I . Doat, Les Captifs de Montségur
LIVrI dixième 13
armes, de l'or dans la forteresse cathare. Dans cette battue immense on s'attacha surtout à mettre la main sur les auteurs redoutés du meurtre d'Avignonet . Réfugiés à Montségur , quelques-uns avaient péri dans le combat, d'autres étaient morts volontairement dans le bûcher, deux ou trois s'étaient échappc3 de leurs fers. De ce nombre Ramon Golairan et Pierre Landric, écuyer de Guilhem de Lile. Golairan s'était évadé pendant qu'on enchaînait ses compagnons ; il alla peut-être chercher de nouveau un refuge à Auriac en Albigeois où dans la nuit du meurtre il s'était enfui sur son cheval. Les inquisiteurs de Toulouse, sur l'avis de leurs confrères de Carcassonne, allèrent le relancer dans ce gîte accoutumé, et à défaut de l'audacieux faidit , emmenèrent ses anciens hôtes , Pons , Guilhem et Guilhabert d'En Carbonnel, seigneurs du Faget *. Ils saisirent probablement aussi, dans la maison des Amis de Dieu, d'Auriac, Guilhem du Faget , patriarche de cette tribu , sa femme Audiarda, parfaite, et leur fille la diaconesse Rubéa. Pour compléter ce groupe, rappelons Bertran d'En Carbonnel, le vaillant et satirique troubadour. Golairan bien plus tard fut incarcéré. Pierre et Arnauld Landric, plus heureux, obtinrent leur grâce et purent enfin revenir dans leur manoir caché sous les bois du Podaguez, au nord de Pamiers ^ Ramon d'Alfaro, le principal auteur de ce meurtre, demeura tranquille, impuni, et môme honoré. On le retrouve