‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 628 sur 922 · LIVRE ONZIÈME lOT · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME lOT

la maison de Toulouse. Rome, sa complice, en répondait devant -Dieu. C'est ainsi que l'àme la plus pure, la plus tendre, la plus candide, la plus religieuse, gardait son angélique sérénité parmi toutes ces horreurs, effroyablement perverti par la complicité tacite de son intérêt royal dans les sanglantes exécutions de la théocratie romaine. Et l'on conçoit que le moine provençal n'ait pas voulu se charger de la conscience pieusement spoliatrice et saintement meurtrière du monarque capétien.

Mais si le roi de France ne rendit rien des domaines confisqués, il rappela pourtant les fugitifs non coupables, et même relâcha les détenus non dangereux. L'inquisition ordonnait toujours la construction de nouveaux murs, de plus vastes tours, de plus immenses forteresses. Mais la pierre manquait au nombre des prisons, et les cachots à la multitude des captifs. Force était de renvoyer les enfants, les femmes, les vieillards, non par miséricorde, mais par nécessité. C'est ainsi que nous pensons que furent enfin relâchés les survivants des faidits de Montségur.^Ils gémissaient depuis quinze ans dans les tours de Garcassonne. Ramon de Perelha , Berenger de Lavelanet, Arnauld-Roger de Mirepois étaient morts certainement dans les basses-fosses de la Mura. Mais leurs filles, leurs gendres, leurs écuyers, leurs serviteurs vivaient encore pour la plupart. Un jour, ils virent s'ouvrir les portes de leurs tours ^ On les conduisit dans l'église de Saint-Nazaire, et après

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