‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 685 sur 922 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

vait bon, il le remît au roi de France *. L'héroïque comte descendit invaincu de son donjon et se présenta fièrement, avec sa femme et ses enfants éplorés, devant le monarque. Philippe n'eut pas la magnanimité de récompenser par le pardon une si - haute fidélité. Il le fit charger de fers. Le roi d'Aragon reçut le château de Foix, ceux des Cabanes, Lordat, Montréal, Ax etMérenx, à condition de les remettre au roi de France, en arrêtant une délimitation définitive des royaumes de France et d'Aragon. On prétend que l'on voit encore les énormes blocs détachés de la montagne par Philippe le Hardi et roulés dans le lit écumant de l'Arget 2.

Le roi de France emmena le comte enchaîné et l'enferma dans une tour de Carcassonne. Il lui arracha sa femme Marguerite de Montcade et la conduisit captive en France. Il augmenta la solde des sergents qui gardaient les châteaux de Rooafissada , devant Montségur , de Puilaurens, Fénolhet, Aguilar, Peyrapertusa, sur la ligne d'Espagne et Cab-Aret, et Cabrespina, à Tentrée de la montagne Noire. Enfin il fit reconstruire les fortifications de Carcassonne. Tout l'hémicycle du sud depuis la porte de l'Aude, et l'église Saint-Nazaire à l'ouest, jusqu'à la porte narbonnaise au levant, sont de Philippe le Hardi. Les tours de ce roi se distinguent en général par leur forme non plus carrée, ni ronde, mais ovale, et par les délicates nervures

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