LIVRE ONZIÈME ifS
ger IV. Ce comte, habile et vaillant, mit l'habileté politique à la place de l'héroïsme chevaleresque de son père el de son aïeul, moins grand qu'eux en cela, bien qu'on l'ait surnommé Rot-Fer *. Son épée, aussi longue et aussi tranchante que la leur, n'étincelle pas de l'auréole d'un principe. Prévoyant l'irrémédiable chute du Midi et du catharisme, il fut le premier des comtes pyrénéens à se rallier au roi de France, et à négocier, comme on vient de le voir, non sans fermeté ni indépendance, avec la papauté. Roger, comme gage de son retour définitif au Saint-Siège, promulgua ce violent édit contre le catharisme abominable et pestiféré : « Comme notre dessein, dit-il, est de poursuivre, et de contraindre, de toutes les forces de notre cœur, les ennemis de la sacro-sainte et orthodoxe Église catholique, nous ordonnons que quiconque aura été condamné, immuré, marqué de la croix, cité ou seulement noté, suspect d'hérésie personnelle ou même domestique, soit exclu de tout consulat, baillivat, tabellionnat et de tout office public quelconque, sous peine d'encourir notre indignation et nos châtiments 2. » Cet acte rigoureux fut probablement inspiré par Arnaud Garcia, abbé du Masd'Azil, Espagnol qui paraît avoir été le principal conseiller de la vieillesse de Roger IV. Après les tempêtes qui venaient de bouleverser le Midi, le comté et sa maison, le prince voulut, avant sa mort, recueillir les cendres dispersées de ses ancêtres, et