Hist. du Lang., t. V, pr
le langage le plus magnanime :« Nous jurons, dit-il, au comte, de vous défendre contre la croisade et le roi de France, et de repousser l'absolution du pape*. Gastel-Sarrazin poussa probablement aussi son ancien cri tragique : nous mangerions plutôt nos enfants. L'élément léoniste palpite dans ces consuls. Le comte accrut leurs libertés. Il donna à Avignon le comtat Venaissin, les châteaux de Beaucaire et de Malausséna , et une autre terre extra-rhodane. La charte d'Agen est en belle langue romane; celle d'Avignon est en latin, et datée de Viridario, ante cameram pictam starisepiscopalis, ce qui prouve que le Gapitole d'Avignon s'appelait le verger, et que l'évoque n'était ni sur son siège, ni dans sa chambre peinte, ni probablement dans la généreuse cité, mais auprès du roi de France 2. (Kal. Junii 1226.) Avignon prouvera tout à l'heure sa fidélité et sa reconnaissance héroïque. C'est alors aussi que pour s'attacher encore plus le comte de Foix, le vainqueur de Montfort, qui seul pouvait triompher du roi Louis, Ramon VII lui fit don, sous l'unique réserve de l'hommage, du vaste fief de Saint-Félix comprenant une quinzaine de châteaux et de villages du Lauragais. Roger-Bernard apparaissait comme le futur libérateur, le sauveur une seconde fois delà patrie et l'invincible chevalier et paladin du Paraclet.
Au milieu de ces espérances et de ces terreurs, chef patriotique du Midi, le comte de Foix attendit le roi de France. Louis atout obtenu du saint-siége.