taillaient les . pierres qu'ils jetaient sur l'autre cime où leurs compagnons construisaient la forteresse cyclopéenne. De l'Aire de l'Espagnol, le canon pulvériserait aujourd'hui, sous le choc direct et horizontal des boulets, les créneaux de Montségur. Mais les machines de guerre du moyen âge étaient loin d'avoir une force de projection capable d'atteindre de ce

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